Il fallait s'y attendre, les membres de l'Union Européenne ne semblent que très moyennement apprécier l'annonce faite par le gouvernement français concernant le déficit public.
Les ministres des Finances des 27 se sont réunis à Brdo, en Slovénie, au lendemain de la présentation par Nicolas Sarkozy des 166 mesures d'économies permettant – selon lui – une meilleure tenue des finances publiques. Le plan d'économies pour lutter contre les déficits intègre en particulier le non-remplacement à partir de 2009 d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
Les partenaires européens de la France l'ont sommée de lui fournir des détails sur ses intentions en matière de réduction des déficits. Si leur ampleur actuelle ne cesse de les inquiéter, le peu d'ardeur mis par le gouvernement français pour satisfaire à ses engagements de maîtise des dépenses est loin de les satisfaire.
La France, qui avait prévu de ramener son déficit français à 2,3% du PIB en 2008, vise désormais un objectif de 2,5% en raison – selon elle - du ralentissement économique. Le déficit reste ainsi très proche du maximum de 3% autorisé par le pacte de stabilité européen, qui limite le niveau des déficits en Europe, et ce alors qu'elle doit assurer à partir du 1er juillet la présidence de l'UE.
La pluplart des economistes estiment même que ce chiffre, ne pourra être atteint et que la barre fatidique des 3% du PIB pourrait être dépassée en 2008.
L'objectif français de parvenir à l'équilibre des finances publiques en 2O12 paraît quant à lui de plus en plus compromis. Ce point est d'autant plus alarmant pour les partenaires de l'UE que l'Eurogroupe s'est lui même engagé à ce que l'atteinte d'un tel objectif soit réalisé en 2010.
Fidèle à elle-même à défaut d'être fidèle aux engagements de la France et du gouvernement, la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, s'est montrée confiante. "Les engagements qu'on prend vis-à-vis de nos partenaires européens, c'est d'être sur la ligne de 2,5% (en 2008) et on maintient la trajectoire de 2012 et il n'est pas question d'aller au-delà de 3%", a-t-elle dit vendredi.
La Commission européenne reste quant à elle prudente sur des mesures qui viennent à peine d'être annoncées, mais a exigé des précisions des autorités françaises.
"Pendant les prochains jours, bien entendu, j'aurai des discussions avec Mme Lagarde, en fait plus particulièrement pour préparer la présidence française (de l'UE, au second semestre de 2008), mais j'espère avoir l'occasion d'apprendre de sa bouche plus de détails", a dit Joaquin Almunia, commissaire aux Affaires économiques et monétaires, lors d'une conférence de presse.
Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, s'est montré plus direct, demandant des détails sur les mesures et le calendrier de mise en oeuvre. Celui dont le pays présente un budget en équilibre, a rappelé une règle d'or en matière de déficits : "un déficit, ça se creuse très facilement, mais ça se résorbe très difficilement", selon lui.
La France, a-t-il dit, part de 2,7% de déficit en 2007 et, au rythme où vont les choses, "il lui faudra 27 ans pour revenir à l'équilibre", a-t-il ironisé. "Quand on part de 2,7%, on est quand même très proche de la barre des 3%".
"La tendance doit être plus nette", a par ailleurs indiqué Reynders, qui a rappelé que Nicolas Sarkozy avait pris un "engagement très fort" en juillet dernier en assurant que la France serait au rendez-vous de 2012. “La France ne respecte pas son engagement de réduire son déficit de 0,5% du PIB par an”, a-t-il ainsi conclu sur ce point.
Reste à savoir si les partenaires européens de la France sauront se montrer tolérants envers elle.
L'Allemagne, dégagera cette année un excédent de 10 milliards d'euros et tous les pays font des efforts importants pour respecter leurs engagements de réduction des déficits budgétaires.
Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück a critiqué implicitement le manque de maîtrise des déficits français lors de son arrivée en Slovénie. "Je serais naïf ou ignorant si je ne savais pas que ce sont des risques" pour l'économie, a-t-il déclaré à la presse, alors qu'on lui demandait s'il n'était pas inquiet par la situation budgétaire dégradée de certains grands pays.
Néanmoins les partenaires de Paris hésitent à entrer dans une confrontation avec la France alors que ses réformes sont saluées et qu'elle va assumer dans quelques mois la présidence de l'UE. Paris doit très certainement en jouer, même si Nicolas Sarkozy se passerait bien de devoir affronter une telle situation.
