Afghanistan : la France refuse de financer les Awacs de l'Otan

Awac_nato_otanProblème de caisse vide ou revirement pour le moins “pragmatique” de Nicolas Sarkozy ?

Alors que le déficit budgétaire de la France s'accroit et que le gouvernement est critiqué pour son engagement militaire en Aghanistan, le ministère allemand de la Défense a indiqué vendredi que Paris avait refusé de participer aux frais de déploiement des Awacs de l'Otan pour la surveillance aérienne de l'Afghanistan. La raison de la décision française est financière, a précisé un porte-parole à Berlin, alors que l'Allemagne fait le forcing pour contraindre la France à financer le déploiement de cinq avions Awacs de l'Otan en vue de lutter contre les talibans.

Après ce refus au niveau du Comité militaire des chefs d'état-major de l'Otan, le dossier pourrait être prochainement soumis aux ambassadeurs des 26 pays de l'Alliance siégeant au Conseil de l'Atlantique nord. "La discussion continue", a indiqué la porte-parole adjointe de l'Otan Carmen Romero.

Au siège bruxellois de l'Otan, un responsable a tenu à préciser que "le différend porte sur les modalités du financement", ce qui est nettement différent de la volonté de financer, qui ne semble pas être remise en cause par Paris. Dossier épineux alors que moult garnisons de France et de Navarre doivent prochainement fermer leurs portes.

La France refuserait de participer aux frais du déploiement des Awacs appartenant à l'Otan, dont les 17 appareils E-3A, fabriqués par Boeing, basés à Geilenkirchen (ouest de l'Allemagne), et qui appartiennent à un pool de 16 pays. Paris et Londres ne sont pas copropriétaires de ces appareils car l'armée de l'air française et la Royal Air Force disposent de leurs propres flotte d'avions d'alerte.

Paris reconnaît que, sans être essentiel, le déploiement des Awacs permettrait de mieux coordonner les missions de surveillance aérienne des drones et les interventions des avions en soutien aux troupes au sol notamment.

Mais pour les Français, il ne figure pas en tête des priorités qui sont plutôt l'envoi d'hélicoptères, de drones et de moyens de protection supplémentaires des soldats sur le terrain.

Actuellement en Afghanistan, les troupes de l'OTAN disposent d'une supériorité aérienne totale, mais c'est apparemment le commandement local qui aurait demandé à disposer de ces avions. Paris n'est pas opposé par principe au déploiement mais conteste son urgence, ses modalités et surtout son coût qualifié d' "exorbitant". On considère dans la capitale française que le coût annuel du déploiement de ces AWACS serait compris entre 100 et 150 millions d'euros (soit plus du tiers du budget de l'ISAF), alors que SHAPE, l'état-major de l'OTAN, n'annonce que 82 millions d'euros. Ce budget ne comprend pas le coût des indispensables avions ravitailleurs, ni le prix des heures de vol de transit entre les bases du Golfe persique qui hébergeraient ces avions, et le théâtre afghan.

Pourtant, la Défense – française - figure parmi les priorités affichées du budget 2009 de l'Etat, avec 5,4% de crédits supplémentaires pour 2009, la deuxième plus forte progression derrière celle de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (+6,5%).

"En dépit d'un contexte économique et budgétaire difficile, le gouvernement et le président de la République ont tenu leurs engagements" et fait de la Défense "une des grandes priorités du pays", s'est félicité le ministre Hervé Morin, parlant d'une "satisfaction politique réelle".

Doté de 32 milliards d'euros (hors pensions), le budget 2009 est la première traduction financière d'un vaste train de réformes conduit depuis un an au prix d'importantes restructurations et baisses d'effectifs. Ces réformes seront inscrites dans la durée par une nouvelle Loi de programmation militaire (LPM) 2009-2014, qui doit être soumise d'ici à la fin de l'année au Parlement pour être votée début 2009. L'objectif principal était de résorber une "bosse budgétaire" de quelque 16 milliards d'euros sur trois ans, constituée de programmes d'armement commandés ces dernières années mais non financés.

Conformément à une promesse de Nicolas Sarkozy et de M. Morin, Bercy a réaffirmé vendredi que "toutes les économies réalisées" grâces à ces restructurations seraient "réinvesties au sein du ministère". Celui-ci bénéficiera en outre de 1,637 milliard d'euros de ressources budgétaires exceptionnelles, produits de cessions d'actifs immobiliers et de fréquences radio.

Autre caractéristique de ce budget: une hausse de plus de 10% des crédits d'équipement portés à 17 milliards d'euros (15,4 mds en 2008). Outre les livraisons prévues en 2009 (14 Rafale, 8 hélicoptères Tigre...), elle doit permettre de passer de nouvelles commandes pour la décennie à venir (60 Rafale, 332 véhicules blindés de combat d'infanterie, un deuxième sous-marin d'attaque Barracuda, trois frégates multimissions...). Parmi les autres priorités de ce budget, le "maintien en condition opérationnelle" du matériel profitera d'un coup de pouce significatif (+8% à 2,9 mds d'euros) tout comme les moyens consacrés aux opérations extérieures (510 millions d'euros contre 460 en 2008).

Sources : AFP, Le Point

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1 Commentaire

  1. 1

    Marco

    Bonjour je suis québécois, je n'aimais pas du tout la politique de Sarko, mais depuis la crise en Géorgie, il m' étonne. S'éloigner des USA, est une bonne chose, nous on les a comme voisin, c'est plus difficile.

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