Certains affirmeront que les Britanniques ne peuvent rien faire comme tout le monde, les targuant parfois d'insulaires. Certes,selon un sondage publié jeudi, 71 % des Britanniques restent hostiles à l'euro, lequel fête tout de même ses dix ans de "bons et loyaux" services en ce début d'année.
Mais afin de remettre les pendules à l'heure, rappelons tout de même que c'est Napoléon qui imposa le sens de circulation à droite à tous les pays colonisés par l'Empire. Il estimait en effet qu’il serait mieux d’attaquer par la droite pour jouer l’effet de surprise. Bien évidemment, les pays colonisés par les anglais ont conservé quant à eux les règles précédemment en vigueur.
Selon un sondage réalisé par l'institut ICM pour la BBC Radio Four, seulement 23% des personnes interrogées se sont déclarées favorables à l'adoption de l'euro par Londres. Les Britanniques garderiaent ainis leur flegme légendaire face à la dégringolade récente du cours de la livre.
La monnaie en vigueur Outre-Manche a ainsi atteint 1,02 euro au début de la semaine, un niveau jamais vu depuis l'introduction de la monnaie européenne, le 1er janvier 1999.
A cette date, une livre sterling s'échangeait contre 1,4 euro. La monnaie britannique n'avait alors cessé de se réévaluer, atteignant même 1,73 euro en octobre 2000. Cette bonne santé constituait alors l'un des principaux arguments de Tony Blair et du ministre des finances, Gordon Brown, pour ne pas adopter la monnaie européenne.
A contrario, 4% des sondés considèrent aujourd'hui que le renforcement relatif de l'euro par rapport à la livre est un argument de plus contre l'adoption de la monnaie européenne.
Les analystes estiment quant à eux qu'en raison de la politique de la Banque d'Angleterre et de la conjoncture économique particulièrement dure en Grande-Bretagne, la chute de la livre sterling devrait se poursuivre.
Le gouvernement britannique a affirmé pour sa part début décembre qu'il n'avait pas changé de position vis à vis de la monnaie unique, après que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso eut affirmé que "les gens qui comptent au Royaume Uni (étaient) en train de réfléchir" à une éventuelle adoption de l'euro.
Le ministre britannique du Commerce Peter Mandelson, ancien commissaire européen au Commerce, avait alors précisé que l'adoption de l'euro restait certes un objectif pour Londres, tout en insistant sur une vision long terme d'une telle mise en application.
Les conservateurs, principal parti d'opposition, en tête dans les sondages devant le Labour de Gordon Brown, ont averti jeudi qu'ils ne permettraient pas l'adoption de l'euro s'ils étaient au pouvoir.
Cerise sur le gâteau : selon Citigroup, en 2009, le déficit budgétaire devrait atteindre 8 % du PIB en Grande-Bretagne, une valeur bien au-delà de la limite de 3 % autorisée par Maastricht.
Source : AFP, Le Monde

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