Quand les pétrodollars servent à acheter les banques européennes ...
Le fonds souverain koweïtien Kuwait Investment Authority (KIA), déclare avoir étudié le dossier de la Société générale et s'intéresser plus généralement au secteur des services financiers et de l'immobilier en Europe comme aux Etats-Unis.
Actionnaire entre autres de Daimler, KIA a accepté le mois dernier d'investir trois milliards de dollars dans Citigroup et deux milliards dans Merrill Lynch & Co. Le fonds a les moyens de ses ambitions, doté en effet de 225 milliards de dollars. Au mois de décembre dernier, des rumeurs couraient quant à une éventuelle participation dans le "Sarkoland" de la Caisse d'Epargne.
"Nous sommes intéressés par la finance et l'immobilier", a déclaré son directeur exécutif, Bader al Saad, en marge d'un séminaire. "En Europe, il y a beaucoup d'opportunités avec la chute des cours", a-t-il ajouté. "Aux Etats-Unis, les prix chutent et le marché a sanctionné certains des secteurs qui étaient lourdement exposés au subprime."
Il a dit n'étudier aucun dossier en particulier actuellement.
"A un moment donné, nous nous sommes intéressés à la Société générale mais l'augmentation de capital est destinée aux actionnaires existants", a-t-il précisé.
A propos de la participation de KIA dans Daimler, Saad a déclaré: "Nous sommes satisfaits de Daimler (...) pour le moment, il n'y a aucun projet d'augmentation ou de diminution (de la participation)".
En décembre 2007, le directeur général de la Caisse nationale des Caisses d'épargne (CNCE) avait certes qualifié de "grotesques et ridicules" des informations du journal Le Monde selon lesquelles elle "envisageait d'ouvrir son capital" actuellement détenu à 100% par les caisses régionales.
Nicolas Mérindol, le directeur général du groupe mettait alors en cause une "succession" de "déclarations dirigées contre le groupe » dans la presse, les jugeant « contraires à l'intérêt de ses clients, de ses sociétaires et de ses dirigeants". Où l'on pourrait reparler de Thierry Gaubert ... et de Sarkoland ...
Il est vrai que le Monde attaquait fort : « fragilisées par une politique d'acquisitions multiples et onéreuses depuis deux ans, qui a sévèrement entamé leurs fonds propres, les Caisses d'épargne se mettent en quête de capital supplémentaire. » .... Selon le journal, "une réflexion est engagée au plus haut niveau pour ouvrir le capital de la Caisse nationale", l'organe central du groupe mutualiste, à hauteur de 5 à 10%.
Tout en soulignant que "l'opération, encore à l'état de projet, ne serait pas envisagée avant 2008", Le Monde indique qu'une "hypothèse défendue par plusieurs banquiers d'affaires vise à faire entrer le fonds d'Etat du Koweït", le Kuwait Investment Authority (KIA) dans le capital. « Ce fonds d'investissement souverain est connu des Caisses d'épargne, puisqu'il est actionnaire de la Banque tuniso-koweïtienne (BTK), dont l'Ecureuil a acquis 60 % en octobre », précise le journal.
L'idée d'un partenariat avec le fonds d'Etat du Koweït â€" lequel disposerait de capacités d'investissements de 250 milliards de dollars (174 milliards d'euros) selon le Monde - suscite en tout état de cause également des critiques en interne. " C'est une idée de banquiers d'affaires, qui ont d'autres scénarios à l'esprit, comme de solliciter la Caisse des dépôts du Québec. Elle n'a aucune chance de passer auprès des patrons de caisses régionales, qui sont farouchement attachés à leur identité et à leur indépendance", commente un dirigeant.
Un porte-parole avait confirmé à la suite qu'"aucun projet d'ouverture du capital n'est à l'étude et qu'aucune discussion n'est engagée avec les fonds du Koweït". Cependant, selon le journal, plusieurs dirigeants du groupe, en privé, affirment que ces hypothèses ont bel et bien été évoquées, lors de réunions stratégiques de l'état-major, organisées du lundi 17 au jeudi 20 décembre.
En septembre 2006, Bader al-Saad, le directeur général du KIA, organisme d'Etat chargé d'investir les revenus pétroliers du Koweit avait annoncé que le Kuwait Investment Authority (KIA) allait devenir l'un des investisseurs stratégiques d'Industrial & Commercial Bank of China (ICBC).
Sources : Reuters, AFP, Le Monde
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1 Commentaire
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Bonjour Elisabeth,
Les fonds souverains du Golfe sont encore hésitants à investir en France car la classe politique joue les vierges effarouchées en appellant au patriotisme économique.
19 février 2008 à 13:19Le capital des grandes entreprises françaises est éclaté et facilement opéable (pour ceux qui en ont les moyens bien sûr).
S'il n'y avait pas des blocages les fleurons français seraient déjà passés sous pavillon étranger.
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