Airbus irait-il de Charybde en Scylla ? Alors que l'A380 est loin d'être sorti définitivement de ses déboires, que l'A400M a pris récemment quelque plomb dans l'aile, c'est au tour de l'avenir de l'A350 de faire débat.
Certes, le constructeur aéronautique se défend haut et fort de tout problème sur cet appareil, mais un tel battage médiatique semble quelque peu surprenant – voire inquiétant – pour quelqu'un qui n'a rien à se reprocher ...
Airbus affirme en effet que le développement de l'A350 XWB se déroule conformément au calendrier prévu. Il réfute ainsi une information du Figaro selon laquelle le programme a pris un trimestre de retard.
Le quotidien explique pour sa part qu'une réunion de présentation de l'avion aux compagnies aériennes a été décalée de décembre à mars 2009, "faute d'avoir figé les spécifications définitives de l'avion."
"Cette information est fausse. Le fait d'avoir décalé cette réunion est sans rapport avec un retard quelconque, nous sommes dans les temps", a déclaré un porte-parole du constructeur aéronautique européen.
"Les spécifications définitives de l'avion seront définies avant la fin de l'année, comme prévu. A ce stade, un certain nombre de démonstrateurs ont déjà été conçus et ces derniers valident nos méthodes et nos processus", a-t-il ajouté.
Airbus a d'ores et déjà enregistré 458 commandes fermes à ce jour pour l'A350 XWB (Extra Wide Body). Le futur long courrier, moyen porteur, se veut une réponse au B787 de l'américain Boeing et devrait entrer en service en 2013.
Rappelons que sous la pression de compagnies aériennes, Airbus a été contraint en 2006 de revoir entièrement le projet de l'A350 pour l’améliorer, et notamment agrandir le diamètre du fuselage par rapport à celui de l’A330, et introduire plus de matériaux composites.
Du coup, le coût du projet doublera à plus de 8 milliards d’euros, et prendra beaucoup plus de temps. "Airbus doit partir de zéro, définir de nouveaux process de fabrication, de nouveaux outillages, ce qui lui prendra au minimum cinq ans de développement", estimait en 2006 un fournisseur de l’avionneur européen.
Source : Reuters, AFP
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3 Commentaires
1
La presse n'a-t-elle rien de plus utile à faire que de scruter chaque retard de développement ou de livraison des Airbus?...L'industrie aéronautique européenne ne mérite-t-elle pas davantage de considération pour son apport technologique et économique au continent européen? Au regard de tout cela, qui se rappellera encore dans dix ans les deux ans de retard de livraison de l' A380?!!!Futilité et superficialité que tout cela.
10 novembre 2008 à 21:432
Monsieur Roy, quand Airbus prend froid .... c'est tout Toulouse , la région Midi-Pyrénées et l'emploi qui éternue ... sans compter les sous-traitants tels que Safran, Labinal, Ratier ....
10 novembre 2008 à 22:083
(www.flyintelligence.com) Airbus et l'A350. Je suis d'accord avec vous deux. Roy, Airbus nous a habitué aux retards: ils réfutent chaque retard pendant 3 semaines avant de l'officialiser. C'est valable pour chaque programme. Le recul de certaines réunions est donc une information qui mérite d'être relayée. Mais vous avez raison de souligner l'impact essentiel de cette industrie sur le tissu économique local et européen. Personne n'en doute. Il ne faut juste pas oublier les retards qui existent chez les autres avionneurs (US et chinois par exemple) et poser la question de la supply chain du secteur.
12 novembre 2008 à 14:06Ajoutez un commentaire
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