Autre serpent de mer s'il en est ...
Le Premier ministre François Fillon juge dans une interview à paraître mercredi dans les Echos que l'ouverture du capital du groupe nucléaire français Areva ne constitue pas "une urgence".
Pourtant l'ami proche de Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues, pourrait être intéressé par une telle opération, certains susurrant même que le chef de l'Etat lui-même pourrait se voir à l'issue de son quinquennat à la tête d'un nouveau groupe ainsi créé.
"Sur ce sujet, il n'y a aucune urgence. L'industrie nucléaire française a de belles perspectives. Areva remporte des succès. Il est vrai que ceux-ci peuvent conduire à des besoins de financement. C'est pourquoi nous étudions toutes les options. Mais, je le répète, il n'y a aucune urgence", affirme le chef du gouvernement.
La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, défend vigoureusement cette option alors que le gouvernement étudie plusieurs scénarios de refonte du capital de son groupe, public à 85%, dont une fusion avec Alstom.
Selon le Financial Times, en date du 19 mai 2008, Nicolas Sarkozy souhaiterait “marquer son règne” par la constitution d'un géant du nucléaire français, bâti autour d'Areva. Il se heurterait pour ce faire à l'Allemagne, et plus particulièrement à Angela Merkel, laquelle ne semble aucunement disposée – de prime abord – à ce que l'allemand Siemens lâche du leste sur le dossier.
Mais c'est sans compter sur la “force de persuasion” du Président français et des ses influents “amis”, tels que Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, pour proposer un deal dont le principal élément serait de “troquer” aéronautique (EADS/Airbus) contre nucléaire. Histoire également (ou principalement ?) qu'aucun obstacle ne vienne désormais freiner les “ambitions” de Bouygues en la matière ?
Nouvelle explosive s'il en est, plus de 50.000 emplois étant directement concernés en France, et ce, tout particulièrement au niveau d' Airbus, de ses partenaires et sous-traitants.
- Vers un Areva français contre un EADS allemand ?
Selon le Financial Times - en conformité avec son approche “interventionniste” - Nicolas Sarkozy aurait pour objectif de faire de la France le champion inégalé du nucléaire en Europe.
Mais un tel projet suppose une gigantesque remise à plat du secteur industriel à une échelle qui n'avait plus été observée depuis la vague de nationalisation du début des années 80, lors de la présidence de de François Mitterrand, fait néanmoins remarquer le journal anglo-saxon, non sans quelque ironie.
Selon le Financial Times le “ pragmatic Mr Sarkozy” semble préparer un “deal” avec les Allemands selon lequel la France renoncerait - en faveur de l'Allemagne - à son ambition quasi-séculaire de devenir un leader européen de l'industrie aéronautique, Berlin acceptant en retour de revenir sur ses propres ambitions dans le domaine nucléaire.
En pratique, affirme le journal, cela signifierait que les Allemands obtiennent le leadership sur EADS en contrepartie de la main-mise du groupe nucléaire public français Areva sur la participation de l'allemand Siemens.
Si affirme le FT, il ne s'agirait que d'un éventuel scénario circulant actuellement dans les hautes sphères du pouvoir, l'affaire serait assez sérieuse pour inquiéter la communauté aéronautique française, et tout particulièrement les syndicats.
Confirmant des récentes rumeurs parues dans la presse, le FT précise également que l'Elysée envisagerait de faire vendre à EADS la participation qu'Alcatel-Lucent détient dans Thales. L'opération aurait pour “mérite” de rassurer l'Allemagne face aux "risques" de voir émerger un nouveau concurrent de taille dans le secteur de l'industrie de défense, en cas de rapprochement entre Thales et Safran. Lequel verrait son “avenir” compromis par la prise de contrôle partielle d'EADS.
Cette “concession” française aurait pour but de convaincre Angela Merkel de ne plus s'opposer au projet de fusion Alstom-Areva, laissant ainsi le champ libre à un rapprochement entre le groupe nucléaire français et Alstom .... et un éventuel accord entre Areva et Bouygues.
Pour rappel, le projet avait été mis en sourdine en septembre 2007, avec les premières conclusions des conseils mandatés par l'Etat, McKinsey et HSBC, relativement pessimistes sur les bienfaits potentiels d'un mariage entre Alstom et Areva.
Mais d'après un article du Canard Enchaîné, le dossier de la privatisation d'Areva a été rouvert "à la demande de l'Elysée" au printemps dernier.
Les spécialistes de l'Elysée et de Bercy auraient cette fois élaboré un montage financier prévoyant la fusion d'Areva et d'Alstom à travers une holding de tête dont Bouygues contrôlerait 35% "et l'Etat, pour sauver les apparences, 18%, le reste étant placé en Bourse".
Areva et Alstom seraient chacun valorisés au même montant de 20 milliards d'euros, constituant ainsi “un cadeau implicite de près de 3 milliards d'euros à Bouygues", estiment pour leur part les analystes de CM-CIC Securities. Selon eux, " la part de Bouygues dans l'ensemble représenterait en conséquence 14 milliards d'euros… pour une valeur en Bourse actuel de 7.4 milliards d'euros (35% d'Alstom), plus 9.5 milliards d'euros (35% d'Areva), soit près de 17 milliards d'euros".
Sources : Financial Times, Canard Enchaîné, La Vie Financière, Challenges

2 Commentaires
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Patrick Kron, président-directeur général d'Alstom SA (1022047.FR), a vendu pour 8,1 millions d'euros de titres du groupe entre le 18 et le 22 septembre, indique lundi une déclaration auprès de l'Autorité des marchés financiers.
01 octobre 2008 à 21:52Deux déclarations distinctes montrent que d'autres titres Alstom, pour un montant de 3,5 millions d'euros, ont été vendus par une ou plusieurs personnes liées à P.Kron au cours de la même période.
Un porte-parole a indiqué que la totalité des titres vendus faisaient partie du plan de distribution de stock-options de septembre 2004.
http://www.easybourse.com/bourse-actualite/alstom/alstom-pdg-vend-pour-eur8-1-mlns-d-actions-FR0010220475-530398
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merci, à surveiller de prêt ....
01 octobre 2008 à 21:59Ajoutez un commentaire
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