Assassinat Edouard Stern : instruction close, procès en 2009 ?

Mortbanquier_stern_dusaillant A la lecture des dépêches d'agence, l'information paraîtrait presque anodine, et pourtant ...

L'instruction sur le meurtre à Genève en 2005 du banquier français Edouard Stern a été close jeudi, ouvrant la voie pour un procès en 2009, a indiqué vendredi le Parquet de Genève.

Le Procureur général du Canton Daniel Zapelli "doit renvoyer l'affaire pour jugement, d'ici la fin de l'année" lançant ainsi la procédure pour le procès à venir, a expliqué un membre de son cabinet.

Mais tout n'est pas aussi simple qu'on voudrait bien nous faire croire ...

Edouard Stern, classé au 38e rang des fortunes françaises – et ami proche de Nicolas Sarkozy, lequel a fait partie des intimes présents à son enterrement - a été tué de quatre balles le 28 février 2005 à Genève alors qu'il était revêtu d'une combinaison en latex.

Un “scénario idéal” pour évoquer une relation sado-masochiste avec sa maîtresse, la Française Cécile Brossard, qui pourrait “arranger” beaucoup “ de beau monde” et des hommes et femmes près du pouvoir.

L'instruction a passé au crible les relations sulfureuses des deux amants ainsi que leur personnalité respective.

La meurtrière présumée du banquier français Edouard Stern a été entendue pour la première fois en décembre 2007 au cours d'une audience publique au Palais de justice de Genève. La Française est emprisonnée depuis mars 2005 à la prison de Champ-Dollon en Suisse, après avoir avoué le meurtre de son amant, mais tout pourrait ne pas être aussi simple ...

Crime passionnel comme le décrit la défense ou assassinat prémédité selon les avocats de la famille Stern, les deux thèses s'affrontent. Comme on pouvait s'y attendre, la partie civile a tenté de noircir l'image de l'accusée et désormais ancienne maîtresse du célèbre banquier, soutenant que la 38e fortune de France a été tuée par une prédatrice et manipulatrice intéressée uniquement par l'argent.

La défense, de son côté, a dressé un portrait sombre du financier, décrit comme un marionnettiste sans sentiment. Les avocats de Cécile Brossard ont ainsi tenté d'expliquer qu'elle a cédé à une pulsion meurtrière pour se soustraire à l'emprise d'un homme pervers et tyrannique.

L'avocat de l'accusée, Me Pascal Maurer considère au contraire que sa cliente a été victime d'un harcèlement moral, d'une relation qui l'a conduite "jusqu'à l'anorexie, à sa dégradation morale et à sa dégradation physique".

La défense estime que "ce qui compte, c'est le comportement d'Edouard Stern dans la relation amoureuse, et nous pensons que l'un a poussé l'autre à bout", a rétorqué le conseiller de Cécile Brossard.

Mais, selon la Tribune de Genève de mercredi, cette affaire pourrait tourner à un "déballage" qui "fait peur à Genève et à Paris". Durant leur liaison, faite de ruptures et de réconciliations, Edouard Stern et son amie ont en effet croisé beaucoup de monde dans les deux villes, voire beaucoup de beau monde ... Des noms du monde politico-financier pourraient apparaître peu à peu. Et les proches du couple, célèbres et moins célèbres, craignent de voir leurs noms sortir dans la presse.

Le nom du philosophe français Pascal Bruckner circule déjà. Il a en effet été appelé à témoigner lors d'auditions ultérieures à huis clos, "pour sa relation personnelle et intime" avec Cécile Brossard, a déclaré l'avocate de la famille du défunt, confirmant des informations révélées par la presse suisse.

Avant d´être assassiné Edouard Stern se trouvait au coeur d´un imbroglio financier mettant en cause Thierry Breton, le ministre de l´Economie et des Finances d'alors : l'affaire Rhodia. Et ce n'était pas la seule affaire dans laquelle d'une manière ou d'une autre l'on pouvait retrouver son nom.

Avec Hugues de Lasteyrie – récemment décédé dans des circonstances “particulières” - Edouard Stern reprochait à Thierry Breton, lorsqu´il était administrateur du groupe pétrochimique, d'avoir couvert une manipulation comptable. L´effondrement du titre avait éveillé les soupçons du banquier Français qui perdit près de 60 millions d´euros avec son fond (IRR) géré depuis Genève.

