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Venezuela : nationalisation des filiales ciment de Lafarge, Cemex et Holcim

Cemexvenezuela Les choses se précisent : alors que le Venezuela a annoncé la semaine dernière la nationalisation immédiate des entreprises de cimenteries, parmi lesquelles figurent les groupes français Lafarge, suisse Holcim et mexicain Cemex, le gouvernement vient de donner les premiers détails de la mise en oeuvre concrète du plan.

Le ministre du Pétrole Rafael Ramirez a précisé que l’Etat prendrait le contrôle de 60% au moins des filiales de Cemex, Holcim et Lafarge, selon un procédé déjà "rodé" l’an passé lors de la vague de nationalisations effectuée dans le secteur pétrolier..

Ramirez a rencontré des représentants des trois cimentiers en question, leaders sur le marché local. "Nous sommes certains qu’à très court terme nous pourrons progresser dans la négociation avec ces sociétés, ce qui sera fait bilatéralement avec chacune d’entre elles", a-t-il dit à la télévision publique.

Auparavant, le gouvernement vénézuélien avaient rendu publics des propos du président Hugo Chavez suivant lesquels la nationalisation du secteur du ciment ne toucherait que les sociétés qui avaient été privatisées par de précédents gouvernements. "Nous ne nationaliserons que ce qui a été privatisé, les grands cimentiers qui ont été quasiment donnés, les usines qui étaient propriété de l’Etat", expliquait Chavez.

"Nous allons nationaliser l’industrie du ciment (…) à partir de cet instant, en prenant toutes les mesures juridiques et économiques pour nationaliser l’industrie de la cimenterie", avait déclaré dans un premier temps, jeudi, le chef d’Etat vénézuelien dans une intervention radiotélévisée. Hugo Chavez  avait alors expliqué qu’il s’agissait d’une décision "stratégique" et indiqué que les sociétés étrangères concernées seraient indemnisées.

"Le gouvernement ne peut pas admettre que des matières premières soient exportées alors qu’on en a besoin pour la construction de logements", avait-t-il alors précisé. "Nous avons un plan pour moderniser les installations".

Pour mémoire, Lafarge contrôle deux sociétés au Venezuela, FNC et Cementos Tachira qui, selon lui, n’ont jamais été détenues par l’Etat. "Depuis leur création, ces deux sociétés ont toujours été contrôlées par des capitaux privés", a déclaré une porte-parole de Lafarge à Paris. Le groupe n’est que troisième au Venezuela, derrière Cemex et Holcim. La capacité de production de Lafarge dans ce pays est de 1,6 millions de tonnes de ciment.

Le Mexique a vivement contesté quant à lui les projets de Caracas envers Cemex et a affirmé qu’il faisait son possible pour amener le Venezuela à reconsidérer ses plans. Il est vrai que le cimentier détient 50% du marché vénézuélien.

Le gouvernement mexicain a ainsi exigé des explications auprès du Venezuela. "Le ministère des Affaires étrangères est entré en contact avec le gouvernement vénézuélien afin de connaître la nature des déclarations du président Hugo Chavez", souligne-t-il dans un communiqué. En outre, le gouvernement mexicain "va convoquer l’ambassadeur du Venezuela au Mexique" afin qu’il détaille les intentions du président Chavez, poursuit le texte.

Une source proche du dossier a affirmé lundi que le groupe était entré au Venezuela en 1994 en achetant Vencemos, qui n’a jamais été une société publique. "Elle est toujours propriété de la famille Mendoza", a ajouté la source.

"Nous prenons cela très au sérieux", a déclaré pour sa part vendredi Peter Gysel, un porte-parole du groupe suisse Holcim. "Nous restons calmes car ce n’est pas la première fois qu’il annonce que le secteur va être nationalisé. Nous devons attendre pour voir ce qui se passe", a alors ajouté M. Gysel.

Le président Chavez avait en effet menacé par le passé d’exproprier les groupes cimentiers s’ils n’abaissaient pas leurs tarifs.

Holcim détient deux usines au Venezuela d’une capacité d’environ 3 millions de tonnes de ciment par an, soit 1,5% du total mondial du groupe. Le Venezuela a rapporté l’an dernier environ 270 millions de francs suisses (170 millions d’euros) à Holcim, soit moins de 1% de son chiffre d’affaires net.

Sources : AFP, Reuters, Dow Jones, Le Temps.ch

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