Colombie : contrats d'explorations pour 150 blocs de pétrole

Colombiaoil Hasard de calendrier ?

Alors qu'Ingrid Betancourt vient juste d'être libérée par les Farc, la Colombie vient d'annoncer via une source officielle qu'elle allait proposer cette année aux compagnies pétrolières souhaitant investir dans le pays des contrats d'exploration pour 150 blocs dans tout le territoire.

L'opération aura lieu dans le cadre du projet du gouvernement pour relancer la production du pays.

L'objectif du gouvernement est d'arriver à produire en 2020 un million de barils par jours (mbj) contre 600.000 mbj actuellement. Les adjudications des premiers contrats auront lieu le 17 juillet.

Cela permettra au pays de "maintenir l'autosuffisance, et les exportations au même niveau qu'actuellement", a déclaré le directeur de l'Agence nationale des hydrocarbures (ANH), Armando Zamora, à l'occasion du XIXe Congrès mondial du pétrole de Madrid.

Mais rien ne se fait sans rien : pour atteindre cet objectif, des investissements de deux milliards de dollars (1,27 milliard d'euros) par an jusqu'en 2020 s'avèrent nécessaires. Un "projet très ambitieux", selon M. Zamora.

L'ANH a mis ce plan sur pied pour faire face à la baisse de production enregistrée en 1999 causée par les conflits dans le pays, la fuite des investisseurs et la situation de récession, a expliqué le ministre colombien de l'Energie, Hernan Martinez.

La production est passée de 830.OOO barils par jour en 1998 à 520.000 en 2005 avant de recommencer à monter avec "le retour des investisseurs", a déclaré M. Zamora.

La libération d'Ingrid Betancourt, signe majeur en vue de voir revenir les investisseurs .... ? qui sait ....

Selon la Radio suisse romande, citant une "source fiable", Ingrid Betancourt et les 14 autres otages des FARC n'auraient pas été libérés au cours d'une action militaire, mais grâce à une "opération de retournement et d'infiltration de leurs gardiens", dans le cadre d'une transaction de "quelque vingt millions de dollars", précisant que les Etats-Unis, dont trois agents ont été libérés mercredi, en étaient "à l'origine”.

"Les 15 otages ont en réalité été achetés au prix fort, après quoi toute l'opération a été mise en scène", a rapporté la radio publique dans son journal de la mi-journée, citant "une source proche des événements, fiable et éprouvée à maintes reprises ces dernières années".

La Suisse a été chargée ces dernières années avec l'Espagne et la France, par le président colombien Alvaro Uribe, d'une mission de médiation avec les Farc.

La "mise en scène" de la libération des otages permet, selon la radio suisse, au président Uribe "de s'en tenir à sa ligne qui exclut toute négociation avec les rebelles tant que les otages ne sont pas libérés". "Ce coup d'éclat lui permet de redorer son blason" alors qu'il a demandé l'organisation d'une élection présidentielle anticipée, selon la RSR.

A ces supputations, Ingrid Betancourt a opposé la réaction au moment du sauvetage des otages et des soldats de l'armée colombienne qui ont mené l'opération.

La France a affirmé quant à elle vendredi n'avoir versé aucune rançon à la guérilla des Farc pour la libération d'Ingrid Betancourt.

De leur côté, les Etats-Unis ont révélé jeudi qu'ils étaient au courant que Bogota préparait une opération pour libérer les otages aux mains de la guérilla et ont laissé entendre qu'ils avaient apporté au moins un soutien technique à la Colombie, avec laquelle Washington coopère militairement.

La Colombie, qui a exporté pour 6,328 milliards de dollars de pétrole et dérivés en 2006, fait face à une baisse de ses réserves qui pourrait l'amener à perdre son indépendance pétrolière après 2010, selon des experts. Entre février et mars, trois découvertes pétrolières ont été toutefois annoncées dans le sud, le centre et l'est, sur des sites explorés par des firmes du Canada, du Brésil, d'Espagne, Russie et France. Selon l'Agence nationale des hydrocarbures, les investissements étrangers dans le secteur pétrolier colombien ont atteint le chiffre record de 1,5 milliard de dollars en 2006.

