Alan Greenspan avoue être dépassé par l'ampleur de la crise financière.
Tel l'apprenti sorcier de la légende, il a déclenché des forces que personne, en ce moment n'est capable de calmer.
Il n'a surtout aucune idée, ni le début d'une proposition pour en sortir.
Il lui faut avouer ce qu'a été l'économie pendant son mandat de directeur de la FED, une pyramide financière.
La bulle immobilière a été son dernier acte, avant que le château de carte ne s'écroule.
Les salaires et revenus ont été bloqués pour la majorité de la population, depuis bien longtemps. Le crédit était censé lui permettre de continuer à consommer, mais le problème était que ce blocage rendait la chaine de crédit de plus en plus périlleuse, et en même temps, pour continuer à la développer, il fallait impérativement aussi, faire des paris de plus en plus risqués.
"J’ai fait une erreur en pensant que les opérateurs économiques, en
particulier les banques, étaient elles-mêmes capables de protéger leurs
propres intérêts et ceux de leurs actionnaires ".
Comme pour les 700 milliards du plan Paulson, 10 % partiront en bonus pour les cadres dirigeants, en raison, sans doute de leurs excellents résultats, il faut bien rebaptiser ce système, c'est une kleptocratie, où les dirigeants volent les employés, mais aussi les actionnaires, et ils sont, en vérité, les seuls véritables bénéficiaires du système.
Comme taper dans la caisse est vulgaire et répréhensible judiciairement, les parachutes dorés, les stocks-options et les bonus, ont remplacés le vol.
Bien entendu, en ce qui concerne les banques, avec la crise actuelle, il faut bien reconnaitre que leur taux de rentabilité sur trente ans avoisine les zéros bien rond, le capital ayant complètement fondu. Les rémunérations étaient indues, il serait logique et normal de les voir rembourser, au premier $.
Dans sa bonté, A. Greenspan constate aussi l'échec de l'autorégulation, et pour lui, cette crise du crédit n'arrive qu'une fois par siècle. En quoi, il se trompe, ce n'est pas qu'une crise de crédit, mais une crise économique causée par la trop forte compression des salaires, la trop grande dérive des "dépenses forcées" et non pas seulement des "prélèvements obligatoires", doublée d'une crise politique, du système américaniste, du système monétaire international, du système diplomatique.
C'est, pour tout dire, une crise de rétractation de la puissance US.
Economiquement parlant, la voie semble claire. Les grands déséquilibres mondiaux de balances commerciales vont se réduire, mais sans doute pas progressivement, mais très brutalement, non par une progression des exportations, mais par une diminution des importations, causé par l'effondrement de la demande.
L'économie, en générale, va se comporter comme le marché immobilier.
Jeudi 3 octobre 2008.

5 Commentaires
1
Mr notre président européen aurait il trouver son premier "responsable" ?
que va t' il lui demander comme dédommagements ?
Va t'il lui en tenir rigueur malgré ces aveux ?
L"avenir nous le dira ...
(j'y crois pas trop !)
24 octobre 2008 à 02:152
Et bravo pour la « kleptocratie ».
24 octobre 2008 à 08:503
J'ai trouvé votre site depuis quelques jours, et je tiens à vous dire que je suis époustouflé par vos analyses qui me semblent d'une justesse incroyable.
Bravo à vous.
24 octobre 2008 à 13:404
Par ces temps de crise je surfe entre le blog immo celui de Paul Jorion et celui de Loic Abadie. sur ce dernier un post parle d'un outil pertinent pour juger de la santée des banques... Cet outil est certe partiel mais est au final bcp plus pertinant que celui du "Tier 1 ratio" il s'agit du leverage ratio, diviser le total du bilan par les fond propre.
Cet outil est de plus en plus utilisé apparement...
Or la plupart des banques europeennes ont un ratio nettement plus mauvais que les banques US... un petit retour de baton et l'ensemble des banques privées europeennes vont plonger...
Je pense que ceux qui croient que nous sommes sortis de la crise financiere et que nous ne vivons que ses conséquences se trompent lourdement!
24 octobre 2008 à 14:015
à three piglets : merci
24 octobre 2008 à 21:37Ajoutez un commentaire
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