L'Italie veut relancer le nucléaire civil

Italia_nuclear_action_cz_4_sthumb Voilà qui ne devrait plaire ni à Poutine, ni à Medvedev.

Alors que l'Italie s'avère très dépendante des ses importations de gaz russe - au risque parfois de frissonner lors de conflits entre la Russie et l'Ukraine – et que le pétrolier italien Eni a conclu des accords historiques avec le géant gazier russe Gazprom, ce bel "équilibre" forgé de main de maître par Vladimir Poutine pourrait bien être rompu, ou du moins montrer quelques failles.

L'Italie va relancer un programme nucléaire civil afin de réduire la facture énergétique des ménages et des entreprises, a en effet annoncé jeudi le ministre italien de l'Industrie, Claudio Scajola.

Le gouvernement italien a prévu la construction des premières centrales nucléaires d'ici 2013, a déclaré le ministre lors d'une conférence de la Confédération générale de l'industrie italienne, la Confindustria, qui se tenait jeudi à Rome.

"Lors de cette législature, nous poserons la première pierre pour la construction dans notre pays d'un groupe de centrales nucléaires de nouvelle génération", a également précisé Claudio Scajola, lors d'un discours prononcé en présence du nouveau chef de gouvernement Silvio Berlusconi.

"On ne peut plus éviter un plan d'action pour un retour au nucléaire", a déclaré le ministre, rappelant qu'il s'agissait d'une promesse de campagne de Silvio Berlusconi. "Il n'y a que les centrales nucléaires qui puissent produire de l'énergie à grande échelle et de manière sûre, à des coûts compétitifs et dans le respect de l'environnement", a par ailleurs souligné Claudio Scajola.

Ce dernier a également promis de "reconstruire" les compétences de l'Italie en matière de nucléaire et notamment de "prévoir des solutions pour les déchets radioactifs".

Dans un discours prononcé auparavant, la nouvelle patronne des patrons italiens, Emma Marcegaglia, avait estimé qu'il était "temps d'investir dans l'énergie nucléaire" alors que l'Italie est très dépendante de l'étranger pour son énergie. Pour rappel, les Verts italiens qui faisaient partie du précédent gouvernement de gauche de Romano Prodi étaient farouchement opposés au nucléaire.

A l'issue de l'assemblée de la Confindustria, Fulvio Conti, le président du groupe italien énergétique Enel, a affirmé pour sa part que "techniquement, l'Enel était prêt" pour participer au projet. "C'est un bon début de la part du gouvernement, qui a confirmé l'exigence d'une diversification des sources (d'énergie) et de l'investissement dans les d'infrastructures", a commenté M. Conti. Pour rappel, l'Etat italien est actionnaire, direct ou indirect, à hauteur de 30% dans Enel.

Fulvio Conti avait également indiqué fin avril dans un entretien au quotidien allemand Financial Times Deutschland qu'"il faudrait sept à dix ans avant qu'une nouvelle centrale nucléaire entre en fonction" en Italie.

En 2006, les importations d'énergie représentaient 85% de la consommation de l'Italie. Le pétrole et ses dérivés représentaient alors 45% de cette consommation et le gaz naturel 34%.

Mais, les menaces sur les fournitures de gaz, ainsi que le renchérissement des prix du pétrole ont conduit les dirigeants italiens à relancer le débat sur le nucléaire. Cette source d'énergie a été abandonnée à la suite d'un référendum organisé en 1987, après la catastrophe de 1986 à Tchernobyl en Ukraine. Les quatre centrales nucléaires italiennes avaient été alors fermées

Les Italiens ont également en mémoire le black-out du 28 septembre 2003, lorsqu'une défaillance dans l'approvisionnement de l'électricité achetée en Suisse avait plongé toute la péninsule dans le noir.

L'électricité italienne est produite en majeure partie à partir de gaz naturel et de fioul, ce qui en fait l'une des plus chères d'Europe, compte tenu de la flambée des cours du pétrole et accroît sa dépendance vis à vis de la Russie.

Sources : Associated Press, AFP, 24heures.ch

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5 Commentaires

  1. 1

    Antinuke

    L'Italie - ou plutôt les gens qui sont au pouvoir en Italie" - veut conbstruire des réacteurs nucléaires, principalement pour des raisons économiques et de dépendance énergétique : il n'y a pas plus ABSURDE comme décision (et cela sans même parler des risques, des déchets, etc).

    Il suffit d'ailleurs de consulter les documents publiés (discrètement) le 11 avril 2007 par le Ministère de l'Economie: "Facture énergétique de la France en 2006" et "Bilan énergétique de l’année 2006 de la France" (voir les références en fin de document).

