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Airbus A400M : les retards se précisent

Eads_airbusa400mL’ A400M sera-t-il le nouveau mouton noir d’Airbus ? Tel semble bien être le cas, malheureusement.

Alors que début janvier les principaux responsables syndicaux d’Airbus avaient exprimé leurs craintes de voir l’avion de transport militaire européen connaître les mêmes déboires de production que l’A380, le délégué général pour l’armement français François Lureau a laissé entendre mardi que le premier vol de l’Airbus A400M, prévu cet été, pourrait être encore légèrement décalé, en évoquant un "été tardif".

Terme certes très subtile pour indiquer néanmoins de nouvelles turbulences à venir …

- La DGA laisse sous entendre des retards sur le 1er vol

Lors d’une conférence de presse, M. Lureau a d’abord semblé évoquer un nouveau retard en parlant d’un premier vol "en octobre", alors qu’EADS et sa filiale Airbus tablent sur un vol cet été.

Il a ensuite affirmé qu’il s’attendait à ce que le programme reste "dans la fourchette", même si le vol pourrait connaître un "été tardif". Tout ce flou, certes artistique, n’augure rien de très engageant.

La semaine dernière, au salon aéronautique de Singapour, le patron d’Airbus, Tom Enders, avait estimé "être dans les temps sur le calendrier prévu". "Nous avons l’intention de réaliser le premier vol cet été. Les moteurs doivent être probablement testés en avril", avait-il ajouté.

Le développement des moteurs de cet avion de transport militaire, construit par le groupe français de haute technologie Safran, est en partie responsable d’un retard de 6 à 12 mois sur le programme initial.

M. Lureau a déclaré mardi avoir "rappelé plusieurs fois à Louis Gallois", le président d’EADS, "qu’il y a un contrat qui doit être respecté". Concernant d’éventuelle pénalités, il a indiqué qu’il y aurait certainement des "discussions" mais qu’elles auraient lieu au niveau européen.

Le contrat a été signé entre Airbus Military et l’agence européenne OCCAR (Organisation conjointe de coopération en armement), plusieurs pays souhaitant se doter de cet avion.

- Les syndicats redoutent de nouveaux problèmes sur l’A400M

Dès le début de l’année, les syndicats d’Airbus avaient d’ores et déjà exprimé leurs craintes de voir l’avion de transport militaire européen A400M connaître les mêmes dérives que l’A380, le très gros porteur de l’avionneur européen dont la première livraison a accusé deux ans de retard.

"2008 ne sera pas une année tranquille pour nous, c’est le moins que l’on puisse dire. Il y aura les problèmes de montée en cadence de l’A380 auxquels viennent se greffer ceux de l’A400M. Et derrière se profile le lancement de l’A350", avait ainsi déclaré début janvier Françoise Vallin, déléguée centrale CFE-CGC.

"Avec l’A400M, on retrouve finalement les mêmes problèmes qu’on a connus avec l’A380, c’est à dire des difficultés industrielles sur lesquelles la direction ne communique pas (…) c’est un problème de confiance", avait-t-elle ajouté.

Louis Gallois, président exécutif d’EADS, maison mère d’Airbus, avait alors toutefois qualifié de "rumeur" l’éventualité de nouveaux retards de l’A400M, rapportée par un hebdomadaire allemand. Il a ainsi assuré que le premier vol aurait bien lieu au cours de l’été, conformément au calendrier modifié annoncé en octobre dernier.

"Je veux bien croire Louis Gallois quand il dit que le premier vol de l’A400M se fera dans les temps mais le problème, comme pour l’A380, consistera à régler les difficultés techniques ultérieures sur ce programme, qui est vraiment très spécifique", avait affirmé pour sa part Xavier Pétrachi, délégué central CGT.

- Pas de dérapage sur le PA2

Le délégué général pour l’armement a par ailleurs démenti tout dérapage dans le coût du second porte-avions dont la France pourrait se doter, et a indiqué qu’il était "prêt" à passer le contrat.

"Nous avons fini la négociation avec DCNS et Aker Yards avant Noël. Nous sommes donc prêts à passer le contrat, ce qui est maintenant du ressort du président de la République et du ministre" de la Défense, a déclaré M. Lureau lors d’une conférence de presse. "Le résultat de la négociation est absolument conforme à ce qu’on attendait. Il n’y a pas de dérive" pour ce porte-avions, dont le coût prévu est de 3 milliards d’euros, a ajouté le responsable du ministère de la Défense.

