Finance islamique : le Sénat pointe l'inertie de la France

Islamic_bankunitedkingdom Un rapport de la commission des Finances du Sénat relatif à la finance islamique, publié vendredi, s'inquiète d'"une certaine inertie nationale". Et ce d'autant plus que son adaptation en France ne semble pas engendrer de difficultés particulières.

Née dans les années 70, la finance islamique, qui a pour objet de développer des services bancaires et des produits financiers compatibles avec les prescriptions de la loi coranique, s'impose de plus en plus comme une concurrente de la finance dite "conventionnelle".

La commission des Finances a organisé le 14 mai deux tables-rondes afin d'apprécier "l'opportunité et les modalités pour la France de s'insérer davantage sur ce marché" évalué à 700 milliards de dollars et qui croît entre 10 et 15% par an.

La commission pointe toutefois "la situation paradoxale de la France vis-à-vis de la finance islamique: l'existence d'une certaine inertie nationale alors même que le développement de la finance islamique ne se heurterait à aucun obstacle" majeur.

Ainsi, alors que BNP Paribas, la Société Générale ou le Crédit Agricole ont ouvert des filiales spécialisées au Moyen-Orient afin de profiter de cette manne, leur activité sur le territoire national dans ce domaine est "plus que balbutiante", souligne le rapport.

"Cet attentisme apparaît paradoxal dans la mesure où le développement de la finance islamique en France ne nécessiterait pas un +bouleversement+ du droit positif", relève la Commission.

Ainsi, "la question de la réduction des frottements juridiques et fiscaux", à laquelle la ministre de l'Economie Christine Lagarde a promis de travailler en juillet, peut être traitée par des "réformes simples, non nécessairement d'ordre législatif", souligne ce rapport.

En outre, ce développement pourrait s'appuyer sur "deux atouts majeurs, à savoir une place financière d'ores et déjà compétitive et la présence" de la première communauté musulmane d'Europe, avec près de 5,5 millions de personnes. La commission met ainsi en avant "l'effet intégrateur potentiel" que pourrait avoir le développement d'une offre bancaire islamique sur les enfants des immigrants d'Afrique du Nord.

Mais certains nourrissent toutefois la crainte qu'elle ne serve de "catalyseur du communautarisme", a déclaré Jean Arthuis, président de la commission des Finances.

Autre problème à résoudre : le crédit bancaire impliquant un incontournable taux d'intérêts. Plus que le montant du taux, c'est le principe de l'emprunt avec intérêt qui pose problème. Sous la dénomination de « Riba », la pratique de l'intérêt usuraire est prohibé en islam. Or cette pratique est la règle dans l'ensemble du système bancaire classique. C'est pourquoi, au coeur du dispositif de l'économie islamique, l'on retrouve le soucis permanent d'éviter cette « Riba ».

Pour répondre à cette problématique, le principe général de la banque islamique est de s’engager à partager à la fois les profits et les pertes de ses clients.

Contrairement à certaines idées, ce système existe au sein des communautés musulmanes depuis le moyen âge. Il a fait l’objet de nombreuses études universitaires sous la dénomination de SFI, Système Financier Islamique depuis les années 80. Néanmoins ces institutions bancaires ne représentent qu’un des aspects du SFI. Car ce système "englobe aussi la formation du capital, les marchés des capitaux et l’intermédiation financière sous toutes ses formes"'. Il s’agit, en somme, de traduire, dans l’univers de l’économie et des finances, le système de valeurs auquel se fient les Musulmans dans les aspects de leur vie quotidienne.

L’accent est alors mis sur le partage des pertes, des risques tout comme des bénéfices entre les investisseurs et les acteurs d’un projet. La valeur du travail se trouve ainsi rehaussée. La thésaurisation étant interdite, l’investissement de l’argent est recommandé.

Source : AFP, Saphir.news

 

5 Commentaires

  1. 1

    thomas

    cette approche islamisante est evidemment contraire à l'approche française de l'integration. il est tout àfait logique qu'elle marche mieux et depuis plus de temps dans les pays anglosaxonq ui ont une autre vision, plus communautariste, de la société .

    selon moi, il est aussi dangereux d'accepter une finance islamique que des tribunaux de quartier appliquant la charia pour les musulmans, ou que des hopitaux acceptant que les femmes soient forcement vues que par des medecins femmes, ou qu'il y ait des piscines acceptant des horaires par sexe, ou qu' il y ait des mariages annulés pour non virginité .

    tout cela construit des murs entre les gens, alors quil faut construire des ponts.

    la finance islamique, ca n'est qu'une tentacule de ce communautarisme à eviter . et pourquoi pas des banques pour catholiques, pour juifs aussi ?

    Est ce vraiment l'avenir que nous voulons ?

    PS saphirnews est un des relais de ce communautarisme. souvent assez modéré et se revelant tres orienté quand l'actualité nationale ( emeutes ..) ou internationale (hezbollah..) est chaude .

  2. 2

    Abdel

    Je pense qu'il y a une mauvaise interprétations du terme "finance islamique" à mon avis dû à la connotation négative que porte le mot "islamique".

