Belvédère : procédure de sauvegarde et restructuration

Belvedre_vodka Rien ne va plus pour Belvédère. Espérons que la lumière sera là pour l'éclairer tout au bout du tunnel ... et que rien ne vienne aggraver son cas ...

Le groupe de spiritueux français a demandé -et obtenu – auprès du Tribunal de Commerce de Beaune de bénéficier d'une procédure de sauvegarde, afin de "disposer du temps nécessaire à la réussite de sa restructuration financière", a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué.

Cette annonce intervient quelques semaines après une information des Echos indiquant que le cabinet KPMG - l'un de ses deux commissaires aux comptes - avait mis en cause la situation financière de Belvédère, avis motivé notamment par le fait que le groupe n'avait pas tenu en 2007 l'un de ses engagements vis-à-vis de ses créanciers.

Cette procédure "a pour effet immédiat de protéger pendant cette période le patrimoine du groupe des effets de l'exigibilité anticipée des dettes", a expliqué Belvédère.

"Elle crée ainsi un cadre juridique adapté à sa restructuration financière", selon Belvédère. Laquelle pourrait prendre la forme d'une cession d'actifs, d'un reclassement de l'autocontrôle voire d'une rapprochement à un partenaire financier ou industriel.

Quelques semaines auparavant, le cabinet KPMG avait mis en cause la situation financière de Belvédère, ce dernier s'étant montré incapable de tenir l'un de ses engagements vis-à-vis de ses créanciers l'année dernière. L'engagement consistait à ne pas racheter plus de 10% de ses propres actions, afin de ne pas dégrader sa trésorerie. Or l'audit de KPMG a montré que l'entreprise avait dépassé ce seuil, tout en reclassant une partie des actions dans une sous-filiale.

Le journal “Les Echos” avait en outre indiqué que la direction souhaitait faire entrer un investisseur ou un industriel à son capital afin de l'aider à restructurer sa dette.

Interrogé par l'AFP, Jacques Rouvroy, PDG du groupe, avait alors reconnu le problème soulevé par KPMG, mais avait affirmé qu'il s'agissait d'un "manquement mineur".

Un “malheur” n'arrivant jamais seul, l''agence de notation Standard & Poor's a annoncé vendredi avoir abaissé sa note de crédit long terme pour Belvédère SA (BVD.FR) de B- à D, à la suite du placement sous procédure de sauvegarde.

S&P a également dégradé de B- à D sa note sur l'obligation à taux variable de 375 millions d'euros émise par Belvédère.

L'agence a par ailleurs maintenu à 4 sa note de recouvrement sur ces obligations. Cette note traduit une estimation du taux de recouvrement qu'obtiendraient les porteurs d'obligations en cas de défaut de paiement de la part de la société. Une note de 4 représente un taux de recouvrement situé entre 30% et 50%.
Au 31 mars 2008, la dette totale de Belvédère s'élevait à 564 millions d'euros, et "même si la société a jusqu'à présent honoré tous les paiements des intérêts et du principal, nous considérons que la demande de placement sous procédure de sauvegarde revient à un défaut de paiement", explique S&P.

Source : AFP, Les Echos, Le Revenu, Easy Bourse

 

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