Pendant que la terre entière ou presque a les yeux focalisés sur Géorgie et Ossétie du Sud, la Russie et Poutine poursuivent leur bonhomme de chemin, si j'ose dire.
La Russie et l'Ouzbékistan sont parvenus à un accord pour la construction d'un nouveau gazoduc sur le territoire ouzbek, destiné aux exportations de gaz turkmène et ouzbek.
C'est ce qu'a déclaré mardi le Premier ministre russe Vladimir Poutine, histoire de plomber un peu plus – s'il en était besoin ? - le projet du gazoduc Nabucco, lui même d'ores et déjà en concurrence avec le gazoduc South Stream, prôné par la Russie.
"Un accord a été conclu sur le début d'études pratiques en commun pour la construction d'un nouveau gazoduc sur le territoire ouzbek, afin de garantir la croissance du potentiel d'exportation du Turkménistan et de l'Ouzbékistan", a déclaré M. Poutine lors d'une visite dans ce pays d'Asie centrale.
"Nous sommes parvenus à un accord sur le lancement de la construction d'un nouveau réseau de gazoducs sur le territoire de l'Ouzbékistan afin de répondre aux capacités croissantes d'exportation du Turkménistan et de l'Ouzbékistan", a déclaré M. Poutine.
“Nous voyons que les perspectives d'un tel partenariat ne cessent de croître. Nous sommes intéressés à la réalisation de ce projet", a fait également remarquer l'actuel premier ministre russe et ancien président.
“Les ententes sur le développement du transport des hydrocarbures par pipeline jouent un rôle important non seulement pour la Russie et pour l'Ouzbékistan”, mais également pour les voisins de l'Ouzbékistan, notamment pour le Turkménistan, "et également pour nos partenaires, y compris en Europe occidentale", a souligné le premier ministre russe. Non sans cynisme ...
Selon Vladimir Poutine, le potentiel de développement de la coopération économique entre la Russie et l'Ouzbékistan est immense. "Parmi les axes prometteurs figurent les ressources en hydrocarbures, aussi bien que le secteur des hautes technologies et la coopération nucléaire".
Dans le secteur nucléaire "nous allons faire renaître les relations d'antan, celles de l'époque soviétique, mais aussi nous allons dynamiser notre coopération", a déclaré M. Poutine.
Evaluant les rapports bilatéraux entre la Russie et l'Ouzbékistan, Poutine a déclaré qu'ils "avaient un caractère stratégique pas seulement sur le papier, mais aussi dans la vie quotidienne. Il s'agit des questions politiques, aussi bien que des questions économiques". Cela a le mérite d'être clair ....
Alors qu'il n'est désormais de secret de personne qu'une grande partie de l'enjeu du conflit Géorgie/Russie est liée au transit des hydrocarbures, et la volonté occidentale de s'affranchir de la main-mise du Kremlin sur ses approvisionnements en pétrole et gaz, c'est tant les voies actuelles d'acheminement des ressources énergétiques – telles que le BTC notamment – que les voies futures qui sont visées.
Via notamment la bataille actuelle entre USA/UE d'une part et Russie de l'autre : projet gazoduc Nabucco contre gazoduc South Stream.
Construit par les groupes autrichien OMV, hongrois MOL, roumain Transgaz, bulgare Bulgargaz, turc Botas et allemand RWE, le projet paneuropéen Nabucco, conçu pour diminuer la dépendance de l'Europe au gaz russe, doit acheminer le gaz de la Caspienne vers l'Autriche à travers la Turquie et les Balkans sur une longueur de 3.300 kilomètres. Une de ses branches démarrerait à la frontière turco-géorgienne.
Or, Nabucco espére capter au passage le gaz turkmène en reliant le Turkménistan et l’Azerbaïdjan par un gazoduc à travers la mer caspienne et serait connecté aux réseaux existants qui traversent le Caucase jusqu’à la Turquie, comme la ligne Bakou-Tbilissi-Ceyhan.
Mais la Hongrie s’inquiète des récentes négociations entre Moscou et les deux capitales azerbaïdjanaise et turkmène sur le prix de leurs livraisons de gaz à la Russie qui pourrait mettre en danger le projet Nabucco. Les responsables de ce dernier n’ont eu que des promesses de livraisons de Bakou et Ashkhabad et sont toujours à la recherche d’autres fournisseurs.
Fin juillet, le géant gazier russe Gazprom a accepté de payer plus cher, à partir de 2009, le gaz qu'il achète au Turkménistan, sans préciser l'ampleur de cette hausse.
Achkhabad réclamait le passage à un tarif "de marché" pour son gaz, soit plus du double des 150 dollars pour 1.000 m3 que Moscou s'est engagé à payer au second semestre 2008. Une visite début juillet du président russe Dmitri Medvedev au Turkménistan n'avait pas permis de trouver un accord sur ce point.
Le texte retient "des principes de marché dans la formation des prix dans le cadre de contrats à long terme pour l'achat du gaz au Turkménistan".
Face au “danger”, le gouvernement hongrois souhaitait dès la mi-juillet "accélérer le processus de préparation de l’accord intergouvernemental qui créera un cadre légal unifié pour le gazoduc". La Hongrie, qui a présenté un avant-projet pour cet accord en février dernier espère que le document définitif pourra être paraphé d’ici la fin 2008.
Car, sans l’accès au gaz turkmène, la viabilité du projet Nabucco est sérieusement remise en cause.
En dépit de ses liens resserrés avec la Russie, le Turkménistan, une ancienne république soviétique d'Asie centrale, insiste par ailleurs sur le fait qu'il entend également participer à des projets concurrents avec l'UE.
Laquelle encourage le Turkménistan à se défaire du quasi-monopole dont Moscou dispose sur les voies d'exportation du gaz turkmène.
Sources : AFP, AFP, Armenews, RBC Daily, Ria Novosti
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"Alors qu'il n'est désormais de secret de personne qu'une grande partie de l'enjeu du conflit Géorgie/Russie est liée au transit des hydrocarbures, et la volonté occidentale de s'affranchir de la main-mise du Kremlin sur ses approvisionnements en pétrole et gaz, c'est tant les voies actuelles d'acheminement des ressources énergétiques – telles que le BTC notamment – que les voies futures qui sont visées."
Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, ce n'est pas l'enjeu du conflit en Georgie!! Le conflit n'a rien changé aux pipelines, et il ne pouvait finir autrement, sauf à ce que la russie ait voulu prendre le risque d'un réel casus belli.
"- Certes, si le BTC et les projets South Stream et Nabucco n'existaient pas, les américains seraient probabblement moins présents dans la région. mais je ne crois pas que l'on puisse faire jouer à ces oléoducs un rôle majeur dans la crise récente. Du coté des US, l'intérêt lié aux oléoducs aurait voulu que le conflit ne soit pas lancé. Du coté de la russie, il aurait voulu qu'elle continue l'invasion jusqu'à saisir le contrôle du BTC, ce dont elle s'est abstenue, alors qu'elle en avait la possibilité.
Certes, il arive que des intérêts économiques cachent leur agenda derrière de nobles croisades politiquement correctes. Mais cela n'interdit pas que ces intérêts économiques puissent en même temps être instrumentalisés par des lobbies politiques dont l'agenda en politique internationale est encore moins présentable au public américain."
Et j'ajoute, quant à la motivation russe, que son but se comprend ici:
http://www.stratfor.com/weekly/russo_georgian_war_and_balance_power
04 septembre 2008 à 20:29Sinon, une tout autre question: ce que la première carte montre, c'est aussi un pipe qui relie l'iran à la chine en contournant l'afghanistan....
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