Fillon: croissance révisée à la baisse pour 2008

Croissance Le gouvernement aurait -il abandonné pour un temps l'usage de la méthode Coué ?

Après Christine Lagarde il y a quelques jours, c'est désormais au tour de François Filllon de concéder que la croissance de la France ne sera pas aussi importante que prévue .

Mais attention, de telles annonces pourraient avoir pour but de “préparer l'opinion publique” à des mesures de rigueur ... où du moins à les justifier.

Le gouvernement va réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2008, qui "se situera entre 1,7 et 2%", annonce François Fillon dans un entretien à paraître jeudi dans L'Express.

Sur la croissance, "l'Insee prévoit 0,4% au premier trimestre et 0,3% au deuxième. La prévision du gouvernement se situera entre 1,7 et 2% pour l'année 2008", explique le chef du gouvernement.

"Mais cette révision n'aura aucun effet sur le budget 2008, construit pour résister à une variation de croissance de cet ordre-là", assure-t-il, alors que le gouvernement a bâti son budget 2008 sur une hypothèse de croissance de 2,25%.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a quant à elle déclaré jeudi matin que la prévision de croissance de la France serait probablement revue à la baisse à la mi-avril. "On fait tourner nos modèles et à la mi-avril on republiera des prévisionnels de croissance (...) je pense qu'on aura une légère baisse." Elle a toutefois estimé que l'économie française résistait mieux que les autres aux difficultés économiques qui touchent actuellement les grans pays industriels, particulièrement les Etats-Unis.

Quant aux déficits publics pour 2007, leur montant "sera sans doute un peu supérieur aux 2,4% du produit intérieur brut initialement prévus" ajoute le premier ministre. "On le connaîtra précisément le 28 mars".

Nouveau désaveu que nos partenaires européens risquent de ne pas du tout apprécier ...

Le 9 juillet dernier, Nicolas Sarkozy était venu en personne expliquer devant l'Eurogroupe sa stratégie économique, qui revient à provoquer un choc fiscal pour doper la croissance française. Mais l'opération supposait de reporter de 2010 à 2012 le retour à l'équilibre budgétaire, en violation du programme de stabilité français et d'un engagement pris à l'unanimité par tous les pays de la zone euro en avril dernier, à Berlin. Devant le tollé que cela avait suscité, notamment en Allemagne, le président français s'était engagé à "tout faire" pour y parvenir dès 2010 ... si la croissance est au rendez-vous.

Le gouvernement devra donc "nécessairement" réviser son objectif pour 2008, fixé à 2,3%, reconnaît désormais François Fillon. "La situation économique internationale est telle que les autres pays vont aussi réviser leur objectif. Les glissements seront très comparables". Pas si sûr ...

"Le ralentissement de la croissance mondiale appelle une accélération et un approfondissement des réformes, mais certainement pas un plan de rigueur", martèle-t-il toutefois. Ah bon, parce qu'il en était question ?

Sources : AFP, Reuters, JDD

A lire également :

. Fillon : équilibre des comptes toujours prévu pour 2012

 

3 Commentaires

  1. 1

    dette France

    La dette française un peu plus forte que prévu, prévient Lagarde
    Reuters 26.03.08 | 13h53

    PARIS (Reuters) - La dette de la France sera un peu supérieure à ce qui était prévu dans le programme de stabilisation négocié avec la Commission européenne, a indiqué mercredi la ministre de l'Économie Christine Lagarde.

    "Je n'ai pas encore le chiffre précis sur le désendettement, je suppose qu'il sera très légèrement supérieur à celui qui était initialement prévu dans le programme de stabilisation", a-t-elle dit en réponse à une question lors d'une conférence de presse.

    Elle a cependant souligné que la France maintenait ses objectifs de désendettement.

    Le Traité de Maastricht demande aux États membres de l'euro d'avoir une dette inférieure à 60% du produit intérieur brut, seuil que dépasse la France

  2. 2

    pas de po

    C'est l'économie qui fait la finance et non l'inverse.

    Merci à toutes ces elites sorties de grandes ecoles qui depuis des années se savent pas etablir un business model finance dans cette globalisation.

    Merci grace à vous c'est de la balle(de fusil)!!

  3. 3

    el gringo

    La croissance française pourrait n'être que 1% ces deux prochaines années


    La banque Natixis estime que le gouvernement ne peut rien à la crise financière que traversent les ménages français. Une légère amélioration est à prévoir en 2010.


    La croissance devrait tourner autour de 1% par an dans les deux ans à venir, juge Patrick Artus, directeur des études économiques de la banque Natixis, dans un entretien au Monde, dans son édition datée dimanche 13 juillet – lundi 14 juillet.
    "A partir de maintenant et pour les deux ans qui viennent, la croissance annuelle de la France devrait tourner autour de 1%", affirme-t-il.
    Pour sa part, le gouvernement envisage une croissance située en 1,7% et 2% pour l'année 2008, et entre 1,75% et 2,25% pour 2009.
    Patrick Artus souligne que jusqu'alors, "1% de notre croissance provenait de l'endettement des ménages". Or, cette "économie de l'endettement des ménages" est en passe de disparaître, mise à mal par la crise financière.


    "Le gouvernement ne peut rien"


    Le gouvernement, confronté à la crise, ne peut "rien, sinon conduire une politique économique de moyen terme intelligente en insistant sur le soutien à l'innovation et les économies d'énergie".
    D'un point de vue plus large, Patrick Artus estime que le ralentissement de la croissance européenne est dû "essentiellement au retournement de l'immobilier résidentiel".
    La seule solution pour sortir de la crise serait, selon Patrick Artus, de "purger la crise immobilière" en attendant que les logements invendus trouvent preneurs.
    "L'année 2009 sera plus mauvaise que 2008" mais que "en 2010, cela devrait aller un petit peu mieux", affirme-t-il.
    Concernant les particularités de la crise mondiale actuelle, comparée aux chocs pétroliers de la fin des années 1970, Patrick Artus note que son coût est, cette fois-ci, "supporté par les salariés et par les Etats, via les déficits publics".


    Pas d'indexation sur les salaires


    "Les entreprises, hors financières, se portent, elles, très bien", ajoute Patrick Artus. Dans les années 1970, "l'indexation des salaires sur les prix avait au contraire immunisé les salariés".
    Néanmoins, "indexer les salaires sur les prix ne serait pas une bonne idée. On risquerait d'en payer, pendant des années, les conséquences en terme d'emploi", souligne Patrick Artus.


    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/politique_eco/20080712.OBS2626/la_croissance_francaise_pourrait_netre_que_1_ces_deux_p.html

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée