Contrepartie du contrat concernant les ravitailleurs de l'armée américaine, raflé récemment par Eads, au grand dam de Boeing ?
Suite du “dangereux” feuilleton à suspens de la reprise des sites Airbus ?
Le groupe américain Spirit Aerosystems annonce avoir signé avec Airbus un contrat sur la conception et la fabrication aux Etats-Unis d'une partie du fuselage en matériaux composites du futur A350 XWB de l'avionneur européen.
Spirit précise dans un communiqué qu'il entamera dès cette année la construction d'une nouvelle usine en Caroline du Nord, qui devrait être opérationnelle en 2010. Le site emploiera 500 personnes, un effectif qui pourrait être porté à 1.000 personnes.
Pour rappel, le groupe américain avait été l'an dernier l'un des candidats “malheureux” à la reprise de trois usines allemandes et d'un site britannique de la filiale d'EADS.
A la Bourse de New York, l'action Spirit gagnait 4,62% à 31,28 dollars vers 17h20 GMT.
Rappelons toutefois qu'en mars dernier l'armée de l'Air américaine avait annoncé avoir choisi l'américain Northrop Grumman et l'européen EADS pour un contrat de plusieurs dizaines de milliards de dollars de fourniture de 179 avions ravitailleurs sur la base des Airbus A330.
Grand perdant de l'histoire : Boeing, largement favori au départ. La conclusion d'un tel accord constitue en effet un désaveu retentissant pour l'américain, qui avait obtenu une première fois cette commande en 2003 avant de la voir annulée après un scandale.
L'octroi du contrat des avions ravitailleurs du Pentagone à EADS-Northrop aboutira à la délocalisation "d'environ 2.000 emplois d'Europe vers les Etats-Unis", avait indiqué à la suite Northrop Grumman, dans un communiqué. "L'assemblage et la militarisation du ravitailleur KC-45A aura lieu à Mobile (Alabama, sud), ce qui donnera lieu à l'internalisation d'approximativement 2.000 emplois d'Europe vers les Etats-Unis", avait ainsi indiqué l'industriel américain.
Pour remporter l'appel d'offres, le consortium avait promis de transférer à Mobile la chaîne d'assemblage de son A330 cargo, dont son ravitailleur est un dérivé. Le groupe de défense, basé à Los Angeles entendait ainsi répondre aux critiques du Congrès et des syndicats américains contre la décision du Pentagone qu'ils estimaient avoir un impact négatif sur l'emploi.
En réaction, le groupe EADS avait pour sa part affirmé que le contrat des ravitailleurs aux Etats-Unis n'entraînerait "pas de délocalisation d'emplois" d'Europe vers les Etats-Unis, contrairement à ce qu'a indiqué son partenaire américain Northrop Grumman.
Un porte-parole du groupe européen avait alors précisé qu'un millier d'emplois seraient créés à Mobile, en Alabama, pour l'assemblage des avions-ravitailleurs, et 300 pour des avions civils A330 cargo. Mais "ce ne sont pas des délocalisations" d'emplois.
Sources : Reuters, AFP
A lire également :
. Reprise sites Airbus : rencontre Tom Enders/Spirit Aero
. Airbus : nouveau fuselage avec la Russie en 2008 ?
. Contrat ravitailleurs EADS : l'empire Boeing contre-attaque
. Eads remporte le contrat des ravitailleurs US avec Northrop
. Northrop Grumman insiste pour qualifier d'américain le ravitailleur d'Airbus

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.