BP/Enbridge : oléoduc Canada/Texas pour transit des sables bitumineux

CanadasablesbitumineuxLe groupe pétrolier britannique BP a annoncé vendredi avoir signé un accord avec le canadien Enbridge, spécialisé dans les oléoducs.

Leur objectif commun : créer une infrastructure permettant de transporter le pétrole brut canadien – et particulièrement les sables bitumineux de l'Alberta - jusqu'aux raffineries du Texas.

Le projet devrait en effet permettre aux producteurs canadiens d'exporter à un prix compétitif leur brut jusqu'au coeur de l'industrie pétrolière américaine. Les sociétés produisent maintenant plus d’un million de barils de pétrole par jour à partir des sables bitumineux, et cette production s’accroît constamment.

Le réseau, qui s'appuiera en partie sur des oléoducs existants, devrait entrer en service en 2012, avec une capacité de transport de 250.000 barils par jour, ont indiqué les deux groupes dans un communiqué.

Il reliera le terminal de Flanagan, dans l'Etat américain de l'Illinois, et les ports pétroliers de Houston et Texas City, traversant ainsi les Etats-Unis du Nord au Sud. Il sera également connecté au terminal de Cushing, dans l'Oklahoma, qui est relié aux gisements pétroliers du Midwest, qui l'alimenteront en partie.

Albertacanada_oil_sands_map  La mise en place de cette infrastructure coïncidera avec le développement prévu de la production pétrolière en Alberta, soulignent les deux partenaires, et complètera d'autres initiatives d'Enbridge, comme le projet Trailbreaker, qui vise à transporter le brut canadien par bateaux depuis le Maine, sur la côte nord-est des Etats-Unis, jusqu'au golfe du Mexique.

A noter que les sables bitumineux constituent l'une des plus grandes richesses de pétrole au monde. L’Alberta est ainsi en train de devenir le nouvel émirat pétrolier du XXIe siècle. Au nord de cette province, a été découvert le deuxième gisement pétrolier au monde après l’Arabie Saoudite. La taille du gisement serait équivalente à la surface de la Californie.

Les sables bitumineux recèlent ainsi 173 milliards de barils exploitables sur 141 000 km2 de forêt boréale (un quart de la France).

Le brut de l’Alberta, intimement mêlé au sable, revient cher à produire : 15 à 20 dollars le baril, contre 5 pour le pétrole saoudien. Mais, les améliorations techniques ont fait baisser les prix: en 1984, il fallait dépenser 32 dollars pour extraire un baril de pétrole. Quand le baril de pétrole flambe, cela devient très rentable.

Toutes les majors de la planète - Exxon, Chevron, Shell, BP, Total, les Chinois de CNOC et Sinopec sont d'ores et déjà présents, et à l’affût de nouvelles concessions. Total a prévu d’investir 7 à 10 milliards d’euros d’ici à dix ans. «En 2020, nous devrions produire environ 250 000 barils par jour en propre, explique Michael Borrell, patron de Total Canada. Probablement un petit 10% de la production globale du groupe à cette date.»

Mais plusieurs ombres au tableau : la transformation des bitumes en pétrole est très « énergivore » et nécessite une grand quantité d’eau. L'exploitation du bitume incite donc à puiser dans les cours d'eau; elle met ainsi en péril l'irrigation du sol et conduit à l'assèchement de la nappe phréatique.

Après transformation, les eaux usées sont chargées de métaux lourds, de solvants tels que du mercure, de l'arsenic, du méthane ou encore du benzène.

30% des émissions de gaz à effet de serre du Canada proviennent de la province pétrolière de l’Alberta. D’ici 2010, le taux avoisinera 50%. Coté environnement, une catastrophe écologique sans précédent est donc en cours.

Mais le Canada a LA solution : ses lois environnementales actuelles pourraient être assouplies ... pour faciliter l’exploitation pétrolière. Pourtant, la destruction de la forêt boréale, l’impact sur les milieux aquatiques et sur les populations amérindiennes sont incontestables et avérés. Mais ces dernières pourraient elles aussi trouver intérêts à "profiter" de la manne pétrolière quitte à en laisser la santé, vorie même pire ....

 

1 Commentaire

  1. 1

    manu2

    Ouais, entre ça et le utra-deep, l'avenir de l'or noir n'est pas aussi sombre qu'on veut nous le faire croire, apportant avec lui tous ses dérives...

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée