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Devidjan/Woerth : plan de relance contre déficit public

Piedsnickelesministre Croquignolesque …

Alors que – certes fort discrètement – le ministre du budget Eric Woerth doit se résoudre à annoncer une augmentation du déficit public, notre monsieur Relance (à ne pas confondre avec Monsieur Loyal), Patrick Devedjian racle tous les fonds de tiroir – ou presque – pour tenter de prouver que les sommes mises en avant par le gouvernement pour relancer l’économie sont à la hauteur de la crise …

Le ministre chargé du plan de Relance, Patrick Devedjian, a ainsi évalué mardi à l’Assemblée nationale à 428 milliards d’euros la somme globale injectée dans l’économie française pour booster les différents secteurs devant faire face à la crise.

Semblant doté d’extraordinaires qualités d’apothicaire, notre nouveau "Sauveur" a ainsi additionné les différents plans anti-crise qui auraient été adoptés par le gouvernement.

Aux 360 milliards destinés au sauvetage des banques, il a ainsi ajouté les 22 milliards pour les PME, les 20 milliards mis dans le fonds d’investissement et enfin les 26 milliards du plan de relance annoncé en décembre. "Si on fait le total de tout ça, ça représente 428 milliards mis à disposition de l’économie", a-t-il plaidé.

Et combien pour nos impôts ? La question n’a pas -encore – été – directement – posée.

Se servant des Etats-Unis comme d’une béquille, Patrick Devidjan a par ailleurs souligné que le gouvernement attendait pour le mois de février le plan de relance de Barack Obama, "qui est annoncé d’une très grande ampleur", selon lui.

Sur les 360 milliards destinés aux banques, 320 sont des garanties bancaires et les 40 autres doivent servir à la recapitalisation des banques. Sur ce dernier montant, 10,5 milliards ont déjà été versés à six grands établissements bancaires.

Alors que les critiques se multiplient sur la réelle teneur du plan de relance de 26 milliards annoncé avec emphase par Nicolas Sarkozy, François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem), s’est prononcé mardi pour "un plan de relance supplémentaire", souhaitant y ajouter "un volet consommation".

L’ancien candidat aux élections présidentielles a d’ores et déjà indiqué qu’il ne voterait pas le plan de relance examiné à partir de mercredi à l’Assemblée, le jugeant "insuffisant".

Ce volet consommation devra s’adresser à "ceux qui n’ont pas les moyens et pour qui la crise risque d’être plus lourde", a-t-il préconisé. "Cela coûtera moins cher qu’une baisse de la TVA, et la justice y trouvera son compte".

Triocroquignol Après avoir revu une énième fois sa copie, et regarder les fonds de tiroir ici ou là (les mêmes que Devedjian ?), le ministre français du Budget, Eric Woerth a du quant à lui se résoudre dimanche à annoncer que le déficit de l’Etat se situerait cette année "aux alentours de 56 ou de 57 milliards d’euros". Cette révision intervient moins de deux semaines après l’adoption d’une version rectifiée du budget par le Parlement, creusant déjà le déficit à 51,7 mds d’euros contre 41,7 initialement inscrits dans la loi de finances.

Fort "heureusement", le ralentissement économique (on vous le répète : pas de récession !)et le plan de relance figureraient en "bonne" place sur le banc des accusés …. Pourtant, bien avant la crise et l’annonce des mesures censées booster l’économie, le déficit était au bord du gouffre.

Le manque à gagner en matière fiscale, en raison du ralentissement économique, devrait être plus important que prévu, l’écart par rapport à la prévision initiale devant être de l’ordre de "10 à 12 milliards d’euros", a reconnu M. Woerth, soit une différence de 5 % tout de même …

C’est la troisième fois que le gouvernement révise l’estimation de ses recettes fiscales, dont les résultats définitifs ne seront connus que dans le courant de l’année. Si pour 2008, des recettes fiscales de l’ordre de 271 milliards d’euros avaient été planifiées dans la loi de finances, le Ministre du Budget estime qu’elles pourraient ne s’élever qu’aux alentours de 260 milliards d’euros.

Le ou la coupable selon le gouvernement ? principalement la baisse des recettes liées à la TVA compte-tenu de la baisse de la consommation. De paquet fiscal ou de bouclier fiscal, il n’est pas en question …

L’impôt sur les sociétés sera pour sa part inférieur de 4 à 4,5 mds aux prévisions initiales, les entreprises enregistrent des résultats moins bons que prévu. Ce n’est pas tout de même pas un scoop … mais selon M.Woerth, les baisses des recettes seraient également consécutives au fait que les sociétés effectuent des provisions, anticipant l’ampleur de la crise, mais diminuant ainsi l’assiette de leur imposition en diminuant le bénéfice.

Cerise sur le gâteau : le déficit de l’Etat se trouve bien évidemment aggravé par les dépenses du plan de relance de 26 milliards d’euros … Aïe ! Lequel des deux va se faire taper sur les doigts ?

Source : AFP

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4 commentaires

  1. 6toyen 7 janvier 2009 à 13:40

    Avec Christine Lagarde, ces trois rigolos forment bien un clone des Pieds Nickelés !
    Mais ces derniers sont sympathiques et débrouillards, alors que leurs clones sont une bande de rigolos…
    Pas un assez franc pour annoncer que le déficit sera proche des 90 milliards (oui, vous avez bien lus). Quand est-ce qu’on virera toute cette clique et son petit dictateur de chef ?

  2. valerie 7 janvier 2009 à 15:09

    bravo Elizabeth pour un choix toujours judicieux et rigolo des illustrations de vos articles.

  3. Elisabeth Studer 7 janvier 2009 à 17:42

    merci Valérie !
    eh oui : Croquignolesque = Croquignol = Pieds Nickeles

  4. Altmann 8 janvier 2009 à 06:51

    Mes chers amis, ne nous laissons pas attendrir par les différents médias. Gouverner,c’est prévoir.Avez vous remarqué que le train de vie de vos élus à changé, alors tout va bien.Cela fait 40 ans que les gens votent pour des incompétents. Il suffit d’imprimer de nouveaux billets de banque tout neuf et vous voilà tous, à nouveau riche !!!
    Mais attention, le jour ou l’inflation arrivera, la vraie crise commencera !!! Je me considère comme l’alchimiste des temps modernes, convertir ses économies en or est une valeur sûre pour l’avenir.