Ce qui devait arriver arrive désormais.
Alors que la Russie est une rare puissance mondiale à défendre - ouvertement – l'Iran au point de participer à la construction de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr, et que Nicolas Sarkozy ne cesse de vilipender l'Iran – au détriment des intérêts de Total, notamment - le président du géant gazier russe Gazprom a obtenu mardi une entrée de son groupe dans le projet gazier de South Pars. L'accord a été conclu, lors d'une rencontre en Iran avec le ministre iranien du Pétrole Gholam Hossein Nozari.
- Gazprom et l'Iran se mettent d'accord sur South Pars
"Les deux parties se sont mises d'accord sur l'exploitation conjointe de deux ou trois blocs du gisement South Pars", selon le communiqué de Gazprom publié à Moscou.
"Dans les négociations d'aujourd'hui, l'accord a été presque finalisé pour le développement de deux phases de South Pars, le développement de champs pétroliers et la création d'une société commune entre l'Iran et Gazprom", a déclaré M. Nozari, cité par l'agence iranienne Isna.
Il a ajouté que "des groupes de travail ont été crée pour finaliser ces négociations dans un délai de deux mois".
Moscou et Téhéran se sont également accordés sur "la participation de Gazprom Neft (la filiale pétrolière de Gazprom) à l'exploitation de pétrole en Iran", ajoute Gazprom, sans plus de précisions.
Le gisement de gaz de Pars-Sud est situé dans la partie centrale du golfe Persique à 100 km des côtes iraniennes et ses réserves sont estimées à 12 600 milliards de mètres cubes de gaz. Après la Russie, l'Iran possède les gisements de gaz les plus importants du monde qui sont estimés à 24 000 milliards de mètres cubes, soit 16% des réserves mondiales. Près de la moitié des réserves iraniennes sont concentrées dans des gisements offshores du golfe Persique.
- Prochaine création d'une Opep du gaz ?
Les médias russes évoquent par ailleurs la possible création cet été d'une "Opep du gaz" sur la base du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG). Ce sujet avait d'ores abordé en avril 2007 lors du forum de Doha au Qatar.
L’idée d’une « Opep du gaz » est apparue à l'été 2006 avec la signature d’une alliance entre la compagnie russe Gazprom et Sonatrach, deux des principaux fournisseurs de gaz de l’Europe. Elle a été relancée, début février 2007, par le président russe Vladimir Poutine, qui l’a jugée "intéressante". L’hypothèse d’un cartel qui pèserait sur les prix et les approvisionnements inquiète néanmoins l’Europe, qui importe plus de la moitié de son gaz.
Actuellement, l'idée est avant tout défendue par Téhéran, qui possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz. L'organisation rassemblerait l'Algérie, le Qatar, l'Iran, la Russie et le Venezuela.
- Total en mauvaise posture
Total est engagé depuis des années dans des négociations sur l'exploitation de la phase 11 du champ gazier de South Pars. Mais M. Nozari a évoqué en décembre dernier la participation d'autres sociétés au projet.
L'Iran va signer des contrats avec Shell, Total et l'espagnol Repsol pour développer des projets dans l'immense gisement de gaz de Pars-Sud, dans les eaux du Golfe, avait ainsi annoncé fin février 2006 un responsable iranien. "Les contrats seront probablement signés" dans les prochains jours, avait alors déclaré Akbar Torkan, le directeur général de la compagnie publique Pars Oil and Gas Company (POGC), en charge du champ pétrolier.
Les contrats alors en cours de signature concernaient les phases 11 et 13 du gisement et étaient destinés à la production de gaz naturel liquéfié (GNL) pour l'export. Total était prévu pour travailler sur la phase 11, avec un projet appelé Pars GNL, tandis que Shell et Repsol devaient travailler sur la phase 13, avec un projet appelé Persian GNL. Les compagnies devaient collaborer avec la Compagnie nationale iranienne de pétrole (NIOC). L'investissement pour chaque phase était alors estimé à entre 1.2 et 1.5 milliard de dollars.
Mais en septembre 2007, l'Iran avait annoncé vouloir "reconsidérer" un très important projet gazier avec Total portant sur une usine de liquéfaction de gaz à South Pars.
Les propos pour le moins "agressifs " - voire même qualifiés d'extrémistes - de la France envers l'Iran n'avaient pas eu l'heur de plaire à Téhéran ...
