Décidément, l'Arabie saoudite aime faire durer le suspens, voire même éprouve quelques plaisirs (ou intérêts ?) à se faire courtiser ...
Le pays, premier exportateur mondial de pétrole, est sur le point d'augmenter sa production en juillet, si l'on en croit une source proche du dossier.
Les Saoudiens souhaiteraient ainsi contribuer à répondre à la demande internationale et enrayer la forte hausse du cours de l'or noir, nous dit-on. A moins que l'Arabie saoudite ne craigne que la flambée ait des effets négatifs à terme sur ses rentrées pétrolières ? Ce qui pourrait tout de même être le cas si la spéculation régnait en maître sur le secteur, les prix n'étant plus alors en majorité fixés par la loi de l'offre et de la demande.
L'enjeu pour les producteurs ? Trouver un “juste” équilibre entre un niveau élevé du cours du brut et la manne pétrolière issue des quantités vendues, tout en sachant que des prix trop élevés ralentissent la demande.
Si l'on en croit la source proche du secteur, l'augmentation de production prévue par Ryad - la seconde en deux mois - devrait porter au-delà de 9,5 millions de barils par jour (bpj) le total extrait par le royaume, contre 9,45 millions de bpj actuellement.
Dimanche, à l'issue d'une visite dans le royaume, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé quant à lui que l'Arabie saoudite allait augmenter sa production de pétrole de 200.000 barils en juillet, en réponse à la demande de ses clients.
"Il semble qu'il y ait un malentendu. Les Saoudiens ont réagi avec responsabilité à la requête de leur clients. Ainsi, ils ont augmenté la production de 300.000 barils en juin. Il y aura une augmentation de 200.000 barils en juillet en réponse à la demande des clients", soit 500.000 barils sur deux mois, a expliqué M. Ban, citant le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi. Cette augmentation devrait porter la production de l'Arabie saoudite de 9,45 millions de barils par jour actuellement à 9,75 mbj.
"Les Saoudiens répondront positivement chaque fois qu'il y aura une requête de la clientèle de façon à ce qu'il n'y ait pas de pénurie", a déclaré M. Ban.
Sources : AFP, Reuters
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4 Commentaires
1
Je suis sùr que c'est de l'intox, et qu'il n'y'aura aucune augmentation de la production
16 juin 2008 à 10:522
En tant que membre de l'OPEP je ne crois pas que l'AS peut dépasser son quota sans le consentement des autres membres .
16 juin 2008 à 12:503
Peut-on présager, à la suite de cette nouvelle, que les cours du pétrole vont se stabiliser à leur niveau actuel, pendant quelques mois, voire quelques années ?
Jusqu’en 2005 environ, l’Arabie Saoudite avait joué le rôle de « swing producer » (producteur élastique), ajustant sa production par rapport à la demande, de telle sorte que le cours du brut soit maintenu à un prix de vente modéré. Mais pour quelle raison a-t-elle ensuite cessé de jouer ce rôle ? Incapacité à cause du déclin de ses champs pétroliers, ou politique délibérée afin de contribuer à faire grimper les cours pour retirer de plus grands bénéfices et prolonger la durée d’exploitation de sa ressource ?
Il est possible que ces deux raisons aient joué simultanément. Les dirigeants du Royaume ont pu estimer, d’une part, qu’ils n’auraient plus pendant très longtemps la capacité d’ajuster leur production par rapport à une demande débridée croissant trop rapidement ; et, d’autre part, que des bénéfices plus importants leur permettraient de faire face temporairement à de sérieux problèmes internes résultant en grande partie d’une forte croissance de leur population (notamment celle de la famille régnante, s’élevant aujourd’hui à quelques milliers, et dont les membres exigent des revenus « décents » conformes à leur statut …).
Au cours des trois dernières années écoulées, les cours de plus en plus élevés du brut ont contraint la croissance économique mondiale à recourir de plus en plus massivement au charbon et aux autres énergies ; et la demande pétrolière est désormais fortement bridée, au détriment des plus pauvres. Dans ce contexte, l’Arabie Saoudite estime peut-être qu’elle a de nouveau les moyens (au moins pendant quelque temps) de rejouer son rôle stabilisateur ; et qu’il est prudent d’agir dans ce sens afin de ne pas casser prématurément les rouages fragilisés de la machine économique mondiale dont elle dépend et au sein de laquelle ses élites détiennent du capital.
« Mon grand-père voyageait à chameau, mon père roulait en voiture, je vole en avion et mon fils voyagera à chameau », dit-on couramment en Arabie Saoudite. Si Dieu le veut, le retour sur le dos du chameau sera retardé d’une ou deux générations … à condition toutefois de prendre les décisions qui faciliteront le bon vouloir divin.
André Sautou
18 juin 2008 à 12:174
George Bush demande la levée de l'interdiction du forage pétrolier en mer
Estimant que les Etats-Unis doivent "produire davantage de pétrole dès à présent" pour faire face à la flambée du prix du pétrole, le président américain, George W. Bush, a demandé au Congrès de lever l'interdiction du forage en mer, une mesure à laquelle il a pourtant été longtemps lui-même opposé. "Tout délai serait inexcusable", a ajouté M. Bush à l'adresse des parlementaires, dans un communiqué diffusé mercredi 18 juin. Il leur demande dans un premier temps de légiférer sur le sujet, promettant de lever l'interdiction qu'il avait prononcé contre tout forage en mer.
Un moratoire interdisant le forage en mer à la recherche de pétrole et de gaz naturel existe aux Etats-Unis depuis 1981, afin de protéger le tourisme et minimiser la possibilité d'une marée noire sur les côtes américaines. Le président américain a également demandé au Congrès d'autoriser le forage dans l'Arctic National Wildlife, une réserve naturelle en Alaska jusque-là interdite à l'exploitation pétrolière, ainsi que dans les zones autour du Green River Basin dans les Etats du Colorado, de l'Utah et du Wyoming.
Selon M. Bush, la levée de ce moratoire pourrait augmenter la production de pétrole de près de 18 milliards de barils, tout en admettant qu'il faudrait plusieurs années pour atteindre ce niveau. Le département de l'énergie américain estime, pour sa part, que les zones couvertes par le moratoire contiennent 16 milliards de barils.
UN SUJET BRÛLANT DE LA CAMPAGNE AMÉRICAINE
L'initiative émanant de la Maison Blanche intervient alors que le prix du baril a atteint 130 dollars et que la question s'est imposée comme un des principaux thèmes de la campagne présidentielle. Le candidat républicain, John McCain, a publiquement pris position pour l'ouverture du forage en mer, mardi à Houston, fief historique de l'industrie pétrolière, et plusieurs républicains de haut rang ont appelé à la fin du moratoire.
L'administration Bush s'en est prise aux législateurs démocrates, majoritaires à l'Assemblée et au Sénat, accusés de ralentir sciemment le processus et de pénaliser le peuple américain. Et si aucune mesure n'est prise d'ici au 4 juillet, "les Américains pourront se demander à juste titre jusqu'où les prix devront augmenter pour que le Congrès démocrate agisse enfin", a ajouté le président américain.
18 juin 2008 à 20:28Le candidat démocrate Barack Obama s'est montré jusqu'ici opposé à la levée du moratoire, prônant la conservation des milieux naturels et le développement des énergies alternatives pour faire face à la crise du pétrole.
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/06/18/george-bush-demande-la-levee-de-l-interdiction-du-forage-petrolier-en-mer_1060016_829254.html
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