Shell : production interrompue sur un champ de pétrole au Nigéria

Shell_nigeria_offshore La compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Shell a interrompu sa production sur un important puits offshore dans le sud-est du Nigeria à la suite d'une attaque de militants, a annoncé jeudi un porte-parole de la société.

Mi-mai, Shell avait annoncé perdre chaque jour au Nigeria l'équivalent d'environ 30.000 barils de brut. Les raisons d'un tel “gâchis” alors que les prix flambent ? La compagnie pétrolière fait l'objet d'attaques incessantes depuis de nombreux mois contre ses installations dans le delta du Niger.

"Nous avons stoppé la production du gisement de Bonga à la suite d'une attaque ce matin de militants non identifiés", a déclaré le porte-parole de Shell Precious Okolobo, refusant de préciser la quantité de brut ainsi affectée.

Depuis deux ans particulièrement, le Nigeria perd environ un quart de sa production quotidienne à cause des sabotages et enlèvements d'expatriés et nigérians. En 2006 et 2007, estime l'association nationale des chambres de commerce, d'industrie, des mines et d'agriculture, le pays a perdu "un minimum de 500.000 barils par jour" et la production plafonne actuellement à 2 millions b/j.

Le PDG de Total, Christophe de Margerie, a récemment affirmé se "poser des questions" sur la présence de son groupe au Nigeria, évoquant les risques pour son personnel en cas de maintien de l'activité dans le pays mais une possible explosion des prix du baril en cas de retrait.

Selon lui, les risques encourus sont élevés, les compagnies pétrolières étant régulièrement la cible de rébellions. Ces menaces représentent également un danger pour le personnel en place mais «si nous décidons de partir du Nigeria pour des raisons de sécurité, ce n'est pas 130 dollars, c'est X que vous aurez», a averti le patron du groupe pétrolier, en parlant de Total et des autres compagnies pétrolières.

Début juin, le président nigérian Umaru Yar'Adua avait annoncé qu'un autre opérateur allait remplacer le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell d'ici la fin de l'année en Ogoniland, dans la région du Delta du Niger. Je m’interrogeais alors : coup de bluff pour négocier avec le pétrolier ou réelle volonté d'évincer un des grands "pourvoyeurs" de la manne pétrolière du Nigéria ?

 

1 Commentaire

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    MEND

    Nigeria: le MEND revendique l'attaque contre Shell

    LAGOS, 19 juin 2008 (AFP)
    Le Mouvement d'émancipation du Delta du Niger (MEND) a revendiqué l'attaque qui a visé jeudi matin un important puits offshore de Shell à 120 km au large de Lagos, dans un couriel à l'AFP.

    "Ce matin à 00H45 nos combattants ont investi la prétendue forteresse de Bonga. La salle informatique de contrôle de la production était notre principale cible que nous voulions faire sauter, mais nous n'avons pas pu y accéder", affirme le MEND dans son message.

    "Notre prochaine visite sera différente, et l'installation ne sera pas épargnée", avertit encore le mouvement qui affirme par ailleurs dans le même message avoir enlevé un ressortissant américain travaillant pour une autre para-pétrolière, Jack Stone.

    Shell a dû interrompre sa production à Bonga suite à l'attaque.

    Quand il tourne à plein régime, le FPSO Bonga (Floating, Production, Storage and Offloading) a une capacité de 225.000 barils par jour, et 150 millions de pieds cubes de gaz qui partent vers le terminal de Bonny par des gazoducs sous-marins.

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