UE/Industrie : les normes environnementales engendreraient perte de compétitivité et délocalisation

Co2renault

Les normes environnementales de l'Union européenne affecteront la compétitivité des industriels européens et les inciteront à délocaliser si le reste du monde n'adopte pas des réglementations aussi exigeantes, estime l'institut Coe-Rexecode dans une étude publiée jeudi, à l'occasion de la Journée européenne de l'Industrie.

Pour rappel, en vue d’atteindre son objectif de réduction de ces émissions de 20% à l'horizon 2020, la Commission européenne envisage de rendre payants les quotas d'émissions alloués aux industriels, à travers un système d'enchères qui pourrait rapporter 30 à 80 milliards d'euros selon des experts.

Mais de nombreuses industries estiment qu'un tel système leur coûterait chaque année plusieurs centaines de millions d'euros et brandissent "l’arme" de la délocalisation ….

Pour Coe-Rexecode, les politiques environnementales européennes, "si elles restent isolées, n'auront pas un impact très important sur les conditions globales environnementales". "Cela sera même une source d'affaiblissement de la compétitivité de l'Europe comme lieu d'implantation des activités industrielles", prévient l'institut.

Pour lui, "le coût additionnel des contraintes environnementales doit être partagé au niveau mondial. Autrement, cela pourrait conduire à une relocalisation de certaines activités dans d'autres lieux où les réglementations sont plus tolérantes qu'en Europe", souligne-t-il.

Environ 12.000 industriels bénéficient aujourd'hui de quotas d'émissions alloués gratuitement par la Commission européenne. Un système qui permet aux entreprises les plus polluantes d'acheter des droits d'émissions supplémentaires auprès des entreprises les moins polluantes. Mais ce dispositif pourrait disparaître en 2013.

Alors que la France prenait la présidence de l'Union européenne mardi, l'Union des industries chimiques (UIC) françaises a dévoilé l’estimation du coût de la mesure envisageant le paiement des quotas de CO2 : 1 milliard d'euros annuels pour les 96 sites chimiques les plus polluants de France.

Pour son homologue allemande, la VCI, cela coûtera "plus d'un milliard d'euros" par an dès 2013, et "près de deux milliards" d'ici 2020. Aux Pays-Bas, les industriels de la chimie (3% du PIB), évoquent un surcoût annuel d'au moins un demi-milliard.

De par son coût, ce nouveau système aurait l'inconvénient de plomber la compétitivité des industriels européens face à leurs concurrents en Asie, aux Etats-Unis et au Moyen-Orient, où un tel dispositif n'existe pas, font valoir les industriels.

"Nous adhérons totalement aux ambitions de Bruxelles. Mais il faut tenir compte du fait que notre industrie est extrêmement soumise à la concurrence internationale", souligne le président de l'UIC, Bernard Chambon.

Afin que les industries européennes préservent leur compétitivité, Coe-Rexecode propose notamment que "le calendrier" des éventuelles évolutions des réglementations soit "connu", car "il peut être coûteux et contreproductif pour les entreprises européennes de devoir toujours s'adapter à des règles du jeu mouvantes".

Toutefois, les politiques environnementales européennes pourraient constituer "une opportunité" pour les industriels, en permettant "l'apparition de nouvelles technologies sur lesquelles l'Europe doit bâtir un avantage compétitif afin d'être un acteur de référence", souligne l'étude.

L'industrie européenne pourra faire face à une concurrence mondiale accrue si elle se positionne "sur les marchés de niche, dans des activités industrielles avancées" (textile haut de gamme, pharmacie) ou à forte valeur ajoutée, "dans lesquelles elle a développé un leadership technologique" (chimie, moteurs économes en énergie ou les produits chimiques), estime encore l'institut.

L'institut juge toutefois "exemplaire" l'ambition de l'Europe en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dont le CO2.

L'étude plaide par ailleurs pour le développement de partenariats public-privé et une "coopération transnationale" entre entreprises à travers des "alliances" européennes permettant d'atteindre une taille critique sur les marchés mondiaux.

De par son coût, ce nouveau système aurait l'inconvénient de plomber la compétitivité des industriels européens face à leurs concurrents en Asie, aux Etats-Unis et au Moyen-Orient, où un tel dispositif n'existe pas, font valoir les industriels.

"Nous adhérons totalement aux ambitions de Bruxelles. Mais il faut tenir compte du fait que notre industrie est extrêmement soumise à la concurrence internationale", souligne le président de l'UIC, Bernard Chambon.

Pour faire face, les industriels pourraient aller jusqu'à "délocaliser", préviennent-ils. Pour le président de la fédération italienne de la sidérurgie, Giuseppe Pasini, le secteur risque "une réduction radicale de son activité en Europe", et Eurofer, la confédération européenne des industries du fer et de l'acier, a évoqué vendredi le risque de "perdre des dizaines de milliers d'emplois" européens.

"Chantage" répondent en cœur certains écologistes et politiques.

 

1 Commentaire

  1. 1

    Olivier

    évidement que plus il y a de contraintes environmentales , plus ça coute. C'est la raison du refus de Kyoto par Bush, il a toujours dit que sans accord intégrant TOUTES les grandes puissances (comprenez G7 + Chine + Inde) , il ne signera pas.
    Et qui dit plus de cout dit baisse de la richesse.
    Pourant à mon sens l'environnement n'a pas de prix.

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