Voilà qui devrait faire une nouvelle fois débat. Alors que Noël Forgeard, l'heureux bénéficiaire d'un parachute en or plus que massif doit en découdre actuellement avec la justice, c'est aujourd'hui Patricia Russo, la directrice générale d'Alcatel-Lucent qui devrait être à l'origine d'une nouvelle polémique, alors que les résultats de l'équipementier télécoms sont loin d'être satisfaisants.
L'assemblée générale d'Alcatel-Lucent a donné vendredi son feu vert à une confortable majorité aux modalités d'obtention de ses indemnités de départ, dont le montant pourrait aller jusqu'à six millions d'euros.
La résolution traitant des indemnités de départ de Patricia Russo a été votée à 80,49%. Elle visait à mettre en conformité les indemnités de départ de la directrice générale avec la loi TEPA (loi travail, emploi et pourvoir d'achat) d'août 2007, conditionnant la partie variable de sa rémunération à la réalisation d'au moins 90% des objectifs de performance relatifs aux revenus du groupe ou 75% des objectifs de performance relatifs au résultat opérationnel. Elle prend effet au 1er janvier 2009.
L'assemblée générale de l'année dernière avait adopté une résolution - décriée par les syndicats et certains petits actionnaires – accordant, en cas de départ, à Patricia Russo, une somme équivalente à la rémunération fixe et variable qu'elle aurait perçue durant deux ans, ainsi que ses différents avantages sociaux, éléments de retraite et avantages en nature.
La CFDT a décidé de voter contre la résolution sur les indemnités de départ de Mme Russo, estimant que les "contraintes de performance exigées pour toucher ce pactole†n'étaient “pas clairement définies".
Les petits actionnaires ont pour leur part fait état de leur agacement, même si Patricia Russo a souligné à plusieurs reprises que cette année, avait été "difficile et douloureuse".
Pour rappel, le groupe a enregistré des pertes de 3,5 milliards d'euros pour 2007, son titre a perdu plus de 50% de sa valeur depuis la fusion fin 2006 et aucun dividende ne sera versé cette année.
Dans un souci de transparence, le président du conseil d'administration a précisé que la rémunération de la directrice générale en 2007 s'était élevée à 1,8 million d'euros (dont un bonus de 600.000 euros) et devrait être équivalente en 2008 pour la partie fixe. En ajoutant la partie variable, elle peut atteindre trois millions d'euros par an.
Alors que la directrice générale a reçu 800.000 stock-options à un prix d'exercice de 3,80 euros, les actionnaires ont toutefois qualifié une telle attribution "d'indécente".
Sources : AFP, Associated Press
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