
Citigroup réussit « l’exploit » de passer d’un gain de 5 milliards de dollars au 1er trimestre 2007 à une perte équivalente un an plus tard. Son PNB, en baisse de 48%, s’élève à 13,2 milliards de dollars. La banque américaine a passé au total pour 12,1 milliards de dollars de dépréciations.
Citi a notamment passé 6 milliards de dollars de dépréciations sur des crédits hypothécaires, 3,1 milliards sur les crédits à effet de levier, 1,5 milliard sur les crédits aux fonds d’investissement et 1,5 milliard sur d’autres types de crédits. Avec 30 milliards de dollars de dépréciations depuis l’automne, Citigroup devient la banque la plus durement touchée par la crise du subprime, juste devant Merrill Lynch (29 milliards). En dépit de ces pertes gigantesques, le titre Citi gagnait 6% lors des échanges électroniques d'avant-séance.
La banque a procédé à un grand nettoyage de ses comptes, ce qui lui a permis de ramener son exposition aux créances de mauvaise qualité à 29 milliards de dollars, contre 37 milliards à fin 2007. Dans un entretien au Financial Times (17/04), son PDG Vikram Pandit, qui a remplacé Chuck Prince à l’automne, a indiqué vouloir réduire les coûts fixes de Citi de 10% à 20% en supprimant des milliers de postes, en cédant des actifs non stratégiques ou en repensant le système informatique de l’établissement.

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Crise du crédit : la Banque d'Angleterre va injecter 50 milliards de livres, d'après la BBC
La Banque d'Angleterre (BoE) annoncera la semaine prochaine un plan de 50 milliards de livres (63 milliards d'euros) visant à dénouer la crise du crédit immobilier, a indiqué samedi la BBC.
La banque centrale va racheter aux établissements financiers britanniques pour 50 milliards de livres de crédits immobiliers et les échanger en obligations d'Etat d'une durée d'un an avec possibilité de les proroger jusqu'à un maximum de trois ans, précise la BBC sans indiquer ses sources.
Le projet avait déjà été annoncé dans la presse, mais le montant n'était pas connu. Si le chiffre de 50 milliards était confirmé, il s'agirait de la plus importante initiative du genre dans l'histoire du pays, selon la BBC.
L'opération vise à desserrer les conditions du crédit dans le pays, rendues difficiles en raison de la crise des prêts hypothécaires à risque ("subprime") aux Etats-Unis.
La BoE espère que cette injection d'argent frais satisfera les besoins des établissements, assouplissant les conditions de crédit entre eux puis envers les particuliers.
Le "swap" (échange de dettes ou de créances) entre les banques et la BoE vient également compenser l'effondrement, en août, du marché des obligations adossées à des prêts hypothécaires. Ce dernier avait permis aux établissements britanniques de lever 60 milliards de livres sur le premier semestre 2007. Sa disparition les a ainsi privés d'une importante source de financement, provoquant la hausse du coût du crédit.
Le plan de la BoE répond aux pressions du Trésor en vue d'une opération d'envergure visant à empêcher que la crise financière se transforme en véritable récession.
La Banque d'Angleterre s'était vue reprocher l'an dernier par une partie des milieux d'affaires et politiques de ne pas avoir suffisamment aidé les banques britanniques engluées dans la crise du crédit, alors que ses homologues comme la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) injectaient des centaines de milliards de dollars dans leurs circuits bancaires respectifs.
La situation est particulièrement délicate pour des dizaines de petites "building societies", des sociétés mutualistes d'épargne qui ont un accès plus restreint au marché que les grandes banques, comme a permis de le souligner une réunion tenue mardi entre le Premier ministre Gordon Brown et les patrons de banques britanniques.
Les "building societies", qui ont accordé 47% des crédits immobiliers britanniques l'an dernier, ne pourront pas bénéficier directement du plan de la BoE, mais cette dernière espère que l'injection d'argent permettra d'abaisser le taux interbancaire et d'ainsi assouplir les conditions générales du crédit.
Le choix d'obligations sur un an permet par ailleurs au gouvernement de ne pas devoir inclure ce rachat de crédits dans sa dette publique, à la différence des titres portant échéance sur plus d'un an.
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?news=5401245
RBS (2° banque britannique) devrait annoncé 4 milliards de livres de pertes et prévoit de lever "au moins dix milliards" de livres (12 milliard d'euros) d'argent frais.
19 avril 2008 à 15:37http://www.ft.com/cms/s/0/8b907a8c-0d82-11dd-b90a-0000779fd2ac.html
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L’affaire du LIBOR
L’indice clé du crédit bancaire aurait-il été manipulé ? Pourquoi CitiGroup obtiendrait-elle des crédits à meilleur marché que ses consoeurs moins touchées par la crise ?
Hier la presse se faisait largement l’écho d’un article paru le matin-même dans le Wall Street Journal qui évoquait une suspicion grandissante vis-à-vis du LIBOR.
