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Fillon : pas décision sur une éventuelle hausse du prix du gaz
Le gouvernement n'a pas pris "pour l'instant" de décision sur une éventuelle hausse des tarifs de Gaz de France, a déclaré jeudi soir François Fillon.
"Pour l'instant, il n'y a pas de décision qui a été prise. Il n'y a pas d'ailleurs de demande précise de GDF qui soit arrivée", a dit le Premier ministre sur France-3.
Néanmoins, ses propos sont à prendre avec des pincettes, car ils pourraient s'avérer extrêmement subtiles.
En effet, le Premier ministre a tout de même précisé que le gouvernement demandait à GDF de "ne pas répercuter intégralement" à ses clients la hausse des cours mondiaux du gaz. Pas intégralement ... pourrait signifier tout de même un peu .... Pour rappel, le 1er janvier, les tarifs réglementés du gaz ont augmenté de 4% pour les particuliers, et de 10,5 à 11,6% pour les industriels.
"Pour l'instant, j'ai dit à GDF qu'il fallait être raisonnable par rapport aux problèmes des Français", a expliqué François Fillon. "Nous ne voulons pas d'une répercussion intégrale des hausses" du cours du gaz sur le marché mondial. En même temps, "il faut regarder quelles sont les contraintes qui pèsent sur GDF. GDF achète son gaz à l'étranger. Il ne faut pas non plus détruire l'équilibre financier de GDF", a ajouté le Premier ministre.
Les paroles de François Fillon risquent cependant d'être mal acceptées par le patron de GDF, qui certes ne représente qu'une seule voix aux élections municipales ...
Lors de la présentation mercredi des résultats annuels de GDF, qui a dégagé un profit record de 2,5 milliards d'euros en 2007, le PDG du groupe Jean-François Cirelli a estimé avoir de nouvelles augmentations de tarifs "à passer" du fait de la flambée des cours des hydrocarbures.
Il avait auparavant affirmé lundi dans un entretien à La Tribune que la hausse des tarifs réglementés (fixés par l'Etat) du gaz pour les particuliers en 2008 serait "à moins de deux chiffres" pour couvrir les coûts d'approvisionnement.
Jean-François Cirelli a par ailleurs estimé à 925 millions d'euros le manque-à-gagner de GDF dû au gel des tarifs réglementés du gaz entre 2004 et 2007.
Sources : AP, AFP
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Voici les sites qui parlent de Fillon : pas décision sur une éventuelle hausse du prix du gaz:
Commentaires
Stéphane Mallard-Cabocel
1 mars 08 22:33:02
La mesure préconisée par le gouvernement Raffarin dès 2004 et maintenue par Christine Lagarde dans l’actuel gouvernement Fillon en ce qui concerne le gel des prix du gaz est de nouveau au cœur du débat.
L’intervention gouvernementale vise à protéger le client des remous engendrés par les fluctuations des prix de l’énergie en gelant le prix du gaz en dessous de son prix d’équilibre dicté par le marché. Dans une telle situation la demande est bien supérieure à l’offre et il s’en suit par conséquent une incapacité de Gaz de France à fournir du gaz au prix imposé par le gouvernement, ce qui se traduit par des pertes importantes en terme de manque à gagner pour Gaz de France. Rappelons que l’état est actionnaire à 80% de Gaz de France, ce qui implique que 80% des dividendes versés par Gaz de France le seront à l’Etat. Il s’agit donc d’un revenu gouvernemental en d’autres termes d’un impôt indirect. Le manque à gagner de Gaz de France dû au gel des prix du gaz se répercute donc en manque à percevoir du gouvernement et vient donc creuser le déficit budgétaire et ainsi augmenter la dette publique. Le gouvernement tentera bien sur de régulariser cette perte en augmentant les impôts et en réduisant les dépenses de programmes, ce qui ne sera pas évident étant donnée la sensibilité du sujet. On pourrait donc qualifier la politique de gel des prix du gaz d’illusion sociale visant à minimiser l’ampleur du problème énergétique auprès des citoyens.