Ainsi à la mi-mars, le groupe pétrolier français Maurel & Prom (opérateur à 100%) a annoncé une nouvelle découverte de pétrole via sa filiale colombienne Hocol S.A. (100%), sur le permis Guarrojo qui a été signé en février 2006 avec l'Agence Nationales des Hydrocarbures de Colombie (ANH). Maurel & Prom estime que les réserves prouvées et probables (P1+P2) nettes de royalties devraient atteindre 11,4 Mbbls en 100%, à comparer à une production de Maurel & Prom de 5,2 Mbbls pour l'année 2006 en Colombie.

Le pays est également un important pourvoyeur de brut des Etats-Unis, alors que l’instabilité du pays menace la stabilité régionale, notamment le Venezuela voisin, premier fournisseur de pétrole des USA.

L’économie politique pétrolière des Etats-Unis s’est peu à peu écartée des ressources moyen-orientales pour s’orienter vers une plus grande dépendance vis-à-vis du pétrole de l’Amérique du sud. L’existence des Insurgés à l’intérieur de la Colombie ne menace donc pas seulement les intérêts économiques des transnationales pétrolières nord-américaines en Colombie même, mais représente également une menace stratégique pour l’économie des Etats-Unis parce qu’ils déstabilisent la région, en raison des contrecoups du conflit, comme les vagues de réfugiés, et en raison de leur potentielle entrée en contact avec d’autres forces insurgées dans la région.

L’importance du pétrole colombien pour les Etats-Unis s’est clairement manifestée lors de la demande du gouvernement Bush de 98 millions de dollars dans le cadre de l’Initiative Régionale Andine (IRA), pour former une unité contre-insurrectionnelle spécialement entraînée. A la différence des autres brigades contre-insurrectionnelles, cette brigade devrait se concentrer exclusivement à protéger le pipeline pétrolier (de 800 km) de Caño Limón appartenant à la multinationale nord-américaine Occidental Petroleum.

Cette nouvelle structure de sécurité entre les Etats-Unis, les brigades contre-insurrectionnelles de l’armée colombienne et les transnationales pétrolières nord-américaines ne fait qu’officialiser une relation ancienne.

Sources : AFP, LA Tribune, Radio Suisse Romande

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4 Commentaires

  1. 1

    Israel/Betancourt

    La Colombie aidée par des Israéliens pour l'opération-commando
    Reuters

    Des conseillers militaires israéliens ont aidé l'armée colombienne à mettre au point le stratagème qui leur a permis de libérer Ingrid Betancourt et 14 autres otages, apprend-on de sources israéliennes.
    Parmi ces conseillers figurent un ancien général parachutiste et des agents de renseignement à la retraite.

    Les quinze otages détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont été libérés mercredi par des militaires colombiens se faisant passer pour des travailleurs humanitaires.

    Le ministre colombien de la défense, Juan Manuel Santos, a indiqué que des agents de renseignement colombiens avaient infiltré les Farc dans la région du Guaviare, dans le sud du pays.

    Selon des sources au sein des services de sécurité israéliens, la Colombie a été aidée dans cette tâche par Global CST, une entreprise de consultants agréée par le ministère israélien de la Défense et dirigée par Israël Ziv, un général à la retraite ayant combattu au Liban et dans les territoires palestiniens.

    Ziv, secondé par un ancien directeur adjoint des renseignements militaires israéliens et plusieurs ex-membres du service de contre-espionnage du Shin Bet, a conseillé les Colombiens sur la façon de recueillir des informations sur les Farc, puis de les induire en erreur, ont indiqué les sources.

    "La langue n'est pas la même, mais les principes sont identiques: se renseigner sur l'ennemi, pratiquer la désinformation le cas échéant, et passer à l'action", a indiqué une source familière du mode opératoire de Global CST.