"Cela ne fait aucun sens de réagir de manière excitée à chaque commentaire", a ainsi fait également remarquer le ministre allemand des Finances tout en maintenant l'objectif de 2010. “Réagir de manière excitée” : tiens, cela me rappelle quelque chose ... manière élégante de pointer du doigt le “comportement Sarkozy” en quelque sorte...
En février dernier, l'objectif avait déjà été atténué par les ministres des Finances de la zone euro, qui avaient décrété que l'échéance de 2010 devrait être respectée "si les conditions cycliques le permettent", c'est-à-dire si la croissance économique dépasse 3% du PIB par an, un scénario écarté par les économistes de la Commission européenne.
Ces derniers prévoient au mieux une croissance de 1,7% pour la France en 2008 et cette estimation devrait être revue à la baisse lors des prévisions qui seront présentées fin avril.
La Commission hésite également à adresser à la France un "avertissement précoce", ce qu'elle pourrait pourtant faire. Mais de seource diplomatqiue, on laisse sous entendre que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, aurait besoin du soutien de la France pour un nouveau mandat en 2009. Nicolas Sarkozy a encore quelques semaines devant lui ...
Source : Reuters, AFP
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2 Commentaires
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Eh oui les belges s'y connaissent : de 136,7% de dette à 60% en 22 ans (de 1993 à 2015 !). Pas 0% ! 60% de dette considéré "raisonnable" ... au delà c'est les fous.
Une montagne de charges d'intérêts ... Moins d'écoles, d'infrastructure, de recherche etc... une politique active de sous développement, l'avenir de leurs enfants largement hypothéqué (pas la pension de la génération responsable bien sur).
... D'ici 2015, la dette fédérale belge passera sous la barre des 60%. La réduction de la dette publique en Belgique sera d'ailleurs plus forte que dans les pays voisins, étant donné que le boni primaire y est nettement supérieur à la zone euro.
La dette s'est facile : populisme et démagogie, comme Rafarin qui "n'a que faire des équations comptables" ... il suffira de 25 ans d'efforts à ses enfants pour payer l'addition, en la doublant pour la charge d'intérêt, en la triplant car la dette condamne les services publics et l'avenir.
La France est pourtant sous perfusion financière européenne depuis la politique agricole, 25% du budget lui revient encore (venant de plus de 50%) ... toujours plus d'aide qu'une économie de l'Est mais sans perspective de progrès : depuis le temps que les discours de ses politiques sont imperturbablement démentis par les faits.
Y aurait il un problème récurrent, le déficit comme culture naturelle de toute une société ... bref il n'y a pas de problème, rien qu'un mépris sidérant de ses enfants.
Effectivement "notre" culture française.
05 avril 2008 à 23:282
Baisse accentuée de la production industrielle en France en mars (-0.8%)
La production industrielle française a diminué de 0,8% en mars par rapport au mois précédent, après une hausse de 0,3% en février, selon l'Insee. La seule production manufacturière (hors énergie et industries agricoles et alimentaires) est en baisse de 1,5%.
Après trois mois consécutifs de hausse, la production industrielle de la France a baissé nettement en mars. Elle a en reculé de 0,8% après une hausse de 0,5% (+0,3% en première estimation) le mois précédent, selon des données CVS-CJO publiées ce vendredi par l'Insee.
La dégradation est nettement plus forte qu'attendu. Vingt-sept économistes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à un recul de 0,2% de la production industrielle française en mars.
La seule production manufacturière (hors énergie et agroalimentaire) a chuté de 1,5% après une progression révisée également à +0,5% en février (+0,3% en première estimation).
http://www.latribune.fr/info/Baisse-accentuee-de-la-production-industrielle-en-France-en-mars-~-ID3CD70E16D864EC11C125744400258734
GB: baisse de 0,5% de la production industrielle en mars
La production industrielle britannique a reculé de 0,5% en mars par rapport à février et augmenté de 0,2% sur un an, tandis que la production manufacturière seule a reculé de 0,5% sur le mois, son plus fort repli depuis six mois, et progressé de 0,6% sur l'année, a annoncé mercredi l'Office des statistiques nationales (ONS).
C'est pire que prévu par les économistes, qui tablaient sur une baisse de 0,1% sur le mois et une hausse de 0,8% sur l'année de la production industrielle, et attendaient une stabilité sur le mois et une hausse de 1,2% sur l'année de la production manufacturière, selon une compilation de leurs estimations réalisée par la banque Calyon.
La production a reculé dans dix secteurs manufacturiers, notamment les équipements de transport où elle a chuté de 1,3%, ainsi que les moteurs d'automobiles.
