Sombre période pour l'aéronautique.
Alors que Boeing se remet à peine de 58 jours de grève de ses ouvriers mécaniciens et qu'Airbus est confronté à de nouvelles difficultés sur l'A40M, le constructeur américain a indqiué mardi que le premier vol d'essai du nouveau Boeing, le B787 "Dreamliner", ne pourra plus intervenir d'ici la fin de l'année, comme espéré encore il y a quelques semaines.
Le premier vol d'essai du Dreamliner "ne pourra pas être effectué au quatrième trimestre", a ainsi indiqué Yvonne Leach, précisant par ailleurs que la direction de Boeing évaluait la situation. Ce qui ne dit rien qui vaille ...
Ce nouveau retard - le quatrième pour cet appareil – serait dû à des problèmes rencontrés au niveau des fixations utilisées. Le mouvement de grève mené par les ouvriers mécaniciens du groupe n'a certes rien arrangé à l'affaire.
Des inspecteurs de l'avionneur ont découvert que 3% des fixations utilisées pour l'assemblage final de la carlingue, qui a lieu sur le site d'Everett (nord-ouest des Etats-Unis) avaient été mal montées. Ces problèmes sont en cours de rectification sur le site d'Everett et chez les sous-traitants concernés, a toutefois précisé Mme Leach.
En raison de la grève, plusieurs analystes avaient d'ores et déjà parié sur de nouveaux retards pour le 787, certains tablant sur cinq appareils livrés en 2009 contre 25 prévus par le groupe. La direction de Boeing avait elle-même admis qu'une grève longue pourrait affecter le calendrier du Dreamliner.
Certains analystes tablent nénamoins sur "un délai raisonnable" arguant que “seulement 3% des fixations sont mal montées", ce qui "ne devrait pas générer de délai supplémentaire au-delà du temps d'inspection et de réassemblage".
Aucun nouveau calendrier du Dreamliner n'a cependant été fourni, alors que le projet a déjà pris près de deux ans de retard sur son calendrier initial en raison de problèmes industriels. Le dernier agenda en date prévoyait un vol d'essai au quatrième trimestre, pour permettre les premières livraisons aux clients en 2009.
La production du B787 a dû en effet être reportée à plusieurs reprises. Tout d'abord, en raison d'une pénurie des pièces puis à cause des problèmes liés au nouveau processus de production. Lequel préconise de recourir à des fournisseurs du monde entier pour construire de grandes parties de l'avion avant de l'assembler aux Etats-Unis, à Everett.
Boeing s'expose potentiellement à des demandes d'indemnisation des compagnies clientes, qui à ce jour ont commandé près de 900 exemplaires de cet appareil de nouvelle génération.
Certes, les compagnies aériennes restent enthousiastes à propos de ce nouvel appareil doté d'une structure composite à base de carbone, qui devrait permettre de réduire de 20% la consommation de kérosène. Mais certaines d'entre elles commencent à s'impatienter face aux retards, alors que l'appareil devait théoriquement à l'origine entrer en service en mai de cette année.
Sources : AFP, les Echos

1 Commentaire
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Des demandes d'indemnisation des compagnies qui viennent aux pertes générés par la suspension des activités pendant 50jours.. Merci pour cet éclairage/
05 novembre 2008 à 14:19Ajoutez un commentaire
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