Le projet portant sur plusieurs milliards de dollars doit "être reconsidéré", avait alors assuré Gholam Hossein Nozari, ministre iranien du pétrole, expliquant que les prix que Total souhaitait pratiquer pour la vente du GNL (gaz naturel liquéfié) qui sortira de l'usine sont trop élevés. Les prix proposés à Téhéran par Total vont forcer l'Iran "à étudier la faisabilité d'un nouveau plan", avait-t-il ajouté, selon le Financial Times.
Selon le FT, le ministre iranien avait également remis en cause une des clauses prévue dans le projet, selon laquelle Total récupérerait pour lui-même 5 millions de tonnes de GNL. Ceux-ci "doivent être remis sur le marché" et ne pas aller au pétrolier français, avait estimé le ministre.
L'Iran avait donné jusqu'à juillet 2007 à Total pour faire une nouvelle proposition de prix pour pouvoir finaliser ce projet, selon le FT. Total de son côté a fait valoir que les investissements nécessaires avaient considérablement augmenté depuis les premières négociations.
L'"affaire" intervenait alors que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, venait d'affirmer que Paris avait "demandé" à de grandes entreprises françaises dont Total, de ne "pas répondre aux appels d'offres" en Iran en raison de la crise autour du programme nucléaire de ce pays.
- Quand Sarkozy fustige l'Iran
Lors du dîner annuel du CRIF le 13 février dernier, alors que son Président, Richard Prasquier venait de faire part d'inquiétudes sur une menace nucléaire iranienne, M. Sarkozy a pour sa part affirmé qu'il appartenait "à l'Iran de démontrer ses objectifs pacifiques et de respecter les résolutions des Nations unies" en matière de nucléaire.
"A quoi sert l’enrichissement de l’uranium en Iran, un pays qui n’en a aucun usage civil ? Nous proposons à l’Iran un chemin, et c’est l’intérêt de ce pays ; ce chemin c’est celui de renoncer au nucléaire militaire” a-t-il ajouté.
"Je ne rencontrerai pas, je ne serrerai pas la main de gens qui refusent de reconnaître l'Etat d'Israël", a par ailleurs martelé Nicolas Sarkozy.
“ Concernant l’Iran, la politique de la France est simple et me semble-t-il compréhensible par tous” a-t-il poursuivi. “La prolifération est une menace grave pour la sécurité internationale. Nous ne pouvons pas tolérer sans réagir que l’Iran développe de telles technologies en violation du droit international” a-t-il ajouté.
“Que l’Iran renonce à l’arme nucléaire. Que l’Iran accepte les contrôles. Que l’Iran respecte sa parole et il aura droit comme tous les autres pays à l’énergie du futur. Et croyez-moi, s’agissant d’un grand peuple et d’une grande civilisation, ils peuvent parfaitement entendre ce message. C’est un grand malheur pour eux d’avoir un président qui les entraîne dans une impasse. Je ne ferai pas l’amalgame entre un peuple et l’élite d’un moment qui tient des propos, encore une fois, inacceptables” a par ailleurs ajouté le Président français..
- Sarkozy exhorte les entreprises françaises à la retenue face à l'Iran
“A partir du moment où l’Iran n’écoute pas, parce que ses dirigeants n’écoutent pas, nous n’avons pas d’autres choix que de renforcer l’isolement de ces dirigeants, et cela passe donc par de nouvelles sanctions du Conseil de sécurité et de l’Union européenne” a par ailleurs averti le chef d'Etat français.
“Et effectivement par la nécessaire retenue des entreprises vis-à-vis des relations économies et financières avec ce pays” ajouté Nicolas Sarkozy.
“Nous l’avons dit avec le premier ministre et la ministre de l’économie et des finances. Je l’ai dit aux entreprises de France et que tous les pays européens fassent ce qu’a fait la France. Je ne veux pas d’un double langage. Il y a des sanctions à l’endroit de l’Iran. Nos entreprises, même si c’est pour des intérêts économiques que je peux comprendre, je n’accepte pas qu’elles commercent avec un pays dont nous sommes obligés de le tenir en marge. Les choses sont claires. Les entreprises qui feraient cela, le feraient en violation de règles édictées par le gouvernement de la république française. Pas deux langages, pas deux poids deux mesures, un seul” a encore martelé Nicolas Sarkozy.