Avec la forte baisse de mars, la croissance de la production industrielle au premier trimestre n'aura été que de 0,3%, alors que les premières estimations de croissance du produit intérieur brut par l'ONS pour le premier trimestre, fin avril, la mettaient à 0,5%.
L'ONS a annoncé une croissance de 0,4% du PIB au premier trimestre par rapport au 4ème de 2007, et de 2,4% sur un an.
Sur un an, la hausse de 0,6% de la production manufacturière, qui suit une hausse de 1,9% en février, est la plus faible croissance depuis décembre et elle est elle aussi bien en dessous d'une première estimation d'une hausse de 1,4% dans les estimations de croissance du premier trimestre.
Malgré tout, la tendance actuelle de la production manufacturière "est toujours positive", a estimé un porte-parole de l'ONS.
La production industrielle dans son entier a connu son plus mauvais résultat depuis février 2007, avec une baisse de 0,5% sur le mois, à cause notamment de baisses dans la production d'électricité, d'eau et de gaz. Sur le trimestre, elle a baissé de 0,2%, là encore légèrement en dessous d'une estimation de baisse de 0,1% livrée avec la première estimation trimestrielle de la croissance du PIB.
Le porte-parole de l'ONS a estimé que la baisse de la production industrielle en mars ôterait environ 0,02 point de pourcentage à la croissance du PIB.
Paul Dales de Capital Economics a considéré que les chiffres publiés mercredi "soutenaient son opinion que l'industrie ne serait pas en mesure de compenser le ralentissement de la consommation" au Royaume-Uni, et "pourraient renforcer l'espoir d'une nouvelle baisse des taux d'intérêt dès jeudi". "Nous pensons plutôt que le Comité de politique monétaire attendra jusqu'en juin, bien que les choses paraissent plus serrées qu'il y a quelques jours", a-t-il conclu.
La Banque d'Angleterre a abaissé son taux directeur de 25 points de base en avril à 5,00%.
http://www.romandie.com/infos/news2/200805071308030AWP.asp
Allemagne : la production industrielle a légèrement baissé en mars (-0.5%)
Le seul secteur du bâtiment a vu sa production baisser de plus de 12% sur un mois. Mais le ministère de l'Economie assure que la tendance générale "reste à la hausse". Pour le premier trimestre, la production est en hausse de 2,3%.
La production industrielle de l'Allemagne s'est contractée de 0,5% au mois de mars, selon des chiffres publiés jeudi, principalement sous l'effet d'une chute de l'activité du secteur du BTP. Les analystes interrogés par l'agence Thomson Financial News tablaient sur un recul de 0,4% seulement. Le chiffre de février a en outre été revu en baisse, à 0,2%, contre 0,4% annoncé le mois dernier.
Le seul secteur du bâtiment a vu sa production baisser de plus de 12% sur un mois, selon ces chiffres provisoires et corrigés des variations saisonnières publiés par le ministère de l'Economie. Le BTP n'a pas bénéficié comme d'habitude d'un fort rebond de la production au printemps, car un hiver doux lui avait permis de poursuivre les chantiers.
Le secteur de l'énergie, en revanche, a affiché une hausse de 5,5%.
Le ministère de l'Economie assure dans un communiqué que la tendance générale "reste à la hausse". Sur la période février-mars, par rapport à décembre-janvier, un cumul qui permet d'amortir les effets saisonniers, la production s'affiche en effet toujours en progression, de 0,6%.
our l'ensemble du premier trimestre 2008, la production montre une hausse confortable de 2,3%, de bon augure pour le produit intérieur brut, dont le chiffre pour les trois premiers mois de l'année doit être publié la semaine prochaine.
Reste que l'industrie allemande, moteur de la première économie de la zone euro, jusqu'ici épargnée par le ralentissement économique international, doit s'attendre pour les mois à venir à "une dynamique affaiblie", a reconnu le ministère jeudi dans son communiqué.
Les commandes industrielles, bon indicateur pour juger des perspectives du secteur, ont affiché en mars leur quatrième recul consécutif, selon des chiffres publiés mercredi. "Avec ce départ en fanfare en 2008, l'industrie allemande a sans doute atteint son plus-haut", prévient Heinrich Bayer, analyste de la Postbank, qui s'attend à "une évolution conjoncturelle beaucoup plus tranquille au deuxième trimestre".
09 mai 2008 à 09:29http://www.lesechos.fr/info/inter/300263107.htm
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