Certes, nous assure-t-on la France n'est pas en récession, enfin de justesse .... Pourtant tous les signes d'une crise sévère sont désormais présents, le chômage n'étant pas en reste ....
Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE en France a ainsi progressé de 3,2% en novembre 2008 par rapport au mois précédent.
Sur an, les résultats sont pour le moins alarmants, affichant un taux de 8,5%, dépassant “allégrement” la barre des 2 millions de chômeurs.
Cette hausse du chômage mensuel, en données corrigées des variations saisonnières (CVS), est la septième consécutive et la plus forte depuis le début de l'année. Le chômage avait déjà progressé de manière spectaculaire en août (+2,2%) puis en octobre (+2,4%).
Sur un an, le nombre de chômeurs inscrits dans la catégorie 1 a augmenté de 161.400, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Emploi.
Les demandeurs d'emploi des catégories 1 à 6, une définition plus proche de la notion de chômeurs retenue par le Bureau international du travail (BIT) et Eurostat, l'organisme européen en charge des statistiques, a quant à lui augmenté de 1,4% en novembre pour s'établir à 2.486.500 personnes. Il s'inscrit en hausse de 5,0% sur un an.
Signe des temps, la hausse du mois de novembre est liée à une forte progression des inscriptions consécutives à fins de mission d'intérim (+18,2%) et des licenciements économiques (+13,1%).
Le nombre d'inscrits à l'ANPE est désormais supérieur au chiffre observé en mai 2007, lors de l'élection de Nicolas Sarkozy. Il va être de plus en plus difficile de ne pas passer pour quelqu'un de lucide et de non un hypocrite en souhaitant une bonne année 2009.
Mais soyez sans crainte, Zorro et Barabarella veillent : la ministre de l'Économie Christine Lagarde et le secrétaire d'État à l'Emploi Laurent Wauquiez ont pris acte de "l'augmentation sensible du nombre de demandeurs d'emploi" dans un communiqué et ont souligné que le plan de relance était destiné à y faire face. Merveilleux, n'est-ce pas ?
Selon la CGT, les mauvais chiffres du chômage "montrent que la situation de l'emploi s'est fortement dégradée au second semestre" nécessitant "un changement de cap".
"Accorder des milliards d'euros aux banques, des exonérations de plus en plus importantes aux entreprises sans contrepartie sur l'emploi et les salaires, s'oppose à une véritable relance", estime la centrale syndicale.
La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a jugé quant à elle "particulièrement alarmants" les chiffres du chômage de novembre, affirmant qu'il s'agissait de la "plus forte hausse" de l'histoire du pays. Elle a appelé Nicolas Sarkozy à décider de "toute urgence" d'un "véritable plan de relance".
Certains estiment en effet que le dit plan de relance ne serait que de la poudre aux yeux, Christine Lagarde ayant même laissé quelques temps sous entendre qu'un deuxième plan pourrait voir le jour.
"Avec seulement 4 à 5 milliards d'euros de crédits nouveaux et l'absence quasi totale de mesures de soutien au pouvoir d'achat, il n'est en rien susceptible de faire repartir notre pays dans le bon sens", selon la maire de Lille.
Le Parti socialiste propose quant à lui "une hausse du SMIC au 1er janvier accompagnée de négociations salariales dans les entreprises dans les six mois sous peine de suppression des exonérations de cotisations salariales". Il souhaite également que soient mis en oeuvre "une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, un remboursement de 50% des abonnements de transport en commun et une augmentation sensible des minima sociaux et des retraites".
Mme Aubry souhaite encore "un plan de construction de 300.000 logements sociaux" et "une hausse des dotations aux collectivités locales".
Pour financer ces mesures, elle propose "une annulation de la loi TEPA" (paquet fiscal) et "une réduction des niches fiscales
Sources : AFP, Reuters
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