Norvège : record des exportations de gaz

Norwaygas09polar600 Peut-être un grand vainqueur dans le conflit qui oppose la Russie et l'Ukraine : la Norvège !

Ce pays qui dispose d'une place on ne peut plus stratégique sur l'échiquier énergétique mondial a annoncé mercredi avoir battu son record de volume exporté en une seule journée.

Le conflit actuel entre Russie et Ukraine sur fond de guerre du gaz et le froid polaire qui envahit l'Europe sont loin d'être étrangers à une telle situation.

Pour rappel, la Norvège est le cinquième exportateur mondial de pétrole, le troisième exportateur de gaz naturel au niveau mondial, le deuxième au niveau de l'Europe.

Le volume de gaz exporté en une journée par la Norvège a atteint un record mercredi avec la livraison de 342 millions de mètres cubes en 24 heures , a ainsi annoncé l'opérateur public norvégien Gassco. Les exportations habituelles d'un jour froid d'hiver sont environ de 300 millions de mètres cubes, a par ailleurs indiqué le groupe.

Pour Kjell Varlo Larsen, directeur de la communication de Gassco, si à l'heure actuelle, seules les suppositions sont de mises, “deux raisons lui semblent assez évidentes”. A savoir : les températures très basses observées ces dernières heures en Europe, notamment en Allemagne, et “l'impact de la situation en Ukraine", a-t-il déclaré. Le conflit gazier entre Moscou et Kiev s'est envenimée mercredi avec une paralysie désormais complète du réseau de gazoducs approvisionnant l'Europe via l'Ukraine.

A noter toutefois, que le groupe Gassco destine essentiellement ses exportations à l'Allemagne, le Royaume Uni, la France, la Belgique et les Pays-Bas, des pays pour l'instant peu ou pas épargnés par la crise gazière.

Selon Varlo Larsen, l'impact du conflit entre Russie et Ukraine sur le groupe norvégien d'hydrocarbures serait beaucoup plus psychologique qu'autre chose, aucun impact notable n'étant observée sur les pays approvisionnés par l'opérateur nordique.

Précisant avoir discuté avec beaucoup d'analystes ces dernières heures, il fait ainsi remarquer “qu'aucun ne lui a rapporté de défaut d'approvisionnement vers l'Allemagne, par exemple.

A moins , que comme le laissent supposer plusieurs analystes, nombre de fournisseurs de gaz fassent des stocks pour se parer contre l'éventuelle extension de la crise entre la Russie et l'Ukraine.

En juin dernier, le commissaire européen chargé de l'Energie, Andris Piebalgs, cité par les médias belges avait pour sa part déclaré que d'ici 2020, la Norvège pourrait devenir le premier fournisseur de gaz naturel des pays membres de l'UE et occuper ainsi la place actuellement détenue par la Russie

Une information qui n'avait certes pas fait la une de la presse en France, mais qui avait alors inquiété toutefois la Russie, laquelle voyait ainsi sa “suprématie gazière” dangereusement attaquée.

Andris Piebalgs avait alors ajouté que la place occupée par la Norvège dépendrait en grande partie “du développement des relations entre l'Europe et la Russie".

A l'issue de sa rencontre à Bruxelles avec la ministre norvégienne de l'Energie Aslaug Haga, le commissaire européen avait annoncé à cette date que ce pays du Nord de l'Europe serait en mesure de fournir 125 à 140 milliards de m3 de gaz par an à l'UE d'ici 2020.

Selon Mme Haga, "la Norvège augmentera la production de gaz au cours de la prochaine décennie, et il ne fait aucun doute que l'Europe sera la première à en profiter". Néanmoins, la ministre avait souligné que son pays n'envisageait pas la construction de nouveaux gazoducs en Europe ... tenait alors à souligner la presse russe.

M. Piebalgs avait par ailleurs rappelé que la Norvège assurait 18% de la totalité des livraisons de gaz naturel vers l'UE, la Russie 23% et l'Algérie près de 10%.

A noter que le gouvernement norvégien a récemment donné son feu vert au développement et à la mise en exploitation du gisement gazier Yttergryta en mer de Norvège.Ce projet, qui nécessitera un investissement d'environ 1,2 milliard de couronnes (151,8 millions d'euros), regroupe le norvégien StatoilHydro, opérateur du gisement, le français Total, l'italien Eni et la société de participations de l'Etat norvégien, Petoro.

Le champ, qui sera connecté à la plateforme voisine Aasgard B, devrait produire 1,75 milliard de m3 de gaz naturel et 80.000 m3 de condensats (pétrole léger) par jour. La production devrait démarrer en mai 2009.

StatoilHydro a annoncé également il y a peu avoir découvert en mer de Norvège un gisement de gaz naturel d'une taille qui reste à déterminer. Le bloc, situé à proximité de deux gisements déjà en exploitation (Njord et Draugen), regroupe StatoilHydro qui en détient 30%, Gaz de France (20%), Norwegian Energy Company (17,5%), l'allemand EON Ruhrgas (17,5%), l'australien Endeavour Energy (7,5%) et le norvégien Petoro (7,5%).

Selon Oerjan Birkeland, un haut responsable de StatoilHydro, "il est très positif que l'on découvre encore des hydrocarbures dans ces zones où les nouveaux gisements peuvent être rapidement mis en exploitation en raison de leur proximité avec des installations existantes".

Sources : AFP, Ria Novosti

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