L'information pourra peut-être rassurer Nicolas Sarkozy. La France n'est pas la seule nation au monde où le pouvoir d'achat devient un problème crucial. Ou plutot - comme le dit si bien François Bayrou - les fins de mois s'avèrent de plus en plus difficiles.
Le président bolivien, Evo Morales, a en effet annoncé jeudi une série de mesures pour lutter contre la hausse des prix alimentaires et garantir leur approvisionnement. Il faut dire que certains produits de bases commencent à manquer et que la révolte gronde ... sur fond encore une fois de guerre du gaz.
En Bolivie, ce sont d'ores et déjà les débuts de mois qui sont difficiles. Il ne s'agit plus en effet de pouvoir acheter, mais de pouvoir se nourrir. Ce qui n'est pas – encore ? - le cas en France.
- Morales prend des mesures pour lutter contre l'inflation
Evo Morales a reconnu jeudi lors d'une conférence de presse que le décret avait été pris "pour répondre aux demandes de la population devant le manque de produits alimentaires" et visait aussi à "éviter la contrebande de certaines denrées nécessaires au peuple bolivien".
Le gouvernement a suspendu totalement la taxe d'importation sur les produits alimentaires de base comme la viande, le riz, le maïs, le blé, le sucre, l'huile, les graisses végétales et a interdit en même temps l'exportation de la plupart de ces denrées.
De plus, les autorités vont mettre en place un mécanisme de contrôle du transport, de la distribution et de la commercialisation des produits de première nécessité et renforcer la lutte contre la contrebande et le marché noir.
Le chef de l'Etat a affirmé qu'il possédait des informations concernant "une quantité impressionnante de bétail qui partait vers le Pérou", un pays voisin et qu'il existait des familles qui cachaient et faisaient des stocks de produits de première nécessité.
Le gouvernement a aussi lancé une campagne avec l'aide des mairies pour contrôler les prix du marché particulièrement dans les villes où l'inflation est élevée comme à La Paz, Santa Cruz la capitale économique et Cochabamba.
Si l'inflation s'est élevée à 11,7% en 2007 selon la banque centrale, la hausse du lait a été de plus de 80%, de la pomme de terre de presque 100%, du poulet de 60% et de la viande de 45%.
A La Paz, de longues files se forment d'ores et déjà devant les magasins vendant du riz importé que le gouvernement achète à un prix réduit. Des associations de quartier ont commencé à manifester dans les rues pour protester contre la hausse du coût de la vie. Pour sa part, la ministre du développement rural, Mm Susana Rivera a tenté de calmer les ménégères assurant qu'avec les mesures prises jeudi par le gouvernement "il n'y aura aucun problème alimentaire dans le pays".
Les inondations qui ravagent depuis le mois de novembre les régions de Beni, au nord et de Santa Cruz à l'est, ont désorganisé tout le système de distribution alimentaire et entrainé des pertes financières estimées à plusieurs centaines de millions de dollars.
- La Bolivie, un pays pauvre
De plus, la Bolivie (9 millions d'habitants), le pays le plus pauvre d'Amérique du sud, traverse actuellement une grave crise politique et sociale et souffre notamment du manque d'investissements particulièrement dans le domaine des hydrocarbures, sa principale richesse.
Actuellement, plus de trois Boliviens sur cinq vivent avec moins de 2 dollars par jour, 37% ne disposant même que de moins de 1 dollar. Un taux d’« extrême pauvreté » que La Paz entend ramener sous les 20% d’ici sept ans.
Le produit intérieur brut (PIB) par habitant n'est que de 1.200 dollars par an (chiffre de 2006), soit 67 euros par mois et nettement moins pour les plus défavorisés.
- Une nouvelle guerre du Gaz USA/Bolivie ?
Encore une fois le pétrole et le gaz pourraient être grandement à l'origine de ces malheurs. Car, élément essentiel, les compagnies pétrolières internationales ont gelé leurs investissements gaziers en Bolivie depuis la "nationalisation" en mai 2006 des gisements par le gouvernement de gauche et critiquent notamment "le manque de sécurité juridique".
A noter cependant que le ministre bolivien de l’Intérieur, Alfredo Rada, a dénoncé début janvier à La Paz les actions d’espionnage et de déstabilisation auxquelles s’est livrée en Bolivie un groupe contre-révolutionnaire financé par les États-Unis.
Dans des déclarations au journal La Prensa, Alfredo Rada a annoncé qu’il présentera un dossier au Parquet sur les agissements de ce groupe qui se fait appeler « Organisation des études policières ». Il a précisé que le gouvernement demandera des explications à l’ambassadeur des États-Unis en Bolivie, Philip Goldberg, de l’appui financier que Washington donne à ce groupe irrégulier.
Une nouvelle révolution à prévoir sur fond de guerre du gaz entre pétroliers américains et le gouvernement bolivien ?
Il faut dire que le terrain est propice ...
- La Rente Dignité divise le pays sur fonds de revenus des hydrocarbures
Tous les résidents de Bolivie de plus de 60 ans ont désormais droit à une rente viagère de vieillesse appelée Rente Dignité. Mais l'entrée en vigueur, le 1er février, de cette mesure sociale emblématique du président socialiste Evo Morales ne réduit pas les tensions entre la Bolivie andine, essentiellement amérindienne, et la Bolivie orientale riche en hydrocarbures, bien au contraire.
Certes, la mesure est on ne peut plus louable : tous les Boliviens de plus de 60 ans ne disposant d'aucun revenu régulier connu - ils sont majoritaires- recevront annuellement 2.400 bolivianos (216 euros), divisibles en tranches mensuelles de 200 bolivianos (18 euros). Pour ceux jouissant déjà d'une retraite ou d'un autre revenu fixe, la Rente Dignité sera de 1.800 bolivianos annuels (162 euros) ou 150 bolivianos (13,5 euros) par mois.
Mais le financement de la Rente Dignité oppose depuis plusieurs semaines le gouvernement central aux autorités de départements, en particulier ceux de Pando, Beni, Santa Cruz et Tarija, dans l'est du pays. Ces quatre départements (la Bolivie en compte neuf) où la proportion d'autochtones est moins élevée que dans la zone andine détiennent la richesse agricole et les gisements d'hydrocarbures, essentiellement de gaz.
Or, le président amérindien Evo Morales veut financer la nouvelle rente en ponctionnant l'impôt direct sur les hydrocarbures qui alimente les budgets départementaux. Du déjà vu ?
Source : AFP, Altermonde, Radio Havana Cuba, Latin Reporters

1 Commentaire
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Je crois que la communauté internationale devrais intervenir
28 avril 2008 à 17:38Ajoutez un commentaire
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