En juin 2006, suite aux déboires du groupe EADS et des soupçons de "délit d’initié", Arnaud Lagardère avait eu cette phrase fameuse : "J’ai le choix entre passer pour quelqu’un de malhonnête ou d’incompétent, qui ne sait pas ce qui s’est passé dans ses usines, j’assume cette deuxième version".
Si l'héritier de Jean-Luc Lagardère n'avait guère trompé son monde en prononçant cette phrase oh combien mémorable, les choses sont loin de s'éclaircir.
S'il semble qu'on ne puisse le taxer de ne pas connaitre ses dossiers ... ses aptitudes – et celles de ses collaborateurs - à édulcorer les faits pourraient avoir progressé.
Mais c'est sans compter sur la réaction de Safran qui ne souhaite ni être le dindon de la farce ni le bouc-émissaire, Airbus étant quelque peu prompt à le pointer du doigt pour expliquer les retards actuels de production de son avion militaire A400M.
Le premier vol de l'avion de transport militaire A400M d'EADS "sera retardé" jusqu'à une date indéterminée en raison "de la non disponibilité du système de propulsion", a annoncé le groupe européen jeudi dans un communiqué.
EADS espérait auparavant un premier vol de l'A400M "avant la fin de l'année", avait indiqué récemment son président exécutif, Louis Gallois, après l'avoir déjà plusieurs fois reporté.
EADS tablait auparavant sur un premier vol cet été mais les difficultés liées à la motorisation l'ont peu à peu amené à revoir ce calendrier.
Mais qui croire ? Alors que les dirigeants d'EADS/Airbus ne nous ont pas habitué à une grande “clarté” dans leurs propos et agissements, le groupe Safran affirme - dans un communiqué parvenu vendredi - que les huit turbopropulseurs TP400 destinés aux deux premiers avions de transport militaire A400M d'essais en vol ont été livrés à Airbus.
"Le logiciel de régulation de ces moteurs, qui couvre également les contrôles de l'hélice et de la nacelle, qui sont de responsabilité Airbus Military, est en phase finale de mise en conformité selon les standards de l'aviation civile", ajoute-t-il.
"En tout état de cause, le logiciel devra, avant le premier vol de l'A400M, intégrer les ajustements et réglages à l'issue des essais en vol moteur effectués sur un C130", avion de transport américain, continue-t-il.
"Ces essais, de responsabilité Airbus Military, n'ont pas commencé à ce jour, le consortium EPI” - regroupant Safran, l'allemand MTU et le britannique Rolls Royce - “ayant pour sa part livré le moteur d'essai fin 2007 et obtenu l'autorisation de vol du moteur et logiciel associé en avril 2008 pour le C130", indique Safran dans son communiqué.
Alors que des retards avaient d'ores et déjà entaché le planning, Carlos Suarez, le directeur général de Airbus Military, filiale d'EADS avait affirmé fin avril à Séville que la motorisation de l'avion de transport militaire A400M restait le point sensible de ce programme. "Cette question reste centrale pour le premier vol d'essai et également dans le cadre de la production. Il nous faudra régler ce sujet dans les prochains mois", avait ainsi averti Carlos Suarez lors d'une conférence de presse.
Lors d'un point de presse, en juin dernier, Louis Gallois avait enfoncé le clou : "Notre objectif est toujours d'avoir un premier vol cet été même si nous devons convenir que c'est de plus en plus tendu notamment à cause du moteur", avait-il affirmé. "L'avion est compliqué, le moteur est compliqué et l'interface est également complexe", avait-t-il poursuivi ... avant que la date du premier vol ne soit encore une fois reportée ....
Interrogée jeudi sur le nouvel objectif pour un premier vol, une porte-parole d'Airbus Military (filiale d'EADS) a indiqué qu'elle ne voulait "pas spéculer" et n'a pas souhaité donner plus de détails. Le groupe européen tablait officiellement jusqu'à présent sur six mois à un an de retard pour les livraisons.
Mais Patrick Bellouard, directeur de l'administration exécutive de l'organisation européenne de coopération en matière d'armement (OCCAR), qui a signé un contrat de 20 milliards d'euros pour 180 avions, a indiqué lundi que les livraisons aurait "au moins" un an de retard.
En raison des retards pris par l'A400M, EADS a été contraint de passer l'an dernier une provision de 1,37 milliard d'euros qui avait plombé ses résultats annuels.
Sources : AFP, Nouvel Observateur
A lire également :
. Airbus A400M : face à la menace de nouveaux retards, Gallois implore
. Airbus/A400M : calendrier de plus en plus tendu selon Gallois
. EADS : présentation de l'A400M le 26 juin à Séville ?
. A400M : nouvelles difficultés en vue pour Airbus ?
. Airbus A400M : les retards se précisent

2 Commentaires
1
Désolée pour Airbus :
-----------
27 septembre 2008 à 19:22http://www.boursier.com/vals/FR/safran-l-epi-a-livre-le-dernier-des-quatre-moteurs-d-essais-pour-l-a400m-news-275038.htm
2
05/03/2008 à 10h56 -
Safran : l'EPI a livré le dernier des quatre moteurs d'essais pour l'A400M
(Boursier.com) -- Europrop International (EPI), le consortium créé par les
quatre principaux motoristes européens (Industria de Turbo Propulsores, MTU Aero Engines, Rolls-Royce et Snecma) pour assurer la conduite du programme TP400 vient d'enregistrer deux succès consécutifs : la livraison du dernier des quatre moteurs d'essais TP400 qui équipera le premier Airbus A400M, et le
franchissement de 1 000 heures d'essais au sol.
*******************************
Le 4ème moteur, destiné au premier avion, a été livré la semaine dernière pour rejoindre la ligne d'assemblage finale de l'A400M à Séville.
**********************
Les quatre moteurs destinés au premier avion qui effectuera les essais en vol sont désormais en cours d'installation, et seront intégrés avec leur hélice et leur nacelle, en vue du premier vol de l'A400M prévu cet été.
En parallèle, plusieurs moteurs TP400 poursuivent les essais de performance et
de fonctionnement en Europe sur les centres d'essais au sol et à l'air libre des partenaires du consortium EPI.
L'objectif est de valider les caractéristiques et la résistance du moteur.
Nick Durham, directeur général d'EPI, déclare : "Nous avons dû relever de
nombreux défis, mais la livraison du premier lot de moteurs TP400 pour les
essais en vol de l'A400M constitue une étape importante.
Associée à
l'intensification des essais au sol, elle représente une avancée significative pour le programme. "
" Nous pouvons dès maintenant nous consacrer aux essais en vol. Ils permettront de confirmer que ce moteur répond à tous les critères de performance attendus et participe à la définition de nouveaux standards pour un turbopropulseur de cette taille ", précise Philippe Petitcolin, président non exécutif d'EPI.
www.boursier.com
27 septembre 2008 à 19:30Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.