    La publication de ces documents a d'ailleurs été faite en catimini car, lorsqu'on veut bien y regarder de près, on voit bien que l'option nucléaire est une déconvenue sur le plan économique (en plus d'être nuisible à l'environnement)

    Ainsi :

    - La facture énergétique française a doublé en 3 ans
    - Le déficit français en énergie a la même valeur d’échange avec ou sans le nucléaire
    - La France a importé en 2006 pour 1,5 milliard d'euros d'électricité
    - L'exportation d'électricité rapporte fort peu… et coûte finalement cher
    - En 2006, excédent commercial record en Allemagne (alors qu'elle sort du nucléaire)…
    - ... et déficit commercial historique en France (royaume du nucléaire)

    Par ailleurs :

    - L'Allemagne est exportatrice nette d'électricité vers la France, et ce depuis 4 ans
    - La facture nucléaire (démantèlement, déchets radioactifs) va être explosive

    Tous les détails ici :
    http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/dossiers/energie/flop-economique.pdf

  2. 2

    Emile

    Un black-out causé par la défaillance de l'électricité achetée en Suisse, pays dont 42% de la production d'électricité est d'origine nucléaire (50% en hiver) : Les échanges d'électricité et le nucléaire

    Cela dit, n'oublions pas que les italiens ont décidé de sortir du nucléaire par le référendum de 1987. Le gouvernement actuel n'étant pas des plus démocratiques, il ne semble pas respecter la volonté populaire (comme chez nous à propos d'un autre référendum récent).

    Mais le nucléaire n'est pas une solution durable pour l'énergie, comme on peut le constater à travers les nombreux articles de ce dossier : L'énergie nucléaire

    D'autres solutions sont beaucoup plus efficaces, comme la modération des dépenses énergétiques (dans le bâtiment et les transports en particulier) et le développement rapide de toutes les formes d'énergies renouvelables, pour suivre cet exemple : Un réseau d'électricité 100% renouvelable en Allemagne
    Ce qui est encore plus facile à réaliser en Italie.

  3. 3

    Elisabeth

    "D'autres solutions sont beaucoup plus efficaces, comme la modération des dépenses énergétiques (dans le bâtiment " : tout à fait d'accord !!!!

    Pourquoi, on n'en parle que très peu ?

    Mais ironie du sort, la fabrication du verre isolant nécessite beaucoup d'énergie.

    Comme quoi c'est le bilan énergétique global qui est à prendre en compte pour toutes les solutions envisagables

    A noter par ailleurs, que la position italienne redonne des "ailes" à Merkel pour aller vers le nucléaire ...

    j'en parle dès que possible dans un nouvel article.

  4. 4

    Emile

    La fabrication du verre (vitrage) isolant ne nécessite guère plus d'énergie que celle du verre ordinaire, sinon le fait d'avoir deux épaisseurs de verre au lieu d'une seule.

    La différence entre un vitrage normal et un vitrage isolant, c'est une très fine pellicule servant à retenir les rayonnements infrarouges et un gaz isolant (argon ou autre).

    Pour trouver de l'information sur les économies d'énergie dans le bâtiment, il suffit de s'intéresser à l'architecture bioclimatique.
    Un exemple significatif est celui de ces bâtiments sans chauffage ni climatisation dans lesquels il fait bon vivre, même sous les climats les plus rigoureux : See the light 2005 - émergence des bâtiments sans chauffage ni climatisation.

    On peut méditer sur le cas de cet immeuble suédois, à Goteborg, où il fait 29°C sans chauffage avec une température extérieure de 3°C, et encore 22°C avec une température extérieure de -21°C. Ce qui ne les empêche pas de conserver la fraîcheur en été. Le puits canadien (ou provençal) est aussi un bon moyen de climatisation sans dépense d'énergie, hiver (partiel) comme été (complet).

    Vous pouvez aussi vous informer sur les "maisons passives", ou à énergie positive, ce qui s'applique aussi à des immeubles d'habitation, commerciaux ou de bureaux.

    Pour les transports, le fait de produire localement et de consommer localement, ce qui est possible pour une très grande partie de nos consommations, permettrait de grandes économies énergétiques, moins de pollution.

    Moins de pollution, c'est aussi moins d'effets négatifs sur la santé et donc d'autres impacts sur le bien-être et des économies pour le système de santé.

  5. 5

    Gautier Girard

    C'est Areva et EDF (Edison) qui vont être contents de cette nouvelle...

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