    Il faut plutôt le voir sous un autre angle (à comparer avec l’émergence en Europe des "fonds d’investissement éthique" ) :

    L'interdiction de demander des intérêts (qui au moyen age avaient un caractère usurier) lors d’un prêt.

    C’est un peu comme le prêt à taux zéro que fait l’état français.

  3. 3

    david

    bonjour,

    blogfinance est l'une de mes lectures sur le net. je n'interviens jamais mais sur ce texte je me permet de relever quelque petite chose.

    la finance islamique n'est pas si islamique que cela si c'est BNp par exemple qui pense a ouvrir une filiale s'adressant aux musulmans. c'est aussi ironique que cetelem et la banque de dépôt. pour que ce soit islamique il faudrait que la banque renonce a toutes ses activités de crédits, usuraires ou de spéculation, d'armements...

    ce que les banques europeennes essaient de faire c'est de contourner les lois islamique : comment devraient elle faire lorsque le client ne peut plus payer son achat? devra t'elle saisir ses biens? (c'est interdit).

    pour thomas : dans vos quelques lignes nous avons tous les poncifs dans le style yve calvi. votre commentaire est aussi idiot que le musulmans, qui regardent la télévision française et se dit, tiens les chrétiens pratiquent l'inceste et font aussi des enfants (7 enfants) entre pere et fille. voir l'histoire autrichienne.

    http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/04/29/01001-20080429ARTFIG00017-inceste-en-autriche-la-barbarie-selon-un-psychiatre-.php

    donc, quel est le but de vos dix lignes, et quels sont les liens entre "mariage annulé" et la finance islamique? aucun, sauf la malveillance. ceci dit, si vous acceptez d'etre cocu pendant vos fiançailles ça vous regarde, ne l'imposé pas aux autres. en clair, le jugement ne contenait pas le mot virginité, mais mensonge. donc transformer la réalité est aussi malveillant que les liens absurde entre les fait divers et la banque islamique.

    dernière chose, la banque islamique ne permet pas le communautarisme, puisqu'elle ne s'adresse pas aux musulmans uniquement. elle suit les lois islamique mais les non musulmans sont accepté, ils devront simplement suivre le règlement intérieur de la banque comme dans tous les autres règlements bancaires.

    je crois que c'est bien ecrit dans l'article. ile ne faut pas fermer les yeux.

    bon dimanche

  4. 4

    Abdel

    Il est intéressant de lire l’article sur Wikipédia concernant l’usure ou l’intérêt :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Usure_(finance)#cite_note-2

    "Dès le Haut-Moyen-Âge, l'Église catholique romaine reprend la distinction que fait le Droit romain pour le prêt de biens mobiliers: celui des choses qui se consument par l'usage et celui des choses qui ne se consument pas, appelé commodatum. Exiger un paiement pour le commodat est contraire à la charité, et l'argent est un bien qui ne se consume pas. Dès cette époque, on voit le prêt à intérêt condamné par le Concile de Nicée sur le fondement de l'Ancien [2] et du Nouveau Testament[3], puis par les Capitulaires de Charlemagne[4].
    Plus tard, au XIIe siècle, l'économie redevient monétaire et la question du prêt à intérêt et de son interdiction réapparaît. L'Église continue à interdire la pratique de l'usure, toujours en s'appuyant sur les Saintes-Écritures, mais en prenant aussi appui sur la critique de la chrématistique par Aristote, c'est-à-dire la critique le prêt à intérêt comme un moyen injuste, déshonorant et contre-nature de s'attribuer le bien d'Autrui. La doctrine de l'usure, objet de nombreux et subtils débats entre les Scolastiques (dont Thomas d'Aquin), évolue cependant tout au long de l'époque médiévale. "
    "Le premier théologien à accepter le prêt à intérêt fut Jean Calvin. La pratique du prêt à intérêt se propagea dès lors rapidement à partir des réseaux de banques dont les sièges étaient établis à l'étranger, soit dans les pays d'obédience calviniste comme Genève, les Pays-Bas et l'Angleterre, mais aussi dans des États comme Venise et le Portugal où des banques sont spécialisées dans le commerce maritime. "
    Le dernier paragraphe est assez intéressant car on pourrait corréler l’autorisation du prêt à intérêt avec la puissance économique à l'époque des pays cités.

  5. 5

    WasF

    Loi coranique ? Elle n'a jamais interdit l'intérêt !
    Elle interdit l'usure (riba'), qui est interdite partout, comme dans la loi française par exemple (la Banque de France définit le taux d'usure chaque année, il est aux alentours de 23%). L'intérêt en arabe c'est pas riba' (usure), mais fa-ida.
    Le Coran n'a jamais interdit la fa-ida !
    Ouvrez un compte à n'importe quelle banque française ! Elle sont toutes islamiques, du moment que vous évitez la bourse (à moins d'acheter des actions de société ne traitant pas des 3 interdits islamiques: alcool, viande de porc, et porno, c-a-d 99% des entreprises existantes !).

    Coran en web 2.0: http://tanzil.info/ (arabe + plus de 20 autres langues, récitation en anglais disponible, moteur de recherche en arabe)
    Chapitre 3 / verset 130: Croyants: ne pratiquez pas l'usure en multipliant *démesurément* votre capital. Et craignez Dieu afin que vous réussissez.

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée