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L’Iran et Ahmadinedjad font flamber le pétrole

Iranoil330Le baril de pétrole a pris plus de deux dollars mardi à New York, atteignant un nouveau record à 126,98 dollars pour le brut léger américain.

Les marchés réagissaient ainsi à une déclaration du président iranien Mahmoud Ahmadinedjad, lequel envisage de réduire sa production.

Nouveau chantage de cet important producteur de pétrole que constitue l’Iran ? Rappelons toutefois qu'en août 2007, l'ex-ministre iranien du Pétrole, Kazem Vaziri-Hamaneh - qui avait démissionné peu de temps auparavant - avait averti que l'Iran risquait une crise énergétique majeure d'ici quelques années, du fait de la hausse de la consommation intérieure en gaz et en pétrole.

Vers 16h00 GMT, le contrat juin sur le brut léger américain gagnait encore 1,6 dollar, soit 1,3%, à 125,86 dollars le baril et le Brent prenait 99 cents (+0,81%) à 123,90 dollars.

Répondant à une question sur la possibilité d'une baisse de production de la part de l'Iran, quatrième producteur mondial de brut, le président iranien Mahmoud Ahmadinedjad a déclaré mardi qu'une proposition allant dans ce sens était actuellement examinée par des experts.

Le ministre iranien du Pétrole, Gholamhossein Nozari, avait auparavant déclaré que l'Iran procédait à l'examen des volumes qu'il produit mais qu'aucune décision de modification n'avait été prise. Lors de la dernière réunion de l’Opep, au mois de mars dernier, le ministre n'avait pas affiché clairement ses intentions en matière de niveaux de production, se contentant d'affirmer qu'il fallait "étudier les facteurs qui affectent le marché" avant de prendre une décision.

A la mi-avril, Mahmoud Ahmadinejad avait estimé quant à lui que les cours mondiaux du pétrole, qui s'étaient établis à plus de 115 dollars le baril, étaient "trop sous-évalués". "115 dollars le baril, c'est un chiffre trompeur, car les prix continuent de progresser pour les autres produits", avait ainsi affirmé M. Ahmadinejad, cité par la télévision iranienne, avant de regretter que les prix étaient "beaucoup plus bas que ceux de 1980".

A noter par ailleurs que le marché pétrolier est aussi soutenu par les craintes persistantes concernant l'approvisionnement en fioul domestique et en diesel, à la veille de la publication d'un nouvel état des stocks de pétrole américains.

Le marché table sur l'annonce, mercredi, d'une hausse de 1,0 million de barils des stocks de produits distillés aux Etats-Unis la semaine dernière. Les stocks de brut devraient avoir augmenté de 1,9 million de barils et les stocks d'essence devraient aussi afficher une hausse, bien que nettement plus modeste à 300.000 barils.

Les cours du fioul domestique sont également soutenus par les problèmes rencontrés à la raffinerie de Grangemouth et par les données d'Euroilstock sur les produits distillés affirmant que les stocks européens ont reculé de 1,4% en avril par rapport à mars et de 7,2% par rapport à avril 2007.

Par ailleurs, une source a déclaré lundi qu'une unité de la raffinerie écossaise de Grangemouth, spécialisée dans la production de diesel, avait dû être fermée pour réparation après avoir été endommagée par un incendie.

Sources : Reuters, AFP, Ria Novosti

A lire également :

. Iran : rationnement de l'essence en septembre

Iran : l'ex-ministre du pétrole avertit d'une grave crise

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Commentaires

Elisabeth

13 mai 08 22:59:30

ce qui a pu peser dans la décision de l'annonce de l'Iran :

Nucléaire: Moscou se rallie aux sanctions contre l'Iran et accède au marché américain (RBC Daily)
18:45 | 12/ 05/ 2008

MOSCOU, 12 mai - RIA Novosti.

Le 7 mai dernier, l'ambassadeur iranien à Moscou Gholamreza Ansari exprimait encore l'espoir que Dmitri Medvedev poursuivrait la "période dorée" qui avait débuté dans les relations entre Téhéran et Moscou sous Vladimir Poutine, rappelle lundi le quotidien RBC Daily.

