Le ministre canadien des Ressources naturelles, Gary Lunn, a annoncé la semaine dernière que le gouvernement du Canada allait octroyer 5 millions de dollars pour soutenir la recherche sur la capture et le stockage du carbone (CSC) en Nouvelle-Ecosse.
La question de la durée du stockage constitue une dimension importante de la problématique de la réduction de la concentration de CO2 dans l'atmosphère. Par précaution, certains envisagent des solutions permettant de stocker le gaz sur des périodes pouvant atteindre des milliers d'années.
"Les ressources fossiles sont l'un des grands moteurs de l'économie canadienne, mais nous devons trouver des moyens plus propres de les produire et de les utiliser, a ainsi indiqué le ministre. "Forts de notre technologie de capture et de stockage du CO2 de calibre mondial à l'appui de notre approche équilibrée dans la lutte contre les changements climatiques, nous pouvons atteindre nos objectifs d'une manière favorable à la fois à l'environnement et à l'économie", a-t-il ajouté.
Selon le rapport du groupe de travail écoENERGIE Canada-Alberta, cette technologie pourrait permettre au Canada de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de pas moins de 600 millions de tonnes par an d'ici 2050, soit l'équivalent de près des trois quarts des émissions annuelles actuelles du pays.
Le potentiel de stockage souterrain du dioxyde de carbone dans l'Ouest canadien est déjà bien connu. Cette nouvelle subvention du gouvernement du Canada servira à déterminer s'il y a des possibilités comparables en Nouvelle-Ecosse, où les centrales au charbon produisent près des trois quarts de l'électricité de la province.
"Nous avons besoin de savoir si la capture et le stockage du dioxyde de carbone représentent des moyens efficaces de protéger l'environnement", a fait savoir M. Richard Hurlburt, ministre de l'Energie de la Nouvelle-Ecosse. "Les chercheurs de la province comptent parmi les meilleurs au pays, et ils disposent maintenant de fonds pour mener à bien la recherche."
Le budget 2008 de l’Etat canadien engage 250 millions de dollars dans la recherche sur la CSC. Outre la subvention de 5 millions de dollars au projet de la Nouvelle-Ecosse, le premier ministre Harper a annoncé le 25 mars dernier l'octroi de 240 millions au projet du barrage Boundary en Saskatchewan. M. Lunn a annoncé de son côté, le 4 avril, une subvention de 5 millions à l'Institute for Sustainable Energy, Environment and Economy de l'Université de Calgary.
En France, la stratégie nationale de recherche sur l'énergie publiée début 2007, a confirmé le caractère prioritaire du thème du captage et du stockage du gaz carbonique, reconnu comme incontournable au plan international.
Il a ainsi fait l'objet d'appels à projet lancés par l'Agence nationale de la recherche (ANR) en 2005, 2006 et 2007. Ce thème a bénéficié d'une enveloppe de plus de seize millions d'euros sur les années 2005 et 2006. Ces projets regroupent les acteurs français du secteur privé et les grands centres de recherche.
Un certain nombre de verrous scientifiques et technologiques relatifs au captage et stockage du CO2 subsistent aujourd'hui. Ainsi, dans le domaine du captage, de nombreux travaux sur les matériaux (absorbants, adsorbants, membranes, conditions de pression et de température plus élevées) et sur les procédés sont encore à mener. Dans le domaine du stockage géologique , la modélisation du devenir du CO2 dans le sous-sol à long terme et la surveillance des sites de stockage (y compris des puits) nécessitent encore des travaux importants.
Dans les deux domaines de vraies percées technologiques peuvent encore être obtenues.
Sources : www.rncan.gc.ca, DGEMP-DIREM
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