Stern se disait menacé et avait même obtenu du directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, un port d´arme. Une officine, Sécurité sans frontière (SSF), proche du Ministère de la défense avait reçu un mandat pour constituer un dossier sur lui. Un rapport de douze pages relatives à ses activités financières, sa vie privée, ses amis avait bien été remis à Thierry Breton. Comme dans l'affaire Clearstream, c´est une haute figure du renseignement français qui a supervisé l´opération. Des perquisitions avaient eu lieu au sommet de l´Etat, dans les bureaux de Thierry Breton en juin 2005, au cabinet du ministre de la Défense, Michèle-Alliot-Marie en avril 2006.

Toutes ces coïncidences n´auront sans doute pas échappé aux juges Jean-Marie d´Huy et Henry Pons, puisqu´ils ont en charge les deux dossiers. En décembre, les deux magistrats se sont rendus à Genève pour prendre connaissance des documents récupérés par leur collègue Michel-Alexandre Graber, en charge de l´enquête sur la mort d´Edouard Stern.

Certains journalistes comme ceux de www.fdesouche.com note que si dans l´affaire Clearstream, c´est Nicolas Sarkozy qui est visé, dans la seconde affaire, il s'agit de l´un de ses proches, le nouveau Président n'ayant jamais caché sa proximité avec Edouard Stern.

Contrairement à Nicolas Sarkozy, Edouard Stern avait bien des comptes enregistrés chez Clearstream. Quant aux flux financiers dégagés par la vente des Frégates de Taïwan, il était bien placé pour les voir passer, souligne encore www.fdesouche.com et notamment le livre concernant toute l'affaire – interdit en Suisse à l'origine : Mort d'un Banquier.

Deux chapitres du livre sont consacrés à l'affaire Clearstream. «Comme de nombreux banquiers, Édouard Stern avait un compte chez Clearstream», indique Alain Jourdan, l'un de ses deux auteurs. Selon lui, lors de la parution en 2001 du livre de Denis Robert, Révélations, qui accusait la chambre de compensation luxembourgeoise de blanchiment d'argent, «Stern fut l'un des premiers à se manifester pour savoir qui figurait sur les listes».

“Notre ouvrage donne à la fois beaucoup de détails sur l'affaire criminelle, mais aussi sur le contexte financier et politique du moment», résume Alain Jourdan. «Nous montrons la proximité des liens qui existent entre Stern et Nicolas Sarkozy. Dans la guerre que se livrent alors le clan de Dominique de Villepin et celui de Sarkozy, Stern est clairement du côté du second. Par ailleurs, ils ont tous les deux les mêmes ennemis : certaines officines de la République critiquées par Nicolas Sarkozy sont les mêmes qui opèrent contre Édouard Stern», ajoute-t-il.

Lors de la 1re audience sur le meurtre d'Edouard Stern, l’accusation a reproché aux autorités françaises d’avoir sali le défunt pour défendre les intérêts de l’ex-ministre des Finances Thierry Breton. "Les premiers torrents de boue venaient des officines parisiennes pas trop loin du pouvoir. Parce que Edouard Stern plaidait contre Rhodia, qui n’était pas trop loin du ministre des Finances", avait lancé l’avocat de la famille Stern.

En clair, en donnant au banquier le rôle du manipulateur dans sa relation avec Cécile Brossard, les autorités françaises auraient tenté de salir son image pour décrédibiliser sa position dans l’affaire Rhodia.

Edouard Stern était également l'ami de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Hubert Védrine ou encore de l'ancien premier ministre britannique Tony Blair. Une difficulté supplémentaire pour le juge Michel-Alexandre Graber qui, dès le début de son enquête criminelle, a dû préciser qu'il n'élargirait pas ses investigations aux "affaires franco-françaises". Des sources proches de l'enquête avaient en mars 2005 relaté la découverte de documents «sensibles».

Sources : AFP, La Croix, www.fdesouche.com, "Mort d'un Banquier", Tribune de Genève, 20Minutes

Presses et agences de presse suisses

A lire également :

. H. du Saillant : nouveau décès dans l'affaire Rhodia après Edouard Stern

 

5 Commentaires

  1. 1

  2. 2

    Elisabeth

    des infos supplémentaires
    L'Hebdo 2006
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    Extrait

    En quoi consistent ces «affaires financières»?

    A. J.: Elles n'expliquent pas le meurtre, mais le contexte dans lequel il a été commis. Premièrement, il y a le scandale Rhodia (filiale de Rhône-Poulenc, ndlr) dans lequel Edouard Stern a perdu plusieurs millions d'euros. Au moment de sa mort, il était en procès car il attaquait les administrateurs de ce grand groupe de chimie. Une de ses cibles était Thierry Breton, devenu ministre de l'Economie, des finances et de l'industrie. Le fait de s'attaquer à un membre du gouvernement mettait Edouard Stern en danger, il le savait et l'avait dit à ses proches. Deuxièmement, le banquier Stern était très proche de Nicolas Sarkozy et on entrait en période d'élection présidentielle. Cette proximité en faisait un acteur de la campagne, ce qui pouvait gêner les concurrents du candidat au sein de la droite et du gouvernement.
    *******
    La troisième affaire concerne le contrat Miksa. Au moment où le banquier se fait tuer, on est, à Genève, en pleines négociations tendues autour d'un contrat d'armement énorme, qui porte sur sept milliards de dollars.
    *****
    Dans ce contexte, 900 millions d'euros devaient être distribués en rétrocommissions et les intermédiaires se bagarraient pour le partage de cet argent. Edouard Stern était aux premières loges.

