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Géorgie/Russie : bataille des pipelines Nabucco contre South Stream

Nabucco_pipelineNous y voilà ...S'il est clair qu'une grande partie de l'enjeu du conflit Géorgie/Russie est liée au transit des hydrocarbures, et la volonté occidentale de s'affranchir de la main-mise du Kremlin sur ses approvisionnements en pétrole et gaz, c'est tant les voies actuelles d'acheminement des ressources énergétiques – telles que le BTC notamment – que les voies futures qui sont visées.

Où l'on débouche sur la bataille entre USA/UE d'une part et Russie de l'autre : projet gazoduc Nabucco contre gazoduc South Stream.

Certes, le contexte actuel en Géorgie "ne change rien aux plans du futur gazoduc Nabucco", qui contournera le territoire russe, a indiqué le responsable du consortium chargé de sa construction. Mais de tels propos semblent plutôt relever de la méthode Coué, si l'on observe avec quel zèle la Russie tente depuis des mois de plomber le projet ... qui pourrait affranchir “ses esclaves” ....

A moins que le choeur des pays partenaires de Nabucco ne s'élève à l'unisson ...

Dans une interview à l'hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche publié jeudi, Reinhard Mitschek se montre confiant, estimant que le conflit entre la Géorgie et la Russie "n'a pas de conséquences pour le calendrier, qui prévoit le début de la mise en service du gazoduc pour 2013".

"Des problèmes qui apparaissent à court terme peuvent disparaître également à court terme, et ils n'ont pas de répercussions sur des projets comme le nôtre", selon lui.

"Les producteurs et les acheteurs européens du gaz naturel qui sera acheminé par Nabucco, concluent leurs accords entre eux, et la Russie n'a aucune influence là-dessus", poursuit-il, en réponse à une question sur d'éventuelles entraves russes.

"En outre, nous avons toujours redit que nous ne voyons aucun problème à transporter aussi du gaz russe", suggère M. Mitschek.

Répondant à des arguments fournis par des experts, doutant de l'impérieuse nécessité de Nabucco du fait de la concurrence avec le projet italo-russe South Stream, M. Mitschek assure que la croissance de la demande annuelle européenne de gaz "crée des besoins suffisants pour plusieurs gazoducs, dont South Stream et Nabucco".

Construit par les groupes autrichien OMV, hongrois MOL, roumain Transgaz, bulgare Bulgargaz, turc Botas et allemand RWE, ce projet paneuropéen, conçu pour diminuer la dépendance de l'Europe au gaz russe, doit acheminer le gaz de la Caspienne vers l'Autriche à travers la Turquie et les Balkans sur une longueur de 3.300 kilomètres. Une de ses branches démarrerait à la frontière turco-géorgienne.

Nabucco espére capter au passage le gaz turkmène en reliant le Turkménistan et l’Azerbaïdjan par un gazoduc à travers la mer caspienne et serait connecté aux réseaux existants qui traversent le Caucase jusqu’à la Turquie, comme la ligne Bakou-Tbilissi-Ceyhan.

Mais la Hongrie s’inquiète des récentes négociations entre Moscou et les deux capitales azerbaïdjanaise et turkmène sur le prix de leurs livraisons de gaz à la Russie qui pourrait mettre en danger le projet Nabucco. Les responsables de ce dernier n’ont eu que des promesses de livraisons de Bakou et Ashkhabad et sont toujours à la recherche d’autres fournisseurs.

Fin juillet, le géant gazier russe Gazprom a accepté de payer plus cher, à partir de 2009, le gaz qu'il achète au Turkménistan, sans préciser l'ampleur de cette hausse.

Achkhabad réclamait le passage à un tarif "de marché" pour son gaz, soit plus du double des 150 dollars pour 1.000 m3 que Moscou s'est engagé à payer au second semestre 2008. Une visite début juillet du président russe Dmitri Medvedev au Turkménistan n'avait pas permis de trouver un accord sur ce point.

Le texte retient "des principes de marché dans la formation des prix dans le cadre de contrats à long terme pour l'achat du gaz au Turkménistan".

Gazprom a par ailleurs indiqué qu'il allait investir dans des projets gaziers au Turkménistan. "Des accords ont été conclus sur le financement et la construction par Gazprom de nouveaux gazoducs principaux à partir de l'est du pays, l'aménagement des gisements et l'augmentation de la capacité du tronçon turkmène du gazoduc de la Caspienne jusqu'à 30 milliards de mètres cubes", selon un communiqué.