Depuis Gazprom a signé avec l'Iran ...
Sources : AFP, desinfos.com, Conseil National de la Résistance Iranienne
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11 Commentaires
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Elisabeth,
Concernant l'OPEP du gaz il faut aussi souligner la visite du président algérien Abdelaziz Bouteflika en Russie dont le ministre de l'énergie Chakib Khelil s'est entretenu avec son homologue russe afin d'évoquer la possibilité de création de cette structure.
20 février 2008 à 00:462
Les présidents russe Vladimir Poutine et algérien Abdelaziz Bouteflika ont discuté mardi au Kremlin d’un renforcement de la coopération énergétique entre leurs pays, gros producteurs d’hydrocarbures, alors que les consommateurs s’inquiètent de la création d’une Opep du gaz.
"L’Algérie est le quatrième exportateur mondial de gaz. La Russie est l’un des
plus importants. Il est extrêmement important d’être en contact sur les
problèmes énergétiques, d’autant plus que cette année l’Algérie est présidente
de l’Opep", a déclaré M. Poutine au début de la rencontre au Kremlin.
Dans une interview publiée mardi par l’agence de presse russe Itar-Tass, M.
Bouteflika a aussi plaidé pour plus de coopération entre Moscou et Alger sur les marchés gaziers.
"Il est évident que des pays comme la Russie, le Qatar et l’Algérie jouent un rôle important sur les marchés gaziers et doivent plus coordonner leurs activités", a-t-il dit, en évoquant la perspective "d’un marché gazier semblable à celui du pétrole".
[....]
.
Le Pdg de Gazprom, Alexeï Miller, a d’ailleurs discuté mardi à Téhéran de
"l’activité commune dans le transport, le traitement et le marketing du gaz",
selon un communiqué du géant gazier russe.
Le ministre russe de l’Energie et de l’Industrie Viktor Khristenko a pour sa
part précisé à Moscou que Gazprom et Sonatrach étaient en train de travailler
sur "des échanges d’actifs relatifs à la production et au transport du gaz",
selon Itar-Tass.
Les deux groupes russes Rosneft et Stroïstransgaz vont pour leur part commencer cette année à explorer deux gisements de pétrole en Algérie avec pour objectif un lancement de la production en 2011, a ajouté M. Khristenko.
M. Poutine a aussi indiqué avoir des "questions à discuter" avec Alger dans les domaines "commercial" et "militaro-technique".
"En 2012, l’Algérie entrera dans une zone de libre échange avec l’Union
européenne. Nous ne voudrions pas que nos entreprises se retrouvent dans une
situation difficile sur votre marché", a-t-il dit.
Dans le domaine militaire, l’Algerie s’apprête à rendre à Moscou 15 chasseurs
MiG-29 livrés en 2006-2007 en raison de leur qualité inférieure aux attentes,
selon la presse russe.
La Russie lui proposerait de les remplacer par des avions plus modernes mais plus chers, les MiG-29M2 ou MiG-35.
Rien n’a filtré à ce sujet mardi.
Le quotidien Izvestia, contrôlé par Gazprom, a suggéré mardi que la question des MiG avait été soulevée par les Algériens pour obtenir de Moscou des "conditions plus avantageuses" dans les négociations sur la gaz.
M. Bouteflika a insisté sur la nécessité de relancer la coopération commerciale
entre les deux pays. "Sur le plan du commerce, nous ne pouvons être satisfaits, ni vous ni moi", a dit le président algérien en déplorant un recul des échanges bilatéraux en 2007.
Il a par ailleurs souligné que la société des chemins de fer russes avait toutes les chances de remporter un appel d’offres pour construire un réseau ferré
autour d’Alger, tout en ajoutant qu’il restait un problème de "prix" à régler.
"J’ai parlé avec RJD (société des chemins de fer russes). Ils sont déterminés à poursuivre la coopération", a souligné le président russe.
20 février 2008 à 00:483
JE trouve qu'en terme de timing il est un peu tôt pour créer une OPEP du gaz, mais bon ca peut pas etre totalement negatif.
Sinon le nom de Sonatrach avait été aussi été evoqué pour South Pars, je ne sais pas ou ca en est...
