Les importations de gaz de la France multipliées par 2 en 2030

Gazdefranceca20080123La France importera en 2030 presque deux fois plus de gaz qu'en 2006.

C'est l'avenir que nous “prédit” la direction générale de l'énergie et des matières premières (DGEMP), dans dans un scénario de prévisions énergétiques à l'horizon 2020-2030, mis en ligne sur son site.

Mais bien au delà du constat lui-même, une telle situation devrait provoquer des difficultés majeures : des problèmes d'infrastructures et d'approvisionnements.

Sans les mesures prévues d'ici ces dates, comme celles du Grenelle de l'environnement, la France importera 78 milliards de mètres cube de gaz en 2030, contre 44 milliards en 2006 et 66 milliards en 2020, affirme ainsi la DGEMP.

"Outre les émissions de CO2 qui en découleraient, ce quasi-doublement des importations poserait un double problème: sur l'origine géographique du gaz ainsi importé (avec des contrats d'approvisionnement appropriés) et sur les infrastructures (terminaux de gaz naturel liquéfié, gazoducs) qui permettraient de l'acheminer", note la DGEMP.

A 45,6 TWh, les importations nettes de la France pour le mois de février 2008 sont en très forte hausse (+32,8%) par rapport à celles de février 2007 qui étaient particulièrement basses. En année mobile, l’évolution est de +3,0% après -1,2% en janvier.

Les entrées brutes de gaz sur le territoire français sont, elles aussi, en progression : en cumul annuel elles sont à 597,4 TWh contre 575,6 TWh en février 2007 (+3,8%).

Les entrées de GNL, à 145,0 TWh en année mobile (142,9 TWh en janvier), sont plus faibles que celles de février 2007 (158,7 TWh) ; leur poids dans le total des importations diminue légèrement et atteint 28,9% (en année mobile) contre 32,5% en février 2007.

Les importations "gazeuses" progressent de +8,4% en cumul annuel ; celles en provenance de Norvège représentent 32,3% des importations totales (contre 30,0% en février 2007), celles en provenance des Pays Bas 19,9% (contre 18,3%), celles de Russie 14,7% (contre 15,3%) et celles d'Algérie 17,4% (contre 17,8%). Celles des autres provenances (Egypte et Nigeria notamment) ne représentent que 9,7% du total contre 13,2% il y a un an.

Mais la DGEMP pointe un autre problème : le scénario de référence, que la France élabore tous les quatre ans pour l'Agence internationale de l'énergie, est "loin d'atteindre les objectifs communautaires, tant sur les émissions de CO2 qui ne cessent de croître jusqu'à 2020 et même s'accélèrent ensuite jusqu'à 2030 (du fait des transports et de la production d'électricité), que sur la part d'énergies renouvelables dans le mix énergétique".

A cet égard, "il apparaît que la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale élargie" au sens de la Commission européenne, "s'élèverait à 13,4% en 2020 (contre 23% dans le projet de partage des efforts de la Commission) et 13,7% en 2030, contre 10,3% constatés en 2006", ajoute la DGEMP.

Ce constat "signifie qu'il est nécessaire d'engager des politiques et mesures supplémentaires par rapport à celles déjà en place ou décidées", conclut-elle.

A noter par ailleurs que la DGEMP a estimé, vendredi 21 mars, que les prix réglementés du gaz pour les particuliers, fixés par l'Etat, augmenteraient de 1,5% le 1er juillet si les tarifs d'utilisation des canalisations par les fournisseurs progressaient de 5,6%, comme le propose la Commission de régulation de l'énergie.

La CRE propose quant à elle que le tarif d'utilisation des réseaux soit révisé le 1er juillet de chaque année pendant quatre ans, à hauteur de l'inflation (hors tabac) diminuée de 1,3%. Elle propose aussi une baisse du taux de rémunération des investissements de GRDF, filiale distribution de GDF, à 6,75%, au lieu de 7,25%.
L'Etat "a engagé une consultation auprès des parties prenantes" et rendra sa décision "d'ici le 28 avril" sur ce tarif, selon Gaz de France.