Le LIBOR est le London Inter-Bank Offered Rate, un ensemble de taux de référence à court terme pour les opérations en dollars entre banques en-dehors des États-Unis, calculé à partir d’opérations ayant effectivement eu lieu le jour précédent. Le LIBOR est important pour les organismes financiers américains du fait que le taux auquel ils empruntent eux-mêmes est ou bien fixé sur le LIBOR par ceux qui leur avancent des fonds, ou se rapproche en tout cas davantage dans la pratique de celui-ci que du taux des « Treasuries », en raison en particulier du fait que les autorités américaines ont cessé d’émettre des « notes », des bons du Trésor à un an. Le fait que le LIBOR reflète le loyer de la dette pour les banques elles-mêmes les a encouragées à indexer les prêts qu’elles consentent sur celui-ci plutôt que sur les « Treasuries » ; à ceci s’ajoute que les instruments de dette qu’elles émettent, et en particulier les Residential Mortgage-Backed Securities, adossées à des prêts immobiliers, trouvaient de plus en plus souvent preneur sur les marchés internationaux et que les opérations de « couverture » du risque de taux qu’elles présentent s’effectuaient plus aisément dans ce contexte.
Pour comprendre la suite il faut aussi se rappeler que moins on vous fait confiance, plus, bien entendu, le taux qu’on exige de vous lorsqu’on vous prête est élevé. Il faut savoir aussi qu’un taux LIBOR pour une maturité, une durée, particulière, de 6 mois par exemple, est calculé de la manière suivante : on demande à seize banques quel taux est exigé d’elles lorsqu’elles empruntent pour une durée particulière sur le marché des capitaux ; on élimine alors les quatre valeurs les plus élevées de la liste, ainsi que les quatre taux les plus faibles et on fait la moyenne des huit du milieu. Le Wall Street Journal en donne un exemple, que je reproduis ici. Il s’agit du LIBOR de maturité 3 mois, publié hier mercredi.
Donc la nouvelle d’hier, c’était que certaines banques se plaignaient que certaines autres trichaient à la baisse, autrement dit, citaient des taux plus bas que ceux qui sont réellement exigés d’elles. Le résultat en étant que les taux LIBOR publiés sont plus faibles que ceux réellement pratiqués.
La nouvelle était plutôt bonne pour les consommateurs puisque, comme on l’a vu, les taux qui leur sont consentis sont le plus souvent indexés sur le LIBOR. Mais pourquoi une banque mentirait-elle à la baisse ? Parce que si les autres ne lui font plus confiance, elles augmentent le taux qu’elles exigent d’elle. Une banque pourrait donc mentir à la baisse pour cacher que les autres ne lui font plus confiance.
Hier, je me grattais la tête, et ceci en raison du système de calcul du LIBOR : en ignorant les 4 données les plus élevées et les 4 les plus faibles, le système est relativement bien protégé contre les manipulations puisqu’à la limite il peut s’accommoder de 50 % de menteurs tout en restant fiable. Evidemment... si plus personne ne fait plus confiance à personne, tout le monde aura intérêt à mentir et les taux LIBOR publiés ne voudront plus rien dire.
Attachons-nous maintenant aux détails. D’abord, qui se plaint ? Selon le Wall Street Journal, Paul Callelo, le P-DG de la banque d’affaires du groupe Crédit Suisse aurait déclaré récemment : « Nous ne pouvons continuer à baser un nombre considérable d’opérations de produits dérivés sur un indice qui aurait des problèmes de crédibilité. C’est là une situation sérieuse qu’il s’agit de résoudre ». Crédit Suisse est l’une des rares banques ayant réussi à retirer son épingle du jeu dans la crise des subprimes. Cherchez Crédit Suisse dans l’exemple du Wall Street Journal : c’est le numéro 2 en partant du haut. Il s’agirait donc d’une banque qui s’en est relativement bien tiré et dont on aurait pourtant exigé récemment l’un des taux les plus élevés pour une maturité de 3 mois.
Ensuite, qui vient tout en bas de la liste ? CitiGroup, l’ex-numéro 1 des banques commerciales américaines, rétrogradée aujourd’hui au 2ème, voire même au 3ème rang après Bank of America et J.P. Morgan Chase, ayant subi des pertes de 6 milliards de dollars au 3ème trimestre 2007 et de près de 10 milliards au 4ème, et au premier rang des firmes affectées par le fiasco des Structured Investment Vehicles (SIV) et ayant tenté de les sauver dans l’opération avortée du Master-Liquidity Enhancement Conduit (MLEC).
Au vu des résultats récents de CitiGroup, on aura compris la question que les autres banques doivent se poser à son propos : « Comment est-il dieu possible qu’une banque dans la situation précaire où se trouve aujourd’hui CitiGroup soit celle à qui ses consoeurs feraient le plus confiance ? » La Banque d’Angleterre et la British Bankers’ Association, qui s’assurent du bon fonctionnement du LIBOR calculé chaque jour par Reuters, ont promis d’éliminer de la liste des 16 tout tricheur pris la main dans le sac. Le nom des membres du comité chargé de l’examen des données soumises récemment est, nous dit-on, tenu secret pour éviter qu’ils ne deviennent la cible de lobbys.
Etre désigné de cette manière à l’opprobre public ne constituerait pas, c’est le moins qu’on puisse dire, une bonne publicité ! Les dirigeants de la Fed, désormais officiellement en charge d’assurer le sauvetage de tout organisme financier en détresse aux États-Unis, doivent en avoir des sueurs froides !
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1923
20 avril 2008 à 09:27En 3 jours, les taux LIBOR publiés par les banques sont remontés de 0.20% face aux menaces d'exclusion de la British Bankers' Association concernant la véracité des taux publiés.
http://online.wsj.com/article/SB120856108868827857.html?mod=googlenews_wsj
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