Aucun calendrier n'est pour l'instant prévu pour la mise en chantier de ce gazoduc, qui doit relier le Turkménistan à la Russie via le Kazakhstan, alors qu'en vertu d'un accord initial signé en décembre 2007, les travaux doivent s'achever fin 2010.

Face au “danger”, le gouvernement hongrois souhaitait dès la mi-juillet "accélérer le processus de préparation de l’accord intergouvernemental qui créera un cadre légal unifié pour le gazoduc". La Hongrie, qui a présenté un avant-projet pour cet accord en février dernier espère que le document définitif pourra être paraphé d’ici la fin 2008.

Car, sans l’accès au gaz turkmène, la viabilité du projet Nabucco est sérieusement remise en cause.

Nabucco2En dépit de ses liens resserrés avec la Russie, le Turkménistan, une ancienne république soviétique d'Asie centrale, insiste par ailleurs sur le fait qu'il entend également participer à des projets concurrents avec l'UE. Laquelle encourage le Turkménistan à se défaire du quasi-monopole dont Moscou dispose sur les voies d'exportation du gaz turkmène.

Et puis, sans Nabucco, la stratégie américaine qui cherche à réduire la dépendance de l’Europe par rapport aux sources d’énergie russes est grandement mise à mal.

A moins que Nabucco ne soit alimentée par des sources du Moyen-Orient ... l’Iran en particulier.

La construction du gazoduc South Stream est quant à elle assurée par l'italien Eni et Gazprom. Le pipeline passera par le fond de la mer Noire entre les côtes russe et bulgare et se dirigera ensuite vers les pays d'Europe centrale et du Sud. Le rendement prévu du gazoduc est d'environ 30 milliards de m3. La mise en service du tronçon maritime est prévue pour 2013. La Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Grèce ont déjà accepté de participer au projet.

Au cours de sa rencontre avec le ministre italien du Développement économique Claudio Scajola, le ministre russe de l'énergie, Sergueï Chmatko a déclaré que South Stream était un "projet très intéressant, dont le coût est évalué à 20 milliards de dollars". Au début de l'année, les évaluations préalables du coût du projet citées par le directeur général d'Eni, Paolo Scaroni, étaient bien plus modestes. La somme totale des investissements dans le gazoduc avait été estimée alors à plus de 10 milliards de dollars.

M. Chmatko a fait remarquer que les atermoiements dans l'adoption de décisions concernant ce projet influaient directement sur son coût et sa réputation. Pour accélérer la prise de décisions, le ministre russe a proposé de créer un groupe chargé d'effectuer un monitoring commun de la mise en oeuvre du projet. Il a souligné que le ralentissement de sa réalisation influait directement sur son coût.

Selon Mikhaïl Kortchemkine, directeur de la société de conseil East European Gas Analysis, le gazoduc Nabucco coûtera 30 à 40% moins cher, par conséquent, les frais de transport du gaz par Nabucco seront inférieurs à ceux du South Stream, et l'itinéraire passant par la Turquie pourrait devenir plus avantageux pour l'Azerbaïdjan.

Source : AFP, Armenews, RBC Daily, Ria Novosti

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Commentaires

Iran et Nabucco

16 août 2008 00:04:45

Gazoduc Nabucco: pas de menace pour les pays tiers (diplomatie iranienne)

28/01/2008 16:23 TEHERAN, 28 janvier -

RIA Novosti.

La coopération énergétique entre l'Iran et les pays européens n'est pas dirigée contre des pays tiers, a déclaré lundi aux journalistes le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki.

"L'Iran cherche à renforcer sa coopération avec l'Europe, y compris dans les domaines du pétrole et du gaz.

La construction d'un gazoduc reliant l'Iran à l'Europe figure depuis longtemps dans les plans des dirigeants iraniens", a répondu le ministre, interrogé sur ses affirmations selon lesquelles l'Iran avait l'intention de s'associer au projet Nabucco.

En visite en Bulgarie la semaine dernière, M. Mottaki avait annoncé que Téhéran était prêt à acheminer son gaz naturel par le gazoduc Nabucco, conçu pour relier le bassin de la Caspienne à l'Europe sans passer par la Russie.

"L'Union européenne souhaite diversifier les sources de production de gaz et les itinéraires de son transport. Dans cette optique, le projet Nabucco constitue l'un des axes possibles de la coopération énergétique entre l'Iran et l'UE", avait affirmé le chef de la diplomatie iranienne cité par les médias internationaux.

"Mes déclarations faites en Bulgarie au sujet du gazoduc Nabucco ont été mal interprétées. Ce projet n'est pas dirigé contre un pays tiers", a souligné M. Mottaki, ajoutant que Téhéran était libre de pratiquer une politique indépendante en matière de coopération énergétique, "à l'instar des autres pays exportateurs de gaz, dont la Russie et l'Algérie".

