Alors qu'on célébrait ce week-end le triste anniversaire des 7 ans de la catastrophe dite AZF, la même loi du silence semble toujours régner dans le monde, tant en France qu'en Algérie ..
Si le livre récemment publié de Marc Mennessier, intitulé “AZF, un silence d'Etat” laisse sous entendre qu'une chose est sûre au moins concernant le dossier de la catastrophe du pôle chimique ... c'est que rien n'est clair sur le sujet ... un même flou entoure l'explosion qui a récemment endeuillé le chantier de construction du gazoduc – on ne peut plus stratégique – Medgaz devant relier à terme l'Algérie et ses richesses gazières et l'Europe.
- Explosion sur le chantier du gazoduc Medgaz
Un accident survenu le 17 septembre 2008 sur le chantier de construction du gazoduc Medgaz devant relier l'Algérie à l'Espagne, a fait trois morts et trois blessés, tandis qu'un autre employé est porté disparu.
La sous-préfecture locale a précisé qu'un hélicoptère espagnol recherchait en mer une septième personne portée disparue après l'accident. La sous-préfecture d'Almeria, avait indiqué plus tôt dans l'après-midi que cet accident de nature non-précisée avait fait "au moins un mort et plusieurs blessés".
L'accident s'est produit sur une plate-forme située dans les eaux internationales, près des côtes algériennes, a indiqué une porte-parole. Une opération de sauvetage a immédiatement été mise en place pour transporter d'urgence les blessés par hélicoptère vers Almeria.
Selon les médias espagnols, l'accident s'est produit à la mi-journée sur la plateforme d'un navire italien, le "Saipem 7000" du consortium Medgaz. Ce navire, chargé des travaux en eaux profondes, avait posé le 5 septembre le tronçon offshore du gazoduz Medgaz.
L'agence Europa Press indiquait dans un premier temps, en citant des sources syndicales, que l'accident pourrait être dû à une explosion.
- Une communication plus que discrète
Le consortium Medgaz, interrogé par l'AFP à Madrid, se refusait à tout commentaire en attendant de publier un communiqué dans la soirée.
Les victimes de l'accident auraient été écrasées ou projetées en mer par le glissement d'une tube de 12 mètres de long. Ironie de l'histoire, dans son dossier de présentation du projet, Medgaz n'hésite pas à titrer : " Politique de sécurité : zéro risque – zéro accident".
Alors si de tels risques ne peuvent survenir dans des conditions normales d'exploitation, et que la prévention mise en oeuvre laisserait penser que nul accident ne peut survenir, quel est donc le grain de sable qui a pu enrailler de tels rouages ... ?
- La thèse de l'accident seule autorisée ?
L'accident survenu sur la plateforme "Saipem 7000", chargé de la construction du gazoduc sous-marin Medgaz a fait trois morts et quatre blessés, tandis qu'un autre travailleur est toujours porté disparu, a annoncé à la suite le consortium Medgaz, dans un nouveau bilan.
Dans un communiqué parvenu à l’APS, Medgaz précise que l’accident qui s’était produit dans les eaux internationales, était du à un "problème au niveau de la grue" de la plateforme, et non à une "explosion", comme rapporté auparavant par des médias espagnols. La "nature" étant parfois bien faite, les hypothétiques carpes présentes sur les lieux ne pourront rien dire, en tout état de cause. Reste qu'une explosion ou la chute d'une grue ne produisent pas le même "type" d'événements sonores.
"Toutes les victimes, hormis un des blessés, sont des employés de l’entreprise italienne Saipem, propriétaire du bateau", précise encore le communiqué.
Le consortium Medgaz a indiqué, par ailleurs, qu’aussitôt après ce drame, il a informé les autorités algériennes et espagnoles et s’est mis à leur disposition pour "toute question concernant cette accident".
- Medgaz ... un gazoduc stratégique
Pour rappel, le ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, a assisté le 4 septembre dernier, à bord du bateau navire italien «Saipem 7000», à la pose en eaux profondes du tronçon offshore du gazoduc Medgaz devant relier l’Algérie à l’Espagne.
«Le Medgaz sera un moyen de sécuriser l’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel et de satisfaire l’accroissement de la demande de cette énergie sur le Vieux Continent», avait fait savoir Chakib Khelil. La longueur totale du gazoduc est de 1 050 km, sa capacité de production avoisinera 8 milliards de m3 de gaz par an. Il devra être mis en service en 2009 et contribuera à l’accroissement des exportations de gaz algérien pour atteindre l’objectif de 85 milliards de m3 à l’horizon 2012. Le coût total de ce projet est estimé à 900 millions d’euros.
Le lendemain même de l'accident, la presse algérienne vantait en boucle les “mérites” de Medgaz tant pour l'économie de l'Algérie que pour l'indépendance de l'UE en terme d'approvisionnement en gaz.
