Décidément, l'Irak devient "une destination" très à la mode ces temps-ci. Il est vrai qu'à l'heure où le prix du baril flambe, il semble difficile de se passer des immenses ressources pétrolières du pays.
Cédant à « l'air du temps », le géant pétrolier italien Eni envisagerait la conclusion de contrats en Irak, profitant ainsi de l'opportunité que devrait bientôt offrir la nouvelle législation pétrolière de cet important pays producteur de pétrole. C'est en effet ce qu'a déclaré lundi son administrateur délégué, Paolo Scaroni, au Corriere della Sera.
Si l'Irak dispose des troisièmes réserves de brut au monde, de 115 milliards de barils, le pays manque cruellement d'infrastructures.
"Il y a maintenant des possibilités de conclure des contrats dans un nouveau cadre législatif", a ainsi précisé au quotidien Scaroni, en marge d'une réunion sur l'énergie à Rome. Le groupe italien envisagerait dans un premier temps des contrats d'ingénierie d'une durée de 3 à 4 ans, selon le Corriere.
La semaine dernière, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a affirmé qu'un accord entre les différentes entités irakiennes était proche en vue de l'adoption par son pays d'une loi "qui permettra de sceller des accords stratégiques de partenariat et de développer les investissements" étrangers. "Nous sommes proches d'un accord sur une version finale de la loi sur le pétrole et le gaz", a-t-il ainsi estimé devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.
Les conflits politiques entre la région kurde et Bagdad retardent la conclusion de cet accord à l'heure actuelle, les autorités irakiennes jugeant illégales les licences d'exploitation accordées aux compagnies pétrolières ou gazières par la région semi-autonome du Kurdistan irakien, dans le nord du pays.
Le ministère irakien du Pétrole a publié récemment une liste de 35 compagnies autorisées à soumettre des offres en vue de l'attribution d'une première vague de licences pétrolières et gazières, sans inclure celles opérant dans le Kurdistan. Des négociations sont en cours entre Bagdad et les autorités de cette région pour sortir de l'impasse.
Parmi les entreprises retenues figurent le groupe français Total, les britanniques BP et Royal Dutch Shell et l'américain Exxon Mobil. Eni, premier groupe industriel italien, n'était pas présent en Irak avant l'entrée des troupes américaines en 2003 dans ce pays, contrairement à beaucoup de ses confrères et néanmoins concurrents.
A noter également que les groupes pétroliers italien Eni et qatari Qatar Petroleum vont investir ensemble dans des projets gaziers ou pétroliers, selon un protocole d'accord annoncé par les deux compagnies dimanche.
Les deux compagnies "vont chercher des opportunités d'investissements communs dans des projets internationaux pour l'exploration et la production" de gaz ou de pétrole, précise Eni dans un communiqué. Le partenariat prévoit aussi que les deux compagnies pourront "développer des projets communs dans la pétrochimie et la production d'électricité".
"Le développement d'une relation forte et stable avec le Qatar, qui détient les troisième réserves gazières mondiales et joue un rôle leader dans le gaz naturel liquéfié, est vraiment très important pour nous", a précisé le PDG d'Eni, Paolo Scaroni.
Le Qatar devrait finaliser le mois prochain l'attribution de quatre champs pétroliers et gaziers, auxquels Eni est candidat.
Source : AFP, Reuters
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