Equateur : Perenco et Agip font les frais de la baisse des quotas Opep

Ecuador20oil20and20gas20cover Revers de la médaille de la décision prise par l'Opep de réduire sa production ...

Sautant sur l'occasion, l'Equateur qui oeuvre actuellement pour modifier les contrats des compagnies pétrolières afin d'accroître les recettes de l'Etat ... a décidé à sa “façon” que les compagnies française Perenco et italienne Agip en fassent les frais ...

"La décision a été prise" de fermer les puits exploités par Agip Oil, a indiqué le ministre équatorien du Pétrole Derlis Palacios. Raison invoquée : la rentabilité de l'exploitation de ces gisements serait remise en question par la chute des cours, laquelle ne permettait plus de couvrir les investissements.

La suspension de l'activité de Perenco a quant à elle été ordonnée en l'absence d'accords entre les parties dans le cadre des négociations menées actuellement avec le gouvernement socialiste de Rafael Correa. Selon le minsitre du Pétrole, le blocage serait consécutif à "la position intransigeante” de Burlington, l' associé américain de Perenco.

En vue d'accroître les recettes de l'Etat, l'Equateur mène en effet à l'heure actuelle un vaste projet de remise à plat des contrats des compagnies pétrolières. La récente décision de l'Opep aurait donc ainsi “bon dos” ...

Rappelons que jusqu'à l'arrivée du président socialiste Rafael Correa, élu en novembre 2006, les 13 compagnies pétrolières opérant en Equateur étaient régies par un contrat de participation. Elles assumaient tous les coups d'extraction et reversaient 18% de la production de cru au pays. Alors qu'elles ne reversaient que 50% des bénéfices extraordinaires liés à la hausse du prix du pétrole à l'Etat équatorien, ce dernier s'est fait fort d'obtenir une nouvelle répartition de ces gains.

Pour ce faire, il souhaite s'appuyer sur un contrat de prestation de services, lequel prévoit au contraire que l'Etat garde la mainmise sur le pétrole, et négocie avec les compagnies les coûts de production et la répartition des bénéfices. Dans cet optique,la compagnie pétrolière ne serait plus alors propriétaire du pétrole qu'elle pompe, mais serait payée comme « simple » prestataire.

Pour rappel, Repsol-YPF (Espagne-Argentine), Petrobras (Brésil) et Andes Petroleum (Chine), ont accepté pour leur part la renégociation de leur contrat. Les mesures de suspension permettront à l'Equateur, de réduire sa production à 453.000 barils quotidiens, contre 520.000 b/j auparavant, conformément à l'objectif fixé en novembre par l'Opep.

A noter également qu'en juin dernier, le Président de la compagnie pétrolière d’Etat, Petroecuador a remis sa démission alors même que son entreprise a été conduite à revoir à la baisse, à 172.000 b/j, l’objectif de production pour 2008, initialement fixé à 180.000–190.000 b/j. Alors que les difficultés dans la conduite des opérations s'accumulent, le rythme d’extraction n’était à cette date que de 167.000 b/j. Ceci pouvant expliquer cela ...

Si l'Equateur est certes le plus petit membre du cartel, il demeure néanmoins le cinquième producteur sud-américain, avec une production totale de quelque 508.000 barils par jour au premier semestre 2008, dont plus de la moitié (366 000) ont été exportés.

Source : AFP, ATS, Mission économique de l'Ambassade de France en Equateur

 

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