Selon les informations communiquées mardi auprès d'un ministre du sud-Soudan et d'un responsable du groupe Total, le groupe pétrolier français vient de déployer une base dans cette région.
L'exploration pourrait débuter avant la fin 2008 sur une vaste zone.
Selon le ministre sud-soudanais de l'Energie, John Luk, Total aurait ainsi monté une base et y déploirait actuellement des équipements. Mais pour ce ministre du gouvernement semi-autonome du sud-Soudan, le début des opérations d'exploration n'est pas pour demain. "Une fois l'argent réuni, le budget bouclé, cela prendra encore quelques mois. Après octobre, ils (Total) commenceront à bouger", a-t-il a déclaré.
Le directeur des relations extérieures exploration-production de Total, Jean-François Lassalle, a confirmé à qu'une "base était installée" à Bor, la capitale de l'Etat de Jongleï, à 100 km au sud de Khartoum.
Quelques points demeurent à régler : en particulier le bouclage du nouveau consortium et la sécurité des activités du groupe. Le meilleur scénario est celui d'un lancement des opérations au dernier trimestre 2008 et de grandes découvertes dans les années à venir, selon M. Lassalle.La production, en cas de découvertes, ne devrait pas pouvoir démarrer avant une période de 4 à 6 ans, d'après lui.
Début mai, une délégation de la compagnie pétrolière française Total , composée de deux personnes du siège à Paris en charge du dossier soudanais, ainsi que de Nicolas Brunet , directeur de Total-Soudan , s'est rendue à Khartoum.
La major française, quatrième mondiale, avait obtenu en 1980 un contrat d'exploration d'un immense bloc, dit "B", de 118.000 km2, dans la région de Jongleï. L'activité, qui s'était bornée à des travaux sismiques, avait été suspendue en 1984 en raison de la guerre civile entre le Nord et le Sud qui dura deux décennies, jusqu'à l'accord de paix (CPA) de janvier 2005.
Une commission nationale pétrolière formée par le régime de Khartoum et les ex-rebelles du sud a confirmé il y un an Total dans ses droits, recadrés dans un contrat de 25 ans assorti d'obligations de développement durable.
Un partenaire américain, Marathon, s'est retiré - en application du boycottage décrété par Washington - nécessitant une recomposition du consortium initial. Dans la configuration prévue, Total conservera 32,5%, la société koweïtienne Kulpec aura 27,5% (+ 2,5%), la compagnie nationale soudanaise Sudapet 10%, une entité sud-soudanaise à créer, Nilepet, devant avoir 10%.
Restent 20% pour un partenaire qui devrait être la compagnie Mubadala Development, société d'investissement du gouvernement d'Abou Dhabi, selon des sources proches du dossier.
Placé par les Etats-Unis dans sa liste de pays soutenant le terrorisme, le Soudan, qui hébergea Oussama Ben Laden, est aussi sanctionné par la communauté internationale et fustigé par les opinions occidentales, en raison du conflit du Darfour, dans l'ouest du pays, qui a éclaté en 2003. Pour désamorcer les critiques, Total a ouvert un dialogue avec des ONG internationales, comme la Sudan Desinvest Task Force (SDTF).
"Notre présence doit clairement bénéficier aux populations du Sud Soudan qui sortent d'une longue guerre en contribuant à la paix, au développement, aux droits de l'Homme et à la démocratie", a affirmé M. Lassalle.
Selon lui, des engagements ont été pris en ce sens, ce qu'admet SDTF qui n'a pas classé, jusqu'à présent, Total dans sa liste des compagnies "hautement coupables" à boycotter, en particulier par les fonds de pension américains.
Mais une autre épreuve pourrait attendre Total : celles des fonds de pensions américain qui, en vertu du "Sudan Divestment act" adopté par le Congrès fin 2007, pourraient vendre leurs intérêts dans Total, avec un effet négatif sur le cours de l'action. "C'est un souci et nous le traitons dans la transparence" a assuré M. Lassalle.
Les pionniers occidentaux, comme Exxon ou Shell, ont déserté en 1990 le Soudan où la compagnie chinoise publique CNPC s'est taillé la part du lion, suivie par la malaisienne Petronas ou l'indienne ONGC.
Quatrième producteur africain, le Soudan produit aujourd'hui 500.000 barils par jour, dont 400.000 sont exportés, à 80% vers la Chine.
Source : AFP, Africa Intelligence

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Achat fort sur total, objectif 57€
02 juillet 2008 à 19:29Ajoutez un commentaire
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