Sources : AFP, Challenges, enerzine.com, DGEMP

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1 Commentaire

  1. 1

    gazouz

    de l'indépendance énergétique:

    L’Iran a réussi à signer un accord portant sur l’exportation de gaz avec un pays reconnu pour sa neutralité dans les affaires géopolitiques : la Suisse. Les Américains s’insurgent. Ils ne peuvent pas laisser passer cet acte qui inciterait d’autres entreprises étrangères à faire de même. La société suisse de commerce d’énergie EGL (Elektrizitäts-Gesellschaft Laufenburg AG) a signé un contrat avec la compagnie iranienne d’exportation de gaz NIGEC (National Iranian Gas Export Company), évalué entre dix-huit et vingt-sept milliards d’euros. Le gouvernement suisse était représenté lors de la signature de l’accord par Calmy-Rey, ministre des affaires étrangères (DFAE). Dès 2009, plus de cinq milliards de mètres cube de gaz seront exportés chaque année auprès de la société suisse pendant quinze ans. Les Etats-Unis sont scandalisés. Le message d’EGL est des plus néfastes pour eux. Selon le gouvernement américain, elle ne respecte pas leur volonté d’isoler l’Iran afin de l’empêcher d’investir dans un programme nucléaire. Cependant, Lars Knuchel, porte-parole du ministère des affaires étrangères suisse, a minimisé ce motif en déclarant qu’une note récemment écrite pour les services de renseignement américains amoindrissait la menace nucléaire iranienne.

    La Suisse avait informé les Etats-Unis de l'importance stratégique du contrat, aussi bien pour elle que pour l’Europe. Plus que la neutralité qui l’a très souvent caractérisée, la Suisse souhaite maintenant mettre en avant son désir d’indépendance. Cela s’illustre aujourd’hui sur le plan énergétique. Elle ose prendre les mesures nécessaires même si celles-ci vont à l’encontre des volontés de la première puissance mondiale ; et ce alors que d’autres pays européens préfèrent au contraire s’y plier. L’ambassade américaine à Berne a tout de suite qualifié cet accord de « mauvais message ». Le coup est dur à encaisser pour les Etats-Unis : la Suisse les représente depuis la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, en 1980. De plus, le gouvernement suisse s’est exprimé au nom de l’Europe, par l’intermédiaire du délégué aux affaires énergétiques internationales de l’Office Fédéral de l’Energie (OFEN), Jean-Christophe Füeg. Selon lui, il est de leur « intérêt national de soutenir une société dont le contrat aide à diversifier les approvisionnements en gaz de l’Europe et indirectement de la Suisse ». Les Etats-Unis ne veulent pas laisser l’opportunité à d’autres entreprises de s’engouffrer dans la brèche et d’être tentées à leur tour de reproduire cet acte de rébellion. Ils ont prévenu qu’ils comptaient vérifier scrupuleusement les termes de l’accord passé entre EGL et NIGEC. Le gouvernement américain doit tenter de sanctionner sévèrement et à titre d’exemple la société, aussi bien par l’arme informationnelle que celle financière.

    Cependant, EGL et le gouvernement suisse ont été prévoyants. Ils se sont assurés que l’accord passé ne violait ni les sanctions de l'ONU ni les mesures prises par le gouvernement américain contre l’Iran. La société EGL ne sera pas présente dans la République Islamique, il s’agit simplement d’un accord de distribution de gaz. De plus, aux vues de la qualité et de l’immédiateté des réactions suisses, il est certain que celle-ci s’était préparé à parer les diverses attaques informationnelles. Pour Calmy-Rey «Ces critiques étaient attendues. Nous [le gouvernement suisse] n'acceptons pas l'extraterritorialité des lois américaines». Les mois à venir nous permettront de savoir si d’autres entreprises oseront affronter la volonté du gouvernement américain ou si, au contraire, la gestion du cas EGL les incitera à ne pas s’y risquer.

    Copié/collé depuis: http://www.knowckers.org/node/400

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