Espérons que cela fasse " réfléchir" employeur et "petit chef" sur le point de commettre certains agissements…
La justice a ordonné un complément d'enquête sur trois suicides de salariés du Technocentre Renault de Guyancourt (Yvelines), suivant ainsi l'avis de l'inspection du travail qui recommandait de joindre les dossiers et évoquait du harcèlement moral.
Le Technocentre avait été le théâtre d'une série de trois suicides entre fin 2006 et début 2007. En mars dernier, un salarié d'une entreprise sous-traitante s'était également suicidé.
Une enquête préliminaire avait été ouverte en février 2007 sur le troisième suicide, sans déboucher à ce stade sur l'ouverture d'une information judiciaire. En janvier dernier, l'inspection du travail avait envoyé un "avertissement" au constructeur automobile au sujet de "harcèlement moral institutionnel" envers les salariés du Technocentre. Elle reprochait notamment à Renault de ne pas se donner les moyens de contrôler les horaires de ses cadres et leurs dérives. Le parquet de Versailles a confié il y a quelques semaines le complément d'enquête à la police.
Trois suicides de salariés du Technocentre ont eu lieu entre octobre 2006 et février 2007. Deux d’entre eux - qui se sont produits sur site - ont été reconnus comme accidents du travail par l'assurance maladie. Les familles de ces deux salariés ont déposé des requêtes en reconnaissance de la "faute inexcusable" de l’employeur Renault.
Le 12 juin a eu lieu une audience de conciliation concernant le premier suicide, celui d'Antonio B. Selon un communiqué commun des avocats des familles, Renault "a refusé de reconnaître une quelconque responsabilité, et adoptera vraisemblablement la même position dans les autres affaires".
Selon un porte-parole de Renault, la direction du constructeur "considère qu'il n'y a pas de faute inexcusable", qui "suppose que Renault avait conscience ou connaissance du danger auquel était exposé son salarié et n'a pas pris de mesure pour l'éviter, ce qui n'était pas le cas".
La famille d'Antonio B. envisage de saisir le tribunal des affaires de sécurité sociale de Nanterre pour obtenir gain de cause.
Dimanche dernier, en marge d'une fête pour les dix ans du Technocentre, son directeur Bernard Ollivier a qualifié ces suicides de "drames personnels" et indiqué que "le plan de soutien suivait son cours, ses grands axes ayant été confirmés", en citant notamment une "meilleure gestion charges-ressources", "la qualité du dialogue social" et la formation. "Nous sommes sur la bonne direction", a-t-il affirmé.
"Mais il ne faut pas oublier que ces drames sont d'abord des drames personnels liés aux aléas des vies de chacun", a toutefois indiqué Bernard Ollivier. Histoire de se décharger de toute responsabilité ... ?Attitude très peu fair-play pour ne pas dire plus, tout de même ...
Enfonçant le clou, le patron du Technocentre a ainsi évoqué "l'évolution de la société où les gens sont de plus en plus seuls à supporter leurs problèmes". "L'entreprise doit en tenir compte et voir au-delà de la sphère du travail". Puisque qu'on vous répète que Renault ne détient l'once d'une quelconque responsabilité dans toute cette affaire ... !
"Nous sommes extrêmement attentifs à cela et nous sommes dans la bonne direction", a poursuivi le directeur du centre en évoquant sa volonté de développer "la qualité du dialogue social" et "la convivialité".
Tout semble désormais aller mieux dans le meilleur des mondes – ou presque – si l’on en croit le directeur du Technocentre, puis qu’un rapport d'expertise indique que 75% des gens qui travaillent au Technocentre se déclarent satisfaits de leurs conditions de travail". L’histoire ne dit pas qui a payé l’expertise et dans quelles conditions et contexte elle a été menée …
Rappelons tout de même, qu’en février dernier, un salarié employé par un prestataire de services travaillant au Technocentre s'est suicidé à son domicile. Il était employé depuis juillet dernier à la conception de systèmes informatiques pour la société de prestations techniques Assystem. Selon une source syndicale, le salarié, qu'on "disait surmené", s'est "suicidé chez lui un dimanche".
Un responsable du personnel de Renault a souligné par la suite qu'un "certain nombre de mesures" avaient été prises depuis un an, dont "la mise en place d'un DRH à part entière dont la mission est majoritairement de s'occuper des conditions de travail" au Technocentre. Le constructeur a également "déployé une nouvelle organisation ressources humaines" avec 95 "responsables RH de proximité" en France qui ont en charge environ 350 personnes, contre en moyenne 700 dans l'ancien système.
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