L'Indonésie, un pays qui tient ses “promesses”, en quelque sorte ...
Alors qu'au début du mois de mai, son président Susilo Bambang Yudhoyono, cité par l'agence officielle Antara, avait annoncé que le pays pourrait sortir de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et augmenter sa production, le ministre de l'Energie et des Ressources minérales indonésien, Purnomo Yusgiantoro a annoncé mercredi que l'Indonésie allait se retirer du cartel.
"Lors de la réunion de préparation du budget, le président a déclaré que nous devions nous retirer de l'Opep. Plus tard, la nuit dernière, j'ai de nouveau eu une communication avec lui (...) et probablement à mon retour au bureau, je devrais signer notre retrait de l'Opep", a déclaré Purnomo Yusgiantoro.
L'Indonésie est le seul pays de la région Asie-Pacifique membre du cartel pétrolier mais sa production de pétrole brut a diminué au cours des dernières années.
"Lors de notre dernier conseil des ministres nous avons réfléchi à l'idée de rester ou sortir de l'Opep et d'augmenter notre production", avait affirmé au début du mois M. Yudhoyono. Le gouvernement indonésien a entamé des pourparlers pour déterminer "si le pays devait rester au sein de l'OPEP ou retirer son adhésion (...) jusqu'à ce que nous soyons à nouveau en mesure de revenir dans l'organisation", avait-t-il ainsi affirmé devant les gouverneurs venus de tout l'archipel indonésien.
"Nos puits s'assèchent", avait souligné début mai quant à lui le chef de l'Etat dans un discours télévisé, ajoutant que le pays devait désormais se concentrer sur l'augmentation de sa production intérieure qui est descendue sous le seuil d'un million de barils/jour. "Cela pourrait prendre de un à trois ans" selon lui. Pour rappel, la production de pétrole indonésien accuse une baisse constante depuis le milieu des années 1990, passant de 1,5 million de barils par jour à une moyenne estimée à moins d'un million, le seuil fixé par l'Opep pour l'Indonésie.
Ainsi, même si le pays dispose de vastes réserves énergétiques, l’Indonésie est désormais importatrice nette de pétrole. Les raisons d’une telle situation : des dizaines d'années de baisse des investissements dans les domaines de l'exploration et des forages notamment en raison de la corruption et de la faiblesse du système juridique, incitant les compagnies pétrolières à la plus grande prudence.
En février dernier, le ministre indonésien de l'Energie, Purnomo Yusgiantoro avait annoncé que l'Indonésie allait importer 150.000 barils de pétrole brut par jour (b/j) depuis la Libye sur une durée de 20 ans.
Toutefois, le contexte devrait rapidement changé puisque l'extraction de nouveaux gisements pourrait permettre à l'archipel de produire ces trois prochaines années davantage que ce plafond, selon le président indonésien. D’où une sortie du cartel pour pouvoir profiter en plein de l’actuelle flambée des cours ?
Sources : AFP, AP, Challenges, Xinhua
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