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L'Inde va investir dans ses gisements d'uranium pour faire face à ses besoins

India_uranium_ladakh7webex5Comme quoi, l'absence de ralliement aux traités internationaux, ne procure pas que des avantages pour le pays non-signataire ...

L'Inde investira 175 millions de dollars dans la prospection de ses gisements nationaux d'uranium afin de subvenir à la pénurie de combustible à laquelle font face ses centrales nucléaires, a annoncé à Bombay Anil Kakodkar, chef du département Energie nucléaire du gouvernement indien.

Ll'Inde ne peut en effet s'approvisionner à l'étranger, n'ayant pas signé le traité de non-prolifération des armes nucléaires, tandis que les réserves du pays s'avèrent actuellement insuffisantes.

"Nous envisageons de prospecter au Rajasthan, dans l'Andhra-Pradesh, le Karnataka et le Meghalaya entre autres", a ainsi fait savoir le gouvernement indien.

Plusieurs gisements sont à l'heure actuelle exploités en Inde, dans l'Etat du Jharkhand, des travaux visant à permettre l'exploitation d'un nouveau gisement dans l'Andhra-Pradesh sont en cours.

"Nous investissons des sommes énormes dans la prospection des gisements d'uranium, et si nous faisons une découverte importante, nos problèmes seront résolus", a par ailleurs indiqué Anil Kakodkar.

New Delhi envisage la signature d'un accord de coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire avec Washington afin de surmonter l'isolement international auquel elle est soumise dans le domaine du commerce des technologies nucléaires, ainsi que de l'uranium.

Par ce document, New Delhi s'engage à assurer la sécurité de ses installations nucléaires. En échange, les Etats-Unis tolèrent l'exception constituée par l'Inde aux règles fixées par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et le groupe de fournisseurs du nucléaire, qui interdisent la vente d'uranium et de technologies aux pays non-signataires.

Cependant, l'accord n'a pas été signé en raison – notamment - de l'opposition des alliés communistes et d'autres partis de gauche du gouvernement indien, qui considérèrent qu'il porte atteinte aux intérêts du pays. Les communistes ont menacé de retirer leur soutien au gouvernement de Manmohan Singh au parlement, si l'accord est conclu en dépit de leur volonté.

En février dernier, l'ambassadeur américain en Inde a prévenu New Delhi que l'accord entre les deux pays sur le dossier nucléaire civil devait être achevé "maintenant ou jamais", exhortant ainsi à accélérer le règlement  de l'accord en “gestation”.

Annoncé en 2005, ratifié à Washington en 2006 puis finalisé dans une nouvelle mouture en juillet, l'accord sur le nucléaire civil est la pierre angulaire du rapprochement entre l'Inde et les Etats-Unis ... et de la pression américaine exercée sur le gouvernement indien, le dossier nucléaire iranien pesant dans la balance.

Ainsi, en janvier 2006, New Delhi avait rejeté catégoriquement toute tentative de lier son vote à l'AIEA - en vue d'imposer d'éventuelles sanctions contre l'Iran - à l'accord de coopération indo-américaine sur l'énergie nucléaire civile qui lui était proposé.

Une première version du texte de loi conditionnait en effet la coopération avec l'Inde par le soutien de celle-ci aux efforts déployés par Washington pour contenir le programme nucléaire de l'Iran. Position difficilement acceptable pour l'Inde, qui compte Téhéran parmi ses alliés traditionnels.

Aux termes du projet d'accord élaboré actuellement, l'Inde séparerait ses programmes nucléaires civils et militaires et placerait 14 de ses 22 réacteurs atomiques sous la protection internationale afin d'obtenir en échange des technologies nucléaires.

Mais ce qui provoque la réaction un peu vive des Etats-Unis, c'est l'accord cadre de coopération dans le nucléaire civil signé à la fin du mois de janvier 2008 entre la France et l'Inde, en marge de la visite à New Delhi du président français Nicolas Sarkozy. Il pourrait ouvrir rapidement la voie à la fourniture par la France de centrales nucléaires avec des réacteurs de troisième génération (EPR).

Pour être officiellement signé, cet accord doit obtenir le feu vert européen d'Euratome. Et du grain de sel que pourraient venir apporter les Etats-Unis, ces derniers voyant d'un mauvais oeil de si importants contrats leur échapper ...

“Il faut reconnaître que les négociations internationales prennent du temps", avait pour sa part estimé fin janvier le premier ministre indien Manmohan Singh. "Nos discussions avec l'AIEA progressent. Nous espérons sincèrement qu'elles puissent se conclure avec succès sans retard", avait-t-il ajouté.

En avril dernier, le ministre indien des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee, a appelé Washington à s'abstenir de juger de l'existence ou de l'inexistence de l'arme nucléaire en Iran et a déclaré que cette prérogative revenait à l'Agence international de l'Energie atomique (AIEA).

Le département d'Etat américain avait auparavant appelé l'Inde à exercer des pressions sur le président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors de sa visite à New Delhi le 29 avril, pour pousser Téhéran à mettre en veilleuse son programme nucléaire.

"Nous avons suggéré aux Etats-Unis de ne pas se charger de cette responsabilité et de ne pas décider de l'existence en Iran de l'arme nucléaire. C'est le rôle de l'AIEA", a expliqué le ministre devant des journalistes.

M. Sitaram Yechury, représentant du Parti communiste indien maoïste, allié à la coalition au pouvoir, a appelé de son côté le gouvernement à réagir à cette déclaration du département d'Etat américain. "Le gouvernement doit convoquer l'ambassadeur américain pour lui déclarer que l'Inde rejette la morgue du gendarme mondial", a-t-il martelé devant les journalistes dans la capitale indienne.

Le porte-parole de la diplomatie indienne avait fait savoir pour sa part que l'Inde ni l'Iran "n'ont besoin de conseils en matière de développement de leurs rapports bilatéraux".

Sources : Ria Novosti, AFP, Reuters

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