Célèbre capitale espagnole réputée notamment pour sa vie nocturne, ses bars à tapas, ses musées et ses boutiques, Madrid sera désormais accessible de jour comme de nuit. Le Parlement de la région vient en effet d'approuver la loi de "modernisation du commerce", malgré une opposition virulente des syndicats et petits commerçants. Le texte, qui entrera en vigueur prochainement, autorise tous les magasins madrilènes à rester ouverts 24 heures sur 24 et ce tous les jours de la semaine sauf le dimanche. Vaste sujet ...
Cette mesure survient alors que les 27 ont réussi depuis peu à se mettre d’accord sur de nouvelles règles communes pour autoriser les salariés à travailler plus de 48 heures par semaine. Le projet de loi doit encore être approuvé par le Parlement européen. S'il est adopté, il sera possible - sous certaines conditions - de travailler jusqu'à 60 ou 65 heures par semaine.
Le texte a été approuvée jeudi par l'assemblée régionale, grâce aux voix du Parti populaire (PP, droite) majoritaire à cette assemblée.
Les syndicats des travailleurs ont d'ores et déjà dénoncé ce texte qui rend inconciliable – selon eux - une vie de famille avec un travail. De leur côté, les petits commerçants assurent qu'elle va provoquer la perte de 100.000 emplois. L'Association espagnole des centres commerciaux, elle, "approuve cette libéralisation" et estime qu'elle "permettra la baisse des prix".
En novembre 2007, Madrid avait autorisé l'ouverture des magasins le dimanche jusqu'à 22 fois par an, contre 8 fois par an en moyenne ailleurs en Espagne. Les horaires d'ouverture des magasins espagnols sont soumis aux législations de chaque région, dans la limite d'un cadre fixé par l'Etat espagnol.
A noter parallèlement, qu'après de longues négociations, les pays de l’Union européenne se sont entendus, dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 juin 2008 à Luxembourg, pour mieux encadrer, sans les supprimer, les dérogations au plafond hebdomadaire de 48 heures de travail.
Grâce à cette disposition, la durée hebdomadaire maximale autorisée pourra être portée jusqu’à 60 ou 65 heures par semaine, en cas d’accord entre les partenaires sociaux ou de consentement du travailleur. Ces plafonds pourront être dépassés si une convention collective le permet. C'est surtout le Royaume-Uni qui incite massivement les travailleurs à accepter plus de 48 heures par semaine, en signant individuellement une clause de non participation (op out).
Dans son éditorial du 11 juin 2008, le quotidien espagnol El País condamne la nouvelle directive de l'UE sur le temps de travail qu'il considère comme une attaque contre le droit des travailleurs : "En adoptant cette directive … les ministres ont réduit à néant la conquête de la semaine de 48 heures qui avait été obtenue après des années de lutte syndicale. … Cette grave dérive antisociale a été rendue possible par les changements de gouvernement en France et en Italie. La droite au pouvoir dans ces pays a modifié son opposition à cette directive (opposition partagée par l'Espagne), ce qui lui a permis d'obtenir une légère majorité. … En matière de temps de travail, cette directive initie la démolition du droit des travailleurs qui a préservé la paix sociale en Europe pendant des décennies. … Certains gouvernements … profitent de l'élargissement [de l'UE] vers l'Est pour importer certaines des pires caractéristiques ultralibérales de son capitalisme sauvage."
Source : AFP, RFI, Arte, El païs
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