La conférence entre pays producteurs et consommateurs de pétrole qui a été proposée par l'Arabie saoudite en vue d'examiner les causes de l'envolée des cours se tiendra le 22 juin à Djeddah, en Arabie, a indiqué mardi le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah el-Badri.
Vous noterez bien qu'il s'agit d'examiner les raisons de la flambée actuelle et non les solutions pour y faire face. Si les membres du cartel pétrolier arrivent à “démontrer” que la spéculation joue pour une grande part dans l'envolée des cours, une augmentation de la production de l'Opep semble à écarter.
D'autant plus que l'AIE (Agence internationale de l'Energie) a abaissé mardi pour la cinquième fois d'affilée sa prévision de demande mondiale de pétrole 2008. Si elle constate une nette hausse de l'offre, elle s'inquiète néanmoins de la lenteur avec laquelle les stocks se reconstituent, ce qui devrait maintenir le marché sous pression, selon elle.
Le secrétaire général de l'Opep a lancé un appel au calme mardi, jugeant que les prix actuels du pétrole, insupportablement élevés, n'avaient rien à voir avec l'offre et la demande, et convié les pays producteurs et consommateurs à discuter du sujet ce mois-ci.
"Je le demande par votre intermédiaire, par celui de Reuters, il nous faut vraiment du calme; nous paniquons trop", a dit Badri à Reuters à l'occasion du sommet Reuters sur l'énergie (Reuters Global Energy Summit). "Pour ce qui nous concerne, la situation est intolérable (...) Je tiens à le dire: il n'y a pas de pénurie, ni maintenant ni à venir".
Selon des précisions fournies par Abdallah el-Badri, les pays européens seront invités individuellement à la conférence du 22 juin réunissant pays producteurs et pays consommateurs, et ne seront pas uniquement représentés par les représentants de la Commission européenne.
L'Agence internationale de l'Energie, qui représente les intérêts énergétiques des pays industrialisés, y assistera. "Les présidents d'institutions financières comme Morgan Stanley ou Goldman Sachs" seront également invitées, a précisé le secrétaire général du cartel pétrolier.
Le porte-parole de la Maison Blanche a déclré pour sa part que les Etats-Unis devraient participer à cette réunion, considérant comme un "signe positif" le fait que l'Arabie saoudite prenne une telle initiative. "Il faudra voir de quoi sera fait l'ordre du jour. Il faudrait par exemple évoquer la question de la nécessité d'ouvrir les marchés aux investissements, ce qui pourrait se traduire par une plus grande efficacité et une hausse de la production", a-t-il déclaré.
Le ministre du Pétrole koweïtien Mohammad al-Olaim a salué l'initiative, affirmant qu'il la soutenait tout en ajoutant que les fondamentaux du marché n'étaient pas responsables de la flambée pétrolière.
"L'Iran (...) salue la proposition saoudienne", écrit pour sa part Mehr News Agency, une agence de presse iranienne semi-officielle, citant le délégué iranien à l'Opep Mohammad Ali Khatibi. Ce dernier estime que les problèmes du marché pétrolier réclament une solution "fondamentale" qui passe par une coopération sincère entre producteurs et consommateurs.
Pour Khatibi, des investissements insuffisants dans l'industrie pétrolière des pays producteurs, y compris dans la prospection, expliquent en partie la forte hausse du brut.
Le ministre de l'Energie des Emirats Arabes Unis, Mohammed al-Hamli a également déclaré que les Emirats seraient heureux de participer à la réunion prévue .... tout en estimant que les prix pétroliers étaient devenus "fous". "Quand on voit que les cours bondissent de 10 dollars par jour, cela n'a aucun sens", a-t-il déclaré, ajoutant que l'offre en matière de brut était suffisante. Pour rappel, les prix du brut ont flambé de 10,75 dollars à New York sur la seule journée de vendredi pour frôler les 140 dollars le baril.
L'Agence internationale de l'Energie (AIE) table désormais sur une demande de 86,8 millions de barils par jour (mbj) cette année, soit une révision en baisse de 80.000 barils par jour (bj) comparé au précédent rapport, en raison des baisses de subventions sur le carburant dans plusieurs pays émergents.
La demande mondiale est ainsi attendue en hausse de 800.000 barils par jour (bj) ou +0,9% cette année.
De son côté, la production mondiale a nettement augmenté en mai d'un demi-million de barils par jour (490.000 mbj) à 86,6 mbj, grâce à une hausse de l'offre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Celle-ci a pompé 32,3 mbj en mai soit 395.000 barils par jour de plus que le mois précédent grâce à l'Arabie saoudite, l'Angola et l'Irak, dont la production est à son sommet depuis six ans. L'AIE cite également le Nigeria, ce qui est tout de même fort surprenant compte-tenu des fréquentes attaques impactant les infrastructures pétrolières du pays.
L'AIE souligne que les prix élevés du brut pèsent sur la demande des pays industrialisés de l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), attendue en baisse de 130.000 bj cette année.
En revanche, "il y a peu de signes de changements" dans les pays émergents, qui tirent la demande mondiale de ces dernières années et où le prix du carburant est subventionné. L'AIE revoit sa prévision pour leur demande en 2008 à la hausse de 50.000 bj.
Sources : AFP, Reuters
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Réunion de Djeddah sur le pétrole: sans Bush, dit la Maison Blanche
WASHINGTON, 11 juin 2008 (AFP)
La Maison Blanche a dit mercredi que le président américain George W. Bush n'avait pas prévu de se rendre à la réunion des pays producteurs et consommateurs de pétrole prévue en juin en Arabie Saoudite et a douté que cette réunion se tienne au niveau des chefs d'Etat.
La Maison Blanche a ainsi remis en question des déclarations du secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Abdallah el-Badri, qui a déclaré plus tôt à l'AFP que la conférence du 22 juin à Djeddah aurait lieu au niveau des chefs d'Etat.
"Nous n'avons pas connaissance qu'il s'agira d'une rencontre de chefs d'Etat, et le programme du président prévoit qu'il sera aux Etats-Unis ce jour-là", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Tony Fratto.
La Maison Blanche a déjà dit que les Etats-Unis prendraient part à la réunion. Mais M. Fratto n'a pas pas dit par qui ils seraient représentés.
11 juin 2008 à 22:322
Pétrole: réunion de Djeddah concernera les chefs d'Etat (el-Badri)
LONDRES, 11 juin 2008 (AFP)
La réunion organisée le 22 juin à Djeddah, en Arabie saoudite, pour examiner les causes de l'envolée des cours du pétrole se tiendra au niveau des chefs d'Etat, a déclaré à l'AFP mercredi le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) Abdallah el-Badri.
"La réunion de Djeddah se tiendra au niveau des chefs d'Etat et ils discuteront des raisons pour lesquelles nous avons des prix élevés", a affirmé M. el-Badri, en marge d'une conférence à Londres, laissant entendre que la réunion ne se tenait pas à un niveau simplement ministériel.
Le secrétaire général de l'Opep n'a pas spécifié s'il agissait de chefs d'Etat de pays producteurs uniquement ou si leurs homologues de pays consommateurs étaient attendus.
11 juin 2008 à 22:34Ajoutez un commentaire
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