Biocarburants : des ONG pour l'abandon des objectifs de l'UE

Flyer_hulot1 La "mode" des bio-carburants n'aura peut-être duré qu'un temps, menaçant toutefois d'affamer nombre de populations suite à son "passage".

Plusieurs grandes ONG se mobilisent désormais pour réclamer l'abandon des objectifs européens et français (10% en 2020) concernant ce qu'on devrait plutôt appeler les agro-carburants. Elles se sont associées pour leur campagne à des associations colombienne, brésilienne, béninoise et indonésienne.

Leurs principaux griefs faits à l'encontre du recours à des matières premières agricoles pour mouvoir nos chères voitures : l' impact sur l'environnement et les cultures alimentaires.

Les experts de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) et du Réseau Action Climat (RAC), se fondant sur les principaux rapports et études publiés ces dernières années, proposent un "tableau de bord" des politiques concernant les bio- ou agrocarburants sous forme de neuf fiches analysant leurs principaux impacts.

De leur côté, les Amis de la Terre, associés à Oxfam et au Comité catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) lancent une campagne sur le thème: "les agrocarburants, ça nourrit pas son monde", insistant sur le fait qu'ils menacent les cultures vivrières en accaparant la terre et les ressources naturelles.

"Ils contribuent également à la hausse mondiale des prix alimentaires qui a plongé près de 100 millions de personnes supplémentaires dans la faim et la pauvreté et mis en danger les moyens de subsistance de 300 millions de personnes", indiquent ces ONG.

Entre 2002 et février 2008, la production et l’utilisation de biocarburants ont contribué à une très forte augmentation des prix des denrées alimentaires, révèle une étude confidentielle de la Banque mondiale publiée vendredi 4 juillet par le quotidien britannique The Guardian.

Cette étude a été conduite par un économiste de renom, Don Mitchell, et démontre que les biocarburants sont responsables de la hausse des prix des denrées alimentaires de 75 % sur la période étudiée, un chiffre très supérieur aux estimations. Ces résultats vont aussi à l’encontre des affirmations du gouvernement américain selon lesquelles les agro-carburants ne contribueraient qu’à une hausse de 3 % des prix des denrées alimentaires.

Sans l’augmentation des biocarburants, les stocks mondiaux de blé et de maïs n’auraient jamais chuté aussi sensiblement et la hausse des prix due à d’autres facteurs aurait été modérée”, peut-on lire dans le rapport rendu en avril aux responsables de la Banque mondiale.

Mais ce n'est pas le seul « reproche » que l'on puisse faire aux « agro-carburants ». Les ONG font également valoir que "dans les pays du sud, les conditions de travail dans les plantations d'agrocarburants sont parfois inhumaines et s'apparentent à l'esclavagisme moderne".

La FNH et le RAC de leur côté soulignent que pour tenir les objectifs actuels de production d'agrocarburants en Europe et à travers le monde, il faudrait d'ici 2020 leur consacrer 54 millions d'hectares, soit une surface équivalente au territoire français.

"Les développer sans réduire la consommation globale en carburant n'a aucun sens environnemental ou écologique", insistent-elles.

Source : AFP, Reuters, Greenpeace

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