Un rapport parlementaire publié à la mi-février évoquait un budget final "proche sans doute de 3,5 milliards d’euros". "Il n’y a pas de dépassement" par rapport aux prévisions initiales, a insisté M. Lureau.

Le président Nicolas Sarkozy réserve toujours sa décision sur la construction d’un second porte-avions français, soumise notamment aux conclusions du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale attendu en mars.

Sources : AFP, Reuters, JDD

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2 commentaires

  1. Allemagne 27 février 2008 à 01:18

    Lundi 25 février 2008 / 10h34
    BERLIN (Dow Jones)–Le ministre allemand de la Défense Josef Jung a indiqué lundi qu’il ne souhaitait pas renégocier les termes du contrat de l’A400M, le nouvel avion de transport militaire d’Airbus.
    Un porte-parole du ministère a précisé à Dow Jones Newswires que le ministre avait déjà déclaré, dans un entretien au journal Handelsblatt publié le 14 décembre, qu’il était déçu du retard de livraison. Il avait alors insisté sur le fait qu’Airbus devait respecter le contrat initial et que le gouvernement n’accepterait aucune modification défavorable à l’Allemagne.
    « La position du ministre n’a pas changé, » a précisé le porte-parole.
    Le Financial Times Deutschland rapportait lundi matin que les actionnaires de European Aeronautic Defence & Space Co. NV (5730.FR), la maison mère d’Airbus, faisaient pression pour renégocier les termes de l’A400M.
    Le journal indiquait qu’Airbus espèrait renégocier une clause d’augmentation de prix et suspendre pendant un an les indemnités pour retard de livraison de l’appareil. Avec des coûts fixes de 20,33 milliards d’euros pour 180 appareils, l’A400M représente une seconde source majeure de pertes pour EADS, après l’A380.
    EADS espère qu’une renégociation des termes de l’A400M l’aidera à récupérer une partie des provisions de 1,7 milliard d’euros passées pour couvrir les retards attendus, ajoutait le journal.
    -Andrea Thomas, Dow Jones Newswires

  2. Francis 27 février 2008 à 09:21

    Tous les grands projets techniques ont du retard, des surcoûts et des accidents :
    -
    - le nouveau terminal (hub d’ADP) effondré et reconstruit
    - le nouveau réacteur d’AREVA en finlande
    - les hélicoptères de l’armée de l’air (Gazelles : 12h de maintenance pour 1h de vol … nos déments font la guerre dans les parkings techniques : la guerre assymétrique est perdue bien avant la guerre, encore mieux qu’en 1940)
    - L’A380 et le 787 de Bing boeing
    - Le JSF (Joint strike fighter) US qui dépasse tous les plafonds et retards imaginables : ce qui est une vieille habitude du CMI … conséquemment ils divisent « systématiquement » leur commande de 2 à 4 fois (pensons au B2, récemment écrasé … un exemplaire du coucou = 1 PA !)
    - Le PA1 Charles de Gaulle avec ses célèbres hélices… difficile sur la longueur du projet de synchroniser un bateau et ses hélices (et ses entretiens qui visent à concurrencer les hélicoptères ?)
    - pour le PA2 la rigolade commence, ou continue.
    - faut il finalement évoquer l’ingénierie financière magique des USA … que Paris (ni Londres, ni Francfort) s’empresse de gober avec Euronext pour être bien sûre de se faire rouler dans les subprimes, les scandales financiers à répétitions et autres bulles.
    -
    Même des contraintes peu technologiques comme un désamiantage connaissent des retards et aventures rocambolesques (PA Clémenceau … qu’en est il?)
    On nage dans la folie, seuls les « responsables » « font leur sérieux ». Pendant ce temps la guerre assymétrique tient en échec les USA avec des bouts de ficelle (le Vietnam n’a pas suffit, avec comme prouesse technique l’agent orange : un défoliant qui prolonge la guerre génétique du CMI-USA contre l’humanité générations après générations).
    -
    Les experts de la techno sont aussi grotesques que les militaires … les politico-financiers gagnent à tous les coups, Sarkozy nous résume parfaitement « casse toi pauvre con ».

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