20 février 2008 à 01:034
Ce qui est bien dans ce blog, c'est que s'il y a une attaque qui vise Sarkozy dans les 5 premieres lignes, on a meme pas besoin de lire l'auteur du billet
20 février 2008 à 12:215
Elisabeth :
1/ Gazprom est DEJA dans South Pars depuis ...1997 !
Blocs 2 et 3 en association avec Total (opérateur) et Petronas
2/ "L'OPEP du gaz" est votre fantasme, les lecteurs de ce blogs le savent (et RIA Novosti aussi !)
Qatar Algérie et Russie ne VEULENT PAS d'une OPEP du Gaz !!!
3/ Shell a annoncé le gel pour les 2 phases de South Pars en janvier 2008.
Vous aviez piscine ?
Question pour vous : (je retirerai mes propos désobligeants si vous donnez la bonne réponse)
Combien Total extrait-il d'Iran (en %tage de sa production totale) ?
20 février 2008 à 23:32a : 2%
b : 15%
c : 29,5%
6
J'avais peut être piscine , mais vous étiez le maitre nageur ou plutot "le prof" qui accompagnait ?
20 février 2008 à 23:35En tout cas, moi je signe, quand j'ecris quelque chose ...
7
Elisabeth,
Ne vous tracassez pour cet individu. Ca doit encore être un sioniste aigri qui n'aime pas l'Iran.
20 février 2008 à 23:408
Ah oui, c'est vrai !
20 février 2008 à 23:44merci de me rassurer :)
9
si je signe je ne peux pas vous donner les infos à côtés desquelles vous passez, et qui interessent vos lecteurs (j'accepte ici le terme de "prof", l'énergie n'étant pas votre métier).
Visiblement, vous préférez les inepties de "halte au sionisme" (signé ?) qui, elles, ne mettent pas à jour vos limites...
Répondez à votre lecteur : choix a), b) ou c) ?
21 février 2008 à 09:5710
En effet Gazprom et Total sont présents sur South Pars depuis des années, mais la on parle de la plus grande phase du projet, la phase 13, qui intègrera éventuellement une usine de liquefaction, etpour cette phase je ne pense pas que Total soit retenue malheureusement (je dis malheureusement car c'est pour moi peut-etre le meilleur groupe pétrolier en terme technique).
Pour l'OPEP du gaz, moi je suis pas contre le concept, mais il est trop tôt et ca pourrait freiner le développement de cette énergie qui a tant d'avantages.
Sinon pour défendre Elisabeth, même si elle n'a pas besoin de défense, ses articles abordent souvent des aspects non traités par d'autres journalistes. On ne peut pas lui reprocher de paraître parfois partisane, trouvez moi un journaliste qui ne l'est pas...
Par ailleurs quand ces articles regrettent le manque de retenu de representants français vis à vis de l'Iran, c'est du bien de la France qu'Elisabeth se soucie. La France devrait garder toutes les precautions diplomatiques avec cette puissance du moyen-orient(on peut très bien faire passer des messages sans menacer, ce qui a longtemps été la force de la France).
21 février 2008 à 15:2811
Sarkozy ne veut parler ni au Hamas ni au président iranien
PARIS - Le président français Nicolas Sarkozy a estimé jeudi "qu'en tant que chef de l'Etat", il ne devait pas parler au mouvement islamiste palestinien Hamas ou au président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui entendent "rayer Israël de la carte".
"Je pense que je ne dois pas parler au Hamas (...) parce que je n'ai pas le droit de parler à une organisation qui a annoncé qu'elle voulait rayer Israël de la carte", a-t-il déclaré dans une interview télévisée à l'occasion du premier anniversaire de son mandat présidentiel.
"Il y a quand même un minimum de principes de notre diplomatie", a-t-il fait valoir.
Interrogé sur l'initiative de Jimmy Carter de rencontrer à Damas le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal, M. Sarkozy a estimé que l'ancien président américain, n'ayant plus de position officielle, était "beaucoup plus libre".
Il a également reconnu que le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, "représentait une partie de la rue palestinienne", mais a souligné que le soutien de la communauté internationale devait continuer d'aller à Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne.
De la même manière, M. Sarkozy a jugé qu'il ne "pouvait pas parler avec le président iranien (Mahmoud Ahmadinejad) qui a annoncé lui aussi qu'il allait rayer Israël" de la carte.
25 avril 2008 à 00:22Ajoutez un commentaire
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