Parmi les fournisseurs potentiels de gaz figurent le Turkménistan, le Kazakhstan, l'Azerbaïdjan et la Russie.

Le tronçon occidental du gazoduc commencera à la frontière Ouest de la Géorgie et traversera la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l'Autriche.
Il est également prévu de lui raccorder un embranchement Sud venant d'Irak, des pays du Golfe et, peut-être, d'Iran.


manu2

16 août 2008 09:19:38

Tres interessant..Au fait, pas un mot sur la peninsule de Bakassi?


Elisabeth

16 août 2008 21:41:25

si, si ca arrive :)


bob

18 août 2008 19:04:43

A vouloir chercher querelle aux Russes, les Georgiens vont réussir à faire serrer les mains des Russes et de Iraniens sur une future frontiére commune.

N'oublions pas qu'il n'y a que 300 km de plaine entre la Russie et l'Iran.


Elisabeth

19 août 2008 11:04:30

de + , j'en reparle ce soir,

volonte de Chavez et de poutine de s'accorder ensemble + avec Iran autour d'une Opep du gaz .... et soutien militaire Venezuela/Russie ...


Elisabeth

19 août 2008 11:07:28

petit rappel

Venezuela, Iran, Russie:OPEP du gaz et alliance militaire ?


reponses souhaitées

19 août 2008 19:03:33

Elisabeth,

Merci par avance de répondre aux 2 questions ci-dessous :

1/ Croyez vous vraiment que les 10 bcm de Nabucco (30 bcm en seconde phase) "affranchiront" un jour l'UE du gaz russe ???? (importation UE27 > 200 bcm)

2/ A propos de "l'OPEP du gaz" : croyez vous que Gazprom ait l'intention de se brider dans un cartel pour repondre aux attentes et voeux de producteurs "nains" (en comparaison), sachant que le Qatar n'en veut pas et que l'Iran ne produit pas (en comparaison à son potentiel) ???



Elisabeth

19 août 2008 22:29:04

1/ Croyez vous vraiment que les 10 bcm de Nabucco (30 bcm en seconde phase) "affranchiront" un jour l'UE du gaz russe ???? (importation UE27 > 200 bcm)

s'il y a une "alternative" à la voie russe, la Russie ne devrait plus être en situation de quasi-monopole, devant allant revoir ses "exigences"


réponses souhaitées

19 août 2008 23:23:56

Elisabeth,

L'UE27 est à +de 200bcm/an de gaz russe et la tendance est annoncée exponentielle (+ou-300bcm en 2020).

Au même moment (en 2020 donc) le Nabucco fournira 30bcm au mieux à l'UE27. Il est bien précisé "au mieux" car pour le moment on est à 10bcm, et il est très probable (cf question du statut de la Caspienne) qu'il n'y aura pas de gaz venant du Turkménistan.

Donc, vous pensez vraiment qu'un géant comme Gazprom se sentira à ce moment là "menacé" par la concurrence (votre "alternative") au point de revoir à la baisse ses exigences ?

Je vous donne mon avis : pour que Gazprom se sente dans l'obligation de revoir ses exigences, il faudrait que l'UE27 soit en mesure de se défaire d'au moins 50% du gaz russe. On est (et sera) très loin du compte...

J'attends votre réponse d'expert sur ma 2ème question.


Elisabeth

19 août 2008 23:37:50

"A propos de "l'OPEP du gaz" : croyez vous que Gazprom ait l'intention de se brider dans un cartel pour repondre aux attentes et voeux de producteurs "nains" (en comparaison), sachant que le Qatar n'en veut pas et que l'Iran ne produit pas (en comparaison à son potentiel) ???"

A mon avis, apparait sur le sujet surtout un DISCOURS plus qu'une volonté concrète, mais je pense qu'un trio se forme : Iran, Venezuela, Russie contre les USA, avec soutien militaire à l'appui

et que les 3 pays vont chercher à "intimider" le monde via arme du gaz et menace verbale militaire ...


réponses souhaitées

20 août 2008 00:53:56

Quel rapport avec le sujet ?!?
Vous mélangez tout !



Elisabeth

20 août 2008 01:00:12

peut-être mais alors , je suis tres loin d'être la seule ... :)


réponses souhaitées

20 août 2008 01:19:01

Je salue votre dernière remarque. Courage et panache !
Vous avez ma sympathie miss Studer ...


Elisabeth

20 août 2008 01:28:17

merci et bonne nuit !

:-)


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