Arcelor Mittal : délocalisation de l’activité de Gandrange en Pologne ?

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Selon des sources syndicales, le groupe sidérurgique Arcelor Mittal envisagerait de délocaliser à terme la production de son aciérie de Gandrange (Moselle) en Pologne.

Alors qu'il s'était fait publiquement « chahuté » par Nicolas Sarkozy, en Inde, le PDG d'Arcelor Mittal avait néanmoins accepté peu de temps après, lors d’un entretien à Paris avec le Président français, de s'engager à discuter avec les syndicats de "solutions alternatives" au plan de suppression d'emplois à l'aciérie de Gandrange, assurant que tous les salariés seraient reclassés. Le mois d'avril a été fixé comme date butoir de la fin des négociations.

ArcelorMittal a prévu de transférer 1,3 million de tonnes d'acier de Gandrange vers son usine de Huta Warzawa, un complexe sidérurgique construit de 1952 à 1957 aux portes de Varsovie et racheté en août 2005 à l'italien Lucchini (groupe russe Severstal), ont indiqué les sources syndicales, en évoquant un "plan secret" de Lakshmi Mittal, le patron d'ArcelorMittal, premier aciériste mondial (320.000 salariés).

Les détails de ce "plan" ont été révélés par des membres du syndicat polonais Solidarité en marge d'un comité restreint du comité européen d'entreprise (CEE) tenu le 15 février à Luxembourg, a-t-on précisé de mêmes sources.

Ce "plan" impliquerait que 300.000 tonnes, prises à Gandrange, devraient être transférées dans des usines ArcelorMittal au Luxembourg et qu'un million de tonnes (Mt) devraient parallèlement être données à des sites du groupe à Duisbourg et Hambourg, en Allemagne.

Ces transferts de charge doivent permettre d'attendre que les installations de laminage polonaises, "trains à fils" et "trains continus" actuellement en pleine montée en puissance, soient prêts, ont indiqué les sources syndicales. Selon elles, M. Mittal aurait pris, lors du rachat de Huta Warzawa, l'engagement auprès du gouvernement polonais de maintenir une importante industrie sidérurgique dans le pays, entré en 2004 dans l'Union européenne.

Le site de Huta Warzawa est l'un des plus importants producteurs d'acier de Pologne avec une capacité d'un million de tonnes dans les produits longs, similaires à ceux fabriqués à Gandrange. En 2007, l'usine mosellane a fabriqué 1,02 Mt d'acier pour une capacité de production de 1,4 Mt, selon des chiffres officiels de la direction.

"Comme je l'ai déjà dit, il n'y aura pas de suppressions d'emplois à Gandrange, chaque employé pourra bénéficier d'un autre emploi dans les usines (du groupe) de la région", avait assuré M. Mittal à l'issue d'un entretien d'une heure environ avec Nicolas Sarkozy à l'Elysée à la fin janvier.

"Après avoir rencontré le président et, comme il l'a proposé, j'ai accepté d'étudier des propositions alternatives viables avec les syndicats (...) jusqu'au début du mois d'avril", a-t-il ajouté devant la presse. Sur les 550 emplois concernés, 150 départs en retraite sont d'ores et déjà prévus. Selon Lakshmi Mittal, les discussions vont se poursuivre avec les syndicats jusqu'à trouver "une solution viable". "Ce dialogue continuera jusqu'à à peu près début avril (...) D'ici là, tout est ouvert, tout est possible, tout est envisageable". "Il n'y aucune raison pour que les syndicats s'inquiètent, aucun souci à avoir", a-t-il dit. Selon son P-DG, ArcelorMittal va dégager une enveloppe de 20 millions d'euros pour financer "le reclassement des personnels" du site de Gandrange incluant des frais de formation pour les salariés concernés.

Pour rappel, ArcelorMittal a annoncé le 16 janvier la suppression d'ici à avril 2009 de 595 des 1.108 emplois de son aciérie de Gandrange (Moselle) que le groupe s'est engagé à reclasser dans son unité de Florange (Moselle) et au Luxembourg. Le 16 janvier, le directeur général d'ArcelorMittal France, Daniel Soury-Lavergne, avait chiffré à quelque 400 le nombre d'emplois "disponibles" pour le reclassement des métallos de Gandrange. L'usine de Gandrange avait été rachetée en 1999 par Mittal Steel au français Usinor pour un franc symbolique. Les deux sociétés ont fusionné en 2006 après l'OPA lancée par Mittal sur Arcelor, groupe créé en 2002 par Usinor et deux sidérurgistes européens.

En mai 2006, l'autorité polonaise de la concurrence, l'UOKiK, avait indiqué qu'elle avait demandé à la Commission européenne de se montrer vigilante face aux risques potentiels que représentait le projet de rachat d'Arcelor par Mittal Steel. Selon elle, en cas d’autorisation du projet par la Commission européenne, Mittal aurait du vendre le site polonais de Huta Warszawa, alors détenu par Arcelor.

Selon l'UOKiK, la fusion des deux aciéristes réduirait la concurrence sur le marché polonais comme sur le marché européen, sans compter que Mittal occupe déjà une position dominante en Pologne après son rachat de Polskie Huty Stali en 2004.

En juillet 2007, Arcelor Mittal, a racheté à l'Etat polonais les 25,2% du capital d'Arcelor Mittal Pologne qu'il ne détenait pas encore, pour 157 millions de dollars (environ 115 millions d'euros).

Arcelor Mittal avait acquis 69% de la société polonaise en mars 2004, et bénéficiait d'une option pour racheter les 25% restants à une date ultérieure. Dans ce cadre, le groupe devait aussi investir environ 865 millions de dollars en Pologne dans quatre projets, aujourd'hui finalisés, dont un haut fourneau à Cracovie, inauguré à l’été 2007.

Source : AFP, Dow Jones

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