    Le subterfuge employé consistait à faire croire aux Farc que les otages devaient être conduits vers un autre camp et que les hélicoptères de la soi-disant ONG étaient le meilleur moyen de transport, a poursuivi cette source.

    L'ambassadeur de Colombie en Israël, Juan Hurtado, a pour sa part nié l'implication de Global CST dans la libération des otages.

    "Ziv a été impliqué par le passé dans plusieurs activités de l'armée colombienne, mais d'après ce que nous savons, il ne l'était pas dans cette opération", a déclaré Hurtado à Reuters, via un interprète.

    CHEVAL DE TROIE
    Ziv a déclaré que la mission avait été menée par des membres des forces spéciales colombiennes et que Global CST n'avait joué qu'un rôle de soutien.

    "Notre contribution s'est limitée à les aider à édifier leurs capacités opérationnelles", a-t-il déclaré au quotidien israélien Yedioth Ahronoth.

    "Nous nous sommes très fortement impliqués dans les techniques d'opération des forces spéciales. Les Colombiens sont très proches de nous dans leur détermination, leur façon originale de penser et leur audace."

    Selon Yedioth, Global CST a montré aux Colombiens comment espionner les Farc et de recruter des agents dans leurs rangs.

    Le Shin Bet et les renseignements militaires israéliens disposent d'un vaste réseau d'agents palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

    La libération des quinze otages des Farc rappelle des opérations menées depuis les années 1970 par Israël.

    En 1972, un commando mené par l'actuel ministre de la Défense Ehud Barak, se faisant passer pour des mécaniciens d'aéroport, s'était emparé d'un avion détourné à Tel-Aviv par des activistes palestiniens.

    Quatre ans plus tard, les passagers d'un Airbus d'Air France détourné sur Entebbe (Ouganda) avaient été secourus par des soldats des forces spéciales israéliennes qui s'étaient infiltrés à bord d'une limousine imitant celle du président Idi Amin Dada.

    Plus récemment, des commandos israéliens arabophones se sont servis de divers déguisements - femmes portant le tchador ou combattants du Hamas - pour abattre ou enlever des activistes palestiniens recherchés.

    "Ce qui s'est passé en Colombie relevait d'une tactique classique de cheval de Troie, une spécialité d'Israël", a commenté une source israélienne.

    Ingrid Betancourt, dans des propos tenus peu après sa libération, a semblé conforter cette thèse.

    "Seule la réputation hors du commun d'Israël en matière d'opération-commando peut égaler l'action militaire à laquelle nous avons assisté aujourd'hui", a-t-elle déclaré à une chaîne de télévision en langue espagnole quelques heures après sa libération, dans une intervention rediffusée en Israël.

    http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=74387
    04/07/2008

  2. 2

    valerie

    lisez les publications de madame Betancourt : ils sont d’une naÏveté effarante : elle a été élue députée on ne sait pas trop comment, sa campagne était inexistante (sauf distribution de préservatifs) . Elle a toujours été manipulée , en premier par ceux qu’elle combattait et aussi par les amis et relations de ses parents dont elle voulait imiter les engagements.

    Elle a sacrifié depuis longtemps ses (braves et matures) enfants, malgré les menaces d’enlèvement et de mort dont ils ont fait l’objet.........et songe encore à revenir sur le devant de la scène.

    sa libération?, c'est surement grâce à la Vierge, oui c'est ça..........................

  3. 3

    Elisabeth

    "Elle a sacrifié depuis longtemps ses (braves et matures) enfants, " : merci d'oser le dire , c'est aussi ce qu'on pense autour de moi.

  4. 4

    valerie

    merci aussi de me le dire alors, parceque c'est à croire que tous sont aveuglées par cette oh combien sympathique passionaria, qui semble n'avoir retenu aucune leçon de son (in)experience et n'avoir aucun regret. elle se déclare prête à "sauver La Colombie s'il le faut"? La Colombie a -t-elle besoin d'une cruche manipulée?
    Ses enfants oui certainement, si elle se calme. Toute mère ferait cela.

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