Mais dès le 8 mai, Moscou a publié un décret sur les mesures destinées à mettre en oeuvre la résolution 1803 du Conseil de sécurité de l'ONU datant du 3 mars, signé le 5 mai par le président Poutine.
***Ce document signifie que la Russie s'est ralliée pour la troisième fois aux sanctions économiques contre l'Iran.***

Une seule exception a été faite pour les équipements, matériaux et technologies destinés aux réacteurs nucléaires à eau légère nécessaires pour exécuter le contrat portant sur l'achèvement de la construction de la centrale de Bouchehr.

Selon Radjab Safarov, directeur du Centre d'étude de l'Iran contemporain, Téhéran exprime son étonnement face à cette "démarche inamicale" et prépare sa réponse à la Russie.

"Le refroidissement concernera la coopération dans tous les domaines", prédit l'expert, tout en rappelant qu'au mois de juin, date de l'entrée en vigueur des sanctions, la compagnie russe MegaFon briguera la position de troisième opérateur de téléphonie mobile en Iran.

En vue de détendre la situation, le secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe Valentin Sobolev s'est rendu fin avril à Téhéran.

D'après Radjab Safarov, le responsable avait apporté avec lui un paquet de propositions de compromis dont la principale consistait à arrêter l'enrichissement d'uranium ne serait-ce que le temps des négociations avec les Six de l'ONU.

Cependant, les Iraniens ont rejeté ces propositions: de 2002 à 2005, ils avaient volontairement suspendu leur programme nucléaire, mais cela n'avait pas accéléré les négociations.

L'Iran les considère comme un instrument d'établissement de l'hégémonie des Etats-Unis et doute de plus en plus souvent de la sincérité des appels de Moscou à créer un monde multipolaire.

L'attachement de la Russie aux sanctions contre l'Iran est directement lié à la signature de l'accord cadre sur l'énergie nucléaire avec les Etats-Unis.

Conformément à cet accord, Moscou pourra stocker et transformer, dans un centre russo-américain en Sibérie, des milliers de tonnes de combustible nucléaire irradié, que des compagnies américaines fourniront à des pays tiers.

Le document pourrait rapporter des milliards de dollars à Rosatom (Agence fédérale russe de l'Énergie atomique), qui aurait ainsi une chance d'obtenir un accès au marché américain et aux marchés des alliés des Etats-Unis dans le Golfe, précise Alexandre Pikaïev, analyste du Centre de sécurité internationale de l'Institut d'économie mondiale et de relations internationales de l'Académie russe des sciences.

Ce n'est pas un hasard si sa signature a traîné en longueur en raison des différends avec Moscou au sujet du nucléaire iranien.

**** Le 6 mai, lors de la réunion des Six à Londres, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a informé les représentants américains de l'attachement de Moscou aux sanctions contre l'Iran, et le jour même, l'accord a été signé. ****

La seule concession que la Russie soit parvenue à obtenir est la possibilité d'achever la construction de la centrale de Bouchehr et de vendre à l'Iran des armes conventionnelles.
"C'est la "carotte" qu'a apportée à Téhéran Valentin Sobolev", note Radjab Safarov.


iran/ Russie

14 mai 08 01:03:18

Russie-Iran: l'adhésion de Moscou aux sanctions sera sans impact sur les relations bilatérales (Ahmadinejad)
22:01 | 13/ 05/ 2008

TEHERAN, 13 mai - RIA Novosti. L'adhésion de la Russie aux sanctions économiques imposées à l'Iran en vertu de la résolution 1803 du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies ne se répercutera pas sur les relations russo-iraniennes, a déclaré mardi devant les journalistes à Téhéran le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

La Russie s'est jointe le 5 mai dernier aux sanctions économiques imposées par le Conseil de sécurité de l'ONU à l'Iran, conformément à la résolution 1803 du 3 mars 2008.

"Cela ne se répercutera pas sur les relations avec la Russie... Nous n'ignorons pas quelle pression est exercée sur nos amis russes", a indiqué M. Ahmadinejad.


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