- AZF : 7 ans après des négligences toujours loin d'être négligeables
Le souvenir de la catastrophe, la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, est toujours présent dans les mémoires des victimes. Malgré les 2 milliards d’euros d'ores et déjà versés par le groupe Total, les Toulousains ne peuvent oublier les personnes décédées le 21 septembre et les mois qui ont suivi , les 2.500 blessés dont 900 hospitalisés, les 30.000 logements endommagées et les 1.500 entreprises détruites.
Si , reprenant les travaux de feu Anne-Marie Casteret, journaliste à l'Express et de Jean-Christian Tirat alors journaliste à Valeurs Actuelles, nous estimions que de nombreuses négligences – non négligeables – avaient pu entacher le dossier d'instruction de la catastrophe dite AZF, 7 ans après, la vérité semble avoir quelque difficulté à suivre le fil d'Ariane pour tenter de sortir du labyrinthe judiciaire ...
Anciens salariés et associations de victimes ont commémoré dimanche à Toulouse le 7e anniversaire de l'explosion de l'usine AZF-Total Grande Paroisse (ex-ONIA), qui avait fait – officiellement - 30 morts en 2001, dont plus de 20 employés de l'usine (salariés ou sous-traitants).
Cinq mois avant l'ouverture du procès en correctionnelle la recherche de la vérité taraude toujours les esprits.
"L'immense majorité des gens ont la certitude que depuis sept ans on leur cache la vérité", estime en hochant la tête Jacques Mignard, président de l'association des anciens salariés "AZF mémoire et solidarité".
"Je me dis qu'enfin on va aboutir à la vérité, et en même temps je crains qu'on ne la connaisse jamais et qu'au bout du compte nous serons tous profondément déçus", dit-il, en évoquant le procès qui doit s'ouvrir le 23 février 2009.
Dimanche, une partie des 600 membres de l'association se sont retrouvés à 10H17, heure de l'explosion, autour du Rond-point du 21 septembre, proche du terrain de l'ancienne usine devant accueillir le futur Cancéropôle de Toulouse.
A cette occasion, Jacques Mignard a lancé un vibrant “appel au rassemblement pour exiger la vérité", "car seul prévaut aujourd'hui la thèse officielle et toutes les pistes n'ont pas été explorées", selon lui ... et beaucoup de journalistes d'investigation ayant le courage d'enquêter sur le dossier.
A l'issue d'une instruction qui a duré jusqu'en 2006, les experts ont retenu l'hypothèse “la plus probable” (!!!) d'un mélange malencontreux de quelques kilos de DCCNa (un produit chloré) avec 500 kilos de nitrate d'ammonium déversés sur le tas principal de nitrate, vingt minutes avant l'explosion.
Ils ont en revanche rejeté notamment celles d'un attentat, d'une explosion due au gaz ou à un arc électrique.
“Notre association, composée d’anciens salariés d’AZF, ne croit pas la thèse officielle qui a conclu que l’explosion était due au mélange incompatible de deux produits, à savoir du chlore et de l’ammonitrate. La reconstitution réalisée sur place en octobre 2002 a mis en évidence l’impossibilité pour l’ouvrier de confondre les deux produits. Cela n’a pas empêché le juge d’instruction de clôturer l’enquête de cette manière.
Or lors de la reconstitution, les gens ont failli s’asphyxier souligne Monique Mauzac, ingénieur chimiste et épouse d'un salarié défunt, ainsi que des personnes y ayant assisté. Ce, alors même que selon la version « officielle », l’ouvrier aurait déversé 500 kg de chlore sans rien sentir, dans le trop fameux hangar 221. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont plus 500 kg mais quelques grammes qui auraient été "officiellement" déversés.
"On a refusé de voir d’autres pistes, celle de l’attentat ou celle des quatre aéronefs qui avaient survolé l’usine peu avant l’explosion. L’unique piste qui a été explorée est celle du mélange des deux produits" tient à préciser Jacques Mignard.
"Arriver au procès n'est pas un soulagement", estime de son côté Patrick Timbart, directeur délégué du groupe Total de Toulouse, "le soulagement ce sera quand on aura trouvé une explication à la catastrophe".
Comme les membres de l'association des anciens salariés, le groupe Total réfute l'hypothèse d'un mélange impropre retenue par la justice. "On considère que cette manière de présenter les choses n'est pas plausible", estime-t-il. "La cause existe très certainement, encore faut-il la débusquer, mais la seule conviction que l'on a ce n'est certainement pas l'explication qui a été donnée", indique M. Timbart.
Sources : AFP, APS, Come4news, France-Soir
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2 Commentaires
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Encore faut il la debusquer: quand on passe à coté de ce qu'il reste du hangar et du terrain...
24 septembre 2008 à 21:16Comme dit le chef, trouvez moi un responsable et on va lui taper dessus.
2
C'est un peu cela , sauf que deux heures après la catastrophe, le responsable était tout trouvé : Total
Idéal comme coupable .... notamment pour indemniser les victimes, super profits pétroliers aidant
Car un des pbs est bien là : les victimes ont peur d'oser - ne serait-ce que l'once d'une seconde - remettre en cause le fait que le coupable ne soit pas Total de peur de perdre leurs indemnités ...
24 septembre 2008 à 22:45Ajoutez un commentaire
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