Assisterons-nous à un changement de tendance alors que la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE) doivent toutes deux annoncer leurs politiques monétaires futures et plus précisément d’éventuelles coupures de leurs taux respectifs. Contrairement à la Réserve fédérale américaine qui est au pied du mur avec un taux directeur de 1,00%, les deux banques centrales du vieux continent ont encore une marge de manœuvre assez importante avec des taux de 3,00% pour le Royaume-Uni et 3,25% pour l’Europe.
La question n’est donc pas de savoir si coupure il y aura mais de combien les taux seront réduits.
Jusqu’à présent la BoE a été une des plus énergiques avec une coupure de 150 points de base lors de sa dernière réunion du 6 novembre et des annonces allant dans le sens de coupures similaires pour les prochaines réunions si la situation ne s’améliorait pas. Et la situation au Royaume-Uni n’est en effet pas très reluisante avec des records à la baisse de la plupart des indicateurs économiques tels que les PMI (Purchasing Managers Index) qui sont de très bons indices pour anticiper l’évolution du secteur manufacturier ou encore la baisse de la production industrielle. Il n’y a donc aucune raison de s’attendre à un une politique monétaire moins expansionniste et l’on peut donc s’attendre à une coupure de l’ordre de 125-150 points de base. Le seul élément qui ferait pencher la balance pour une coupure moins drastique serait la peur d’assister à une trop forte dévaluation de la Livre sterling (la hantise de revivre la crise de 1992 peut être bien que cela ait peu de chance de se produire). La Livre a déjà perdu environ 36% de sa valeur face au Dollar américain et 57% face au Yen depuis le mois de juillet.
La BCE, quant à elle, a toujours été plus réticente à baisser les taux de façon radicale. La dernière coupure datant du 6 novembre avait réduit le taux de refinancement de 50 points de base passant de 3,75% à sa valeur actuelle de 3,25%. Avec un taux d’inflation en baisse et la mauvaise santé économique de la région confirmant la récession grandissante, il est possible que la BCE commence à sentir la nécessité de prendre des mesures plus drastiques et assouplisse sa politique monétaire encore plus qu’elle ne la fait jusque-là. Les investisseurs s’attendent et souhaitent une baisse de 75 points de base qui serait alors la plus grande de l’histoire de la BCE. Si cette dernière décidait de réduire son taux de seulement 50 points de base comme lors de la dernière réunion, ce serait la garantie de futures baisses à venir au cours de 2009 mais pourrait également décevoir vu l’amplitude des coupures des autres banques centrales – Une telle coupure devrait alors obligatoirement s’accompagner par l’annonce de la mise en place de mesures supplémentaires afin de pallier aux besoins des marchés et relancer les économies européennes sous peine de voir la BCE discréditer aux yeux des investisseurs. L’Euro a déjà perdu près de 26% de sa valeur face au Dollar américain depuis le mois de juillet.

3 Commentaires
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Mais la BCE baisse t-elle ses taux pour l'économie de la zone euro ou pour faire plaisir aux investisseurs ?
04 décembre 2008 à 10:002
la BCE vient de baisser de 75 bp. Je crois que c'est inévitable vu la crise qui s'aggrave. Je réponds à Milk pour lui dire c'est pour l'économie. C'est naif que l'économie peut reprendre sans investisseurs. C'est eux qui vont faire marcher l'économie et pas les ouvriers oules employés. si il n'y a pas d'onvestissement pas d'entreprises et donc pas d'emplois.
04 décembre 2008 à 14:193
Effectivement, je rejoins les propos de Profilio là-dessus, l'économie moderne a besoin de ses investisseurs et ces derniers peuvent très "remercier" les décisions de la BCE autant que les "punir" en allant placer leur argent ailleurs du fait de la facilité de mobilité des capitaux dans le monde d'aujourd'hui.
04 décembre 2008 à 16:53Ajoutez un commentaire
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