Comme on pouvait s’y attendre, la production de pétrole a chuté de 5,3% au Mexique en 2007, a annoncé lundi PEMEX dans un communiqué.
Raison d’une telle situation : l'épuisement de son gisement phare de Cantarell, dans le Golfe du Mexique, dont la décroissance du volume de production n’est pas encore compensée par l'exploitation de nouveaux gisements.
En 2007, la production quotidienne de pétrole a été de 3,082 millions de barils, 5,3% de moins que l'année précédente. La production moyenne de brut a diminué de 174.000 barils par jour par rapport à 2006, affirme PEMEX, qui détient le monopole dans le secteur de l'énergie pétrolière, gazière et dans la pétrochimie. Selon le secrétariat américain à l'Energie, la production était en 2006 de 3,7 mbj, situant le Mexique au 6e rang mondial.
Fort heureusement pour le pays, la perte de production a été compensée par l'augmentation du prix du pétrole sur le marché international. La compagnie pétrolière publique PEMEX annonce ainsi que "les revenus des exportations de brut sont supérieurs de 9,3% par rapport à 2006, le mélange se situant en moyenne à 61.66 dollars le baril, 8,62 dollars de plus que l'année dernière".
Selon PEMEX, la baisse de la production de pétrole est également due aux cyclones qui ont paralysé l'activité sur les plates-formes du Golfe du Mexique pendant quelques jours et par deux séries d'attentats contre des gazoducs, en juillet et en septembre.
Ces incidents avait obligé PEMEX à suspendre les livraisons de gaz pendant quatre jours la première fois et plus d'une semaine la seconde. Le passage de l'ouragan Dean en août a également contraint PEMEX à suspendre la production pendant trois jours sur les plate-formes du Golfe du Mexique.
En revanche, en 2007, la production de gaz naturel de PEMEX "a atteint le montant record de 6,58 milliards pieds cubiques par jour, soit 13,1% de plus qu'en 2006", a souligné PEMEX.
En octobre dernier, le quotidien mexicain Reforma, citant un rapport du ministère de l'Energie, affirmait que le Mexique ne disposait plus que de neuf années de production garantie au rythme actuel d'exploitation.
Pour rappel, le groupe pétrolier est la principale source de revenus pour l'Etat mexicain, finançant plus d'un tiers du budget national...
Au 1er janvier 2005, les réserves de pétrole PPP étaient estimées à 46 milliards de barils, selon les paramètres de la Securities and Exchange Commission nord-américaine. A cette date, les experts estimaient que celles-ci n'assureraient plus que 10 ans de production de produits pétroliers sur la base des réserves prouvées (soit 2015), et 29 ans de production si l´on prend en compte les réserves 3 P (prouvé+probable+possible).
A ce jour, le principal gisement de pétrole, Cantarell, dans le Golfe de Campeche, fournissant 57 % du pétrole mexicain, est arrivé à maturité : sa production estimée à 1,9 Mbj en 2006 (6 % de moins qu´en 2005), descendra à moins de 1 Mbj en 2011, ou même avant selon le scénario retenu.
PEMEX parvenait néanmoins en 2005 à un taux de restitution de ses réserves 3P de 59 % (estimation pour 2006 : 75 %) grâce à l´apport des gisements Ku-Maloob-Zaap et Chicontepec et prévoit un taux de 100 % en 2014. Réaliser cet objectif suppose toutefois des investissements importants et efficaces dans l´exploration-production de gisements plus complexes (off-shore profond, récupération de gisements anciens ou très fracturés).
Cependant, selon l’ancien Ministre de l´Energie, le Mexique n'aurait exploré que 20-25 % du territoire et disposerait de l'ordre de 54 milliards de barils de réserves additionnelles seulement dans le Golfe du Mexique (mais seulement 20 Mds selon les experts) sur une aire de prospection de 188 000 km2 dénommée Coatzacoalcos Profundo, jouxtant les importants gisements exploités en eaux nord-américaines.
Sources : AFP, Mission Economique Ambassade de France
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