Non ceci n'est pas une blague ! Un nouveau signe de l'hypocrisie manifeste qui prévaut dans ce bas monde ? Qui sait ....
Devant faire face cet été à des problèmes de sécheresse, l'Iran a vu le niveau de sa récolte de blé insuffisante pour nourrir sa population.
La solution adoptée ? Téhéran s'est alors tourné vers les Etats-Unis, un des premier producteurs de céréales de la planète. Enfin, c'est ce qu'affirment les USA, l'Iran ayant adressé un démenti à ce sujet. Alors, qui croire ?
Si l'on en croit la presse américaine, ce n'est certainement pas avec gaieté de coeur que l’Iran s’est tourné vers le “grand satan américain” pour se fournir en blé : les dernières importations iraniennes de blé américain remontaient à la campagne 1981/82, alors que Téhéran, cherche à atteindre l’autosuffisance agricole.
Selon un rapport du ministère américain de l’Agriculture (USDA) publié la semaine derniere, l’Iran a acheté environ 1,18 million de tonnes de blé dur aux États-Unis depuis le début de la campagne 2008/09, en juin. Ce chiffre, qui ne cesserait d’augmenter au fur et à mesure qu’avance l’été, représenterait déjà presque 5 % des exportations américaines annuelles prévues par l’USDA. Vous avez bien lu : 5 % !!!
Les analystes anglo-saxons tentent d'expliquer le deal – qui pourrait tout de même remporter la médaille d'or de l' hypocrisie – en arguant que les États-Unis s'avèrent être “un des meileurs endroits” pour s'approvisionner, compte-tenu de sa prédominance sur le marché du blé. Ils notent ainsi que la récolte américaine a été la première disponible sur les marchés, avant l’Union européenne, la Russie et l’Ukraine, et bien avant l’Australie, où la moisson ne débute que dans plusieurs mois.
Les experts estiment que la production de blé de l’Iran devrait se limiter à environ 10 millions de tonnes cette année, contre des besoins de 15 millions de tonnes.
Malgré les sanctions croissantes imposées à l’Iran par les pays occidentaux pour tenter de le contraindre de suspendre son programme d’enrichissement nucléaire, ces exportations, comme celles de produits médicaux, sont "légales et encouragées", a indiqué un porte-parole du département d’État américain, Robert McInturff. Elles nécessitent cependant une autorisation du Trésor, en vertu d’une loi adoptée en 2000 par le Congrès américain, le Trade Sanctions Reform and Export Enhancement Act (TSRA).
"L’idée, c’est de distinguer les sanctions contre le gouvernement iranien de celles qui impliqueraient le peuple iranien", a brillament expliqué M. McInturff.
Selon les analystes, Téhéran aurait pu toutefois s'approvisionner auprès d'un pays intermédiaire, comme la Syrie, pour importer du blé américain sans que la transaction n’apparaisse dans les statistiques.
Mais certains n'hésitent pas à affirmer que plus que l'opération elle-même, c'est le message véhiculé qui est important , Téhéran pouvant cherchant à démontrer à sa population qu’elle n’est pas affectée par les sanctions. Certes, certes ...
Toutefois, le ministre iranien du Commerce Masoud Mirkazemi a démenti les récentes allégations affirmant que son pays a importé du blé des Etats-Unis, a rapporté dimanche la chaîne de télévision iranienne Press TV. "Nous achetons du blé du Canada et de plusieurs pays européens, mais il n'y a pas d'importation directe des Etats-Unis", a affirmé M. Mirkazemi. Tout est dans le terme "direct" peut-être ...
Certes, Téhéran a annoncé les projets d'importer un million de tonnes de blé par mois en septembre, octobre et novembre pour compenser la chute de la production céréale du pays. La production du blé de l'Iran a diminué de 20 % pour glisser au plus base niveau depuis six ans, selon la chaîne Press TV.
Sources : AFP, Xinhua, RFI

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