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Arcelor Mittal : la direction souhaite l’intervention de la police à Gandrange

GandrangemittalRien ne va plus à Gandrange. Alors que le site d’Arcelor Mittal est actuellement bloqué par des piquets de grève, le groupe a demandé jeudi l'intervention des forces de l'ordre pour mettre fin à une telle situation.

La CGT – qui a communiqué l’information à la presse - "a mis en garde Arcelor Mittal des conséquences d'une telle décision" et a annoncé avoir "saisi l'Elysée pour l'informer de la situation et exiger l'ouverture immédiate de discussions."

Le syndicat appelle par ailleurs les 1.100 salariés de l'usine à "une lutte dure pour imposer des négociations à la direction".

Des piquets de grève bloquent depuis mardi l'accès à l'acierie de Gandrange. Dans la matinée de jeudi, les grévistes de l'aciérie mosellane ont voté une reconduction de la grève qui paralyse la production. Le mouvement a été reconduit jusqu'à vendredi, jour fixé par la direction et les syndicats pour l'ouverture de négociations sur les conditions de reclassement des salariés dont les postes doivent être supprimés d'ici à 2009 sur le site.

Saisi en référé par la direction du premier sidérurgiste mondial, le tribunal de grande instance de Thionville (Moselle) a rendu "une ordonnance de dispersion des blocages et de ré-ouverture des portes pour assurer le libre accès" au site, selon un communiqué publié jeudi par Bernard Lauprêtre, directeur de Gandrange. "Le mouvement, accompagné de vandalisme, a conduit à de nombreuses dégradations et constitue une entrave à la liberté du travail pour les salariés de Gandrange mais aussi pour le personnel de nombreuses autres entreprises présentes sur le site", ajoute M. Lauprêtre.

Interrogée sur une éventuelle intervention des forces de l'ordre, la préfecture de Lorraine a indiqué qu'elle n'avait pas été "saisie par la direction d'ArcelorMittal".

La CFE-CGC de Gandrange a également condamné "les actes de vandalisme qui ont été perpétrés sur le site depuis lundi soir" et a demandé "le rétablissement immédiat du libre accès aux lieux de travail", dans un tract diffusé jeudi.

La CGT considère pour sa part que le plan social annoncé le 4 avril par ArcelorMittal "ne donne aucune garantie sociale collective". Le plan prévoit notamment 575 suppressions de postes sur le site de Gandrange (Moselle) d'ici à 2009 et le reclassement des salariés sur des sites à Schifflange (Luxembourg) et Florange (Moselle).

Le syndicat a également menacé d'en appeler "à la solidarité les travailleurs du Gepor, actuellement en grève, pour venir soutenir les collègues de Gandrange". Le Gepor est une société d'affrêtement fluvial, filiale d'ArcelorMittal, implantée sur le port privé de Thionville-Illange (Moselle). Ses salariés, en grève depuis lundi, empêchent depuis quatre jours le chargement et le déchargement des produits sidérurgiques fabriqués par le groupe pour satisfaire des revendications salariales.

A noter par ailleurs que Lakshmi Mittal remplace désormais officiellement le président du conseil d’administration du géant de l’acier ArcelorMittal, le Luxembourgeois Joseph Kinsch, finissant ainsi de s'imposer à la tête du groupe deux ans après la fusion entre Arcelor et Mittal Steel.

Concernant Gandrange, M. Mittal, en marge de l'assemblée générale du groupe, réunie à Luxembourg l'a répété : "personne ne connaît le futur. Aujourd'hui, l'aciérie n'est pas viable" mais "si dans le futur, il y a d'autres solutions viables, nous les étudierons.

Lakshmi Mittal, premier actionnaire du groupe avec 43% du capital selon les derniers chiffres connus, est aussi président de la direction générale. Un poste auquel il avait remplacé, contre toute attente, un autre ancien d'Arcelor, Roland Junck, seulement quelques mois après la fusion intervenue fin juin 2006.

Ce cumul des pouvoirs a suscité la réprobation de certains actionnaires. M. Mittal s'est défendu en citant l'exemple des PDG des groupes du CAC 40 et en rappelant que seul deux des administrateurs du groupe, lui et sa fille, représentent la famille, alors que le conseil compte douze administrateurs indépendants.

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