    Quel lien avec le meurtre?

    A. J.: Rien d'établi. Notre thèse n'est pas celle du contrat sur Edouard Stern. Ces affaires n'ont rien à faire avec sa mort, les choses semblent assez claires et la réalité de l'homicide est simple. Mais plusieurs membres du gouvernement actuel n'ont pas intérêt à ce que des détails sortent sur les affaires dans lesquelles baignait le banquier à cette époque de sa vie.

  3. Elisabeth Studer

    3

    Elisabeth Studer

    On en reparle au plus tot, c'est TROP gros !
    annonce faite comme il se doit, une veille de jour férié en France
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    La meurtrière du banquier Edouard Stern a été libérée mercredi
    GENEVE - La Française Cécile Brossard a été libérée mercredi, alors qu'elle avait été condamnée l'année dernière à huit ans et demi de prison pour le meurtre de son amant le banquier Edouard Stern lors d'ébats sado-masochistes à Genève, a indiqué à l'AFP l'un de ses avocats.

    Selon Me Alec Reymond, "elle est sortie ce matin de Riant-Parc", une maison d'arrêt installée dans une villa à l'aspect cossu qui accueille des femmes en régime de semi-détention ou en semi-liberté.

    Cécile Brossard, incarcérée en mars 2005, peu après la mort du financier, fait l'objet d'une interdiction d'entrée sur le territoire suisse, prononcée par les autorités fédérales, pour une "période de dix ans", selon son avocat.

    Début novembre, Me Alec Reymond, avait expliqué à l'AFP que sa cliente allait "sortir en novembre, après avoir purgé les deux tiers de sa peine" suite à une décision rendue par un tribunal genevois qui a estimé que Mme Brossard "se comportait bien".

    Il avait souligné qu'à sa libération Mme Brossard comptait partir vivre en France, où se trouvent ses amis et sa famille.

    Dans un courriel envoyé lundi à l'AFP, Cécile Brossard explique avoir pris "par respect pour la mémoire d'Edouard Stern et de sa famille (...) la ferme décision de ne faire aucune déclaration ni sur l'affaire, ni sur sa détention, ni sur ses projets".

    Elle "incite ainsi les journalistes et les médias à s'abstenir de chercher à l'atteindre ou à l'interviewer."

    Selon le quotidien Le Parisien, Mme Brossard a bénéficié d'un congé de fin de peine afin d'anticiper de quelques jours sa libération en toute discrétion.

    A sa sortie, elle a été accompagnée par sa soeur chez qui elle devrait résider quelque part en région parisienne, a précisé le journal.

    Durant sa détention, la meurtrière du banquier avait été affectée aux cuisines de l'établissement et elle avait été autorisée à sortir pour de courtes périodes qui se sont allongées progressivement jusqu'à sa mise en liberté conditionnelle.

    Cécile Brossard avait tué son amant de quatre balles, tirées à bout portant, le 28 février 2005. En mars 2010, elle avait été transférée de la prison pour femmes d'Hindelbank, dans le canton de Berne, à l'établissement pénitentiaire de Riant-Parc.

    Lors de sa condamnation, les jurés de la Cour d'assises de Genève avaient souligné le caractère "particulièrement lâche" du meurtre commis par Mme Brossard sur un homme désarmé, mais avaient tenu compte des "regrets profonds" de l'accusée, de son "enfance difficile" et du comportement "humiliant, harcelant et cruel par moments" de son amant avec qui elle entretenait une "liaison tumultueuse".

    (AFP / 10 novembre 2010 19h24)


  4. 4

    Dadounet

    > On en reparle au plus tôt, c'est TROP gros !
    Qu'est-ce qui vous étonne ?
    Ce n'est pas grave de tuer quelqu'un, du moment que ce n'est pas par antisémitisme - en tous cas c'est ce à quoi on arrive après quelques décennies de délire.

  5. 5

    Ernst Laub

    Qui veille à la sécurité de Madame Cécile Brossard? Elle sait trop et aurait eu droit